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Et la fois où j’ai marché pendant 3 jours

21 Avr

Après vous avoir raconté mon vol en montgolfière à Bagan, je poursuis avec une autre histoire sur mon voyage au Myanmar. En effet, il y avait encore une nouveauté pour moi dans cette aventure : un trek de trois jours pour se rendre de Kalaw au Lac Inle. Pour moi qui aime bien mon petit confort minimum – toilette, douche et lit, c’était un nouveau challenge!

Faute de temps pour ce voyage, j’ai dû enchaîner ce trek après une nuit en bus depuis la capitale. Arