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Je ne veux pas revenir

8 Mar

C’est jamais évident de revenir de voyage. Revenir dans les contraintes du quotidien. Travailler, s’entraîner, dormir, bien manger, mettre des sous de côté pour la retraite. Recommencer à prendre des décisions plus lourdes de conséquences que de choisir entre aller faire du snorkeling ou plutôt louer un kayak pour faire le tour de l’île. Les retours de voyage, je trouve ça confrontant.

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Crédit photo : Andrée-Anne Brunet

Je suis partie seule avec mon pack-sac au Bélize en janvier. Un deux semaines avec moi-même. Ce n’était pas mon premier voyage seule, encore moins mon premier voyage pack-sac. Mais le retour du Bélize a été ardu. Pas mal plus que tous mes autres retours de voyage. C’est comme si la vie m’envoyait en pleine face toutes ses obligations. Le travail, les factures, l’auto qui a besoin de réparations. Dire que 48h avant, je plongeais sur la deuxième plus grande barrière de corail au monde… Ouch.

J’ai eu du mal à reprendre le rythme. En fait, je tentais de m’en éloigner le plus possible. J’auto-sabotais mon retour à la vie «normale». Je repoussais les prises de décisions et les rendez-vous au garage. J’évitais les réseaux sociaux et je fuyais le travail dès que je le pouvais. Je voulais continuer à vivre selon la devise du Belize : «Go Slow». J’y suis parvenue. Quelques jours à peine.

Pour oublier le monde extérieur, je me suis perdue dans les livres. C’est mon échappatoire. J’ai une douzaine de livres sur ma table de chevet, toujours un bouquin dans ma sacoche et je ne ressors jamais les mains vides d’une librairie. C’est une vraie maladie. Mais je ne veux pas en guérir. C’est donc en tentant de me détacher du rythme fou de notre quotidien que je suis tombée sur le premier livre pour adultes de Marie Demers : «In between». C’est comme si la vie m’envoyait un clin d’oeil pour me dire que je n’étais pas seule…

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Crédit photo : Renaud-bray.com

 

«In between» raconte l’histoire d’Ariane, 21 ans, qui apprends la mort de son père alors qu’elle voyage en Asie. Elle revient au Québec par le premier vol et tente de gérer du mieux qu’elle peut l’horreur qui lui tombe dessus. Dépassée par les événements, elle décide de prendre l’argent de l’héritage et de partir en Argentine. Pour prendre une pause. Pour aller gérer ses émotions ailleurs. Pour se perdre un peu.

De l’Argentine à la France, en passant par l’Asie, Ariane se donne corps et âme dans l’alcool, dans l’amour et dans le déni. Elle s’auto-sabote. Parce qu’elle ne veut pas prendre de décisions. Elle ne sait pas comment combler le vide causé par le décès de son papa. Elle ne veut pas choisir ce qu’elle veut faire le reste de sa vie. Pas maintenant. Pas tout de suite. Alors, Ariane se pousse dans ses plus lointains retranchements.

Cette Ariane, elle est le portrait d’une génération de jeunes adultes qui ne veulent pas décider tout de suite, qui veulent expérimenter, essayer, se tromper et goûter à ce que la vie peut leur offrir. Cette Ariane, c’est peut-être toi qui refuses de t’engager à long terme ou toi qui cherches un sens à ton métro-boulot-dodo. Cette Ariane, c’est moi à mon retour du Bélize.

«In Between» m’a réconcilié avec mon besoin de me distancier de la «vie d’adulte». Parce que c’est correct de ne pas avoir tout décidé avant 30 ans. C’est correct de continuer jour après jour à découvrir ce qu’on veut, ce qu’on aime et ce qu’on désire réaliser. C’est correct d’aller se perdre ailleurs pour se réaligner avec soi-même.

Une partie de mon cœur est encore au Belize mais tranquillement ma tête atterrit ici. Je ne suis pas pressée. Ariane m’a fait comprendre que j’ai le droit de dériver encore un peu. Tant que j’en aurai besoin. Merci Ariane. Merci Marie Demers.

Andrée-Anne Brunet

Et la fois où le ciel était constellé de lanternes

24 Fév

En novembre dernier, je cherchais une destination qui n’avait pas trop mauvaise réputation pour ce qui est des femmes voyageant seules, ce qui devait être mon cas une fois de plus. Je n’avais jamais été spécialement attirée par la Thaïlande, qui me paraissait trop touristique, la place où tout le monde va… Je me suis décidée à y aller seulement pour y être à la pleine lune de novembre, quand se tiendrait le festival Yi Peng qui coïncide avec un autre festival, le Loy Krathong. En gros, le festival des lanternes.

Au final, mon amie a rejoint l’aventure, et c’est ensemble qu’on s’est envolées pour la Thaïlande. Dès notre premier jour à Bangkok, on pouvait voir les préparatifs de la fête : décorations dans les rues et préparation des krathong (les petits paniers fleuris destinés à être lâché sur l’eau). Le lendemain, on repartait déjà pour la ville de Chiang Mai, plus réputée que la capitale pour les festivités.

Le premier soir, on s’installe devant l’hôtel de ville, car on nous annonce de la danse. Il y a déjà de la musique traditionnelle, et lorsque le soleil commence à décliner, on allume des lanternes colorées tout autour de nous. Après un speech qui nous semblait sans fin par des gens importants de la ville, nous avons assisté à une prière bouddhiste qui aurait presque pu nous envoyer en transe ! Les locaux apportaient leurs petits lampions et ça devenait de plus en plus joli à voir.

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Certaines lanternes ne s’envolent pas!

Nous avons ensuite eu droit à la fameuse danse, qui consistait en une centaine de jeunes filles dansant avec des chandelles dans les mains. C’était très beau !

Une fois terminé, on s’est dirigées vers un temple bouddhiste, le Wat Phantao, repéré l’après-midi. Une cérémonie avec les plus jeunes moines bouddhistes s’y déroulait, et le décor était enchanteur. Puisqu’une image vaut mille mots, voici un peu de quoi ça avait l’air :

Wat Phantao

Cérémonie au Wat Phantao

Pour le moment le plus important du festival (celui où les lanternes sont principalement lâchées), je voulais aller à l’Université de Mae Jo qui est the spot, mais nous avons appris que c’était maintenant payant (100$ US quand même !) et surtout qu’il fallait réserver presque un an à l’avance. On s’est donc rabattues sur l’alternative d’un pont qui serait un bon point de vue en ville. En route, nous sommes tombées sur une parade haute en couleurs, en costumes et en lumières!

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Parade sur Kotchasan Road

On se rapproche finalement du pont, guidées par les petits points lumineux qui commencent à s’élever dans le ciel. Plus on se rapproche, plus il y a de monde, évidemment. Une fois atteint, on le traverse doucement au milieu de la foule de gens qui allument leurs lanternes en essayant d’éviter qu’elles ne prennent feu. C’est vraiment incroyable!

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C’est comme ça que les constellations se forment?

Peut-être pas aussi léché et tranquille que dans Raiponce quand elle est sur le lac avec son chéri, mais ça reste franchement beau et impressionnant; le ciel est constellé de lanternes! Moi qui ai toujours aimé regarder les étoiles, il y en avait des dizaines et des dizaines de nouvelles qui s’envolaient à la minute! C’était tellement beau que, comme à mon habitude, j’aurais pu verser une petite larme tellement j’avais le cœur gros et que j’étais contente d’être là, à ce moment exact de l’année.

Après avoir pris plein de photos floues avec mon appareil et plein de photos mentales beaucoup plus réussies, on a fini par quitter ce bain de foule (un peu étouffant je dois dire) pour rentrer doucement à notre hôtel, le cœur léger et les yeux plein d’étoiles… enfin, de lanternes !

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Dernier regard sur le ciel avant de rentrer…

Et une vidéo réalisée avec une GoPro pendant le festival:

Et vous, des souvenir d’un festival à l’international ?

Lisa Marie (ou Lisa Madie en Thaïlande !)

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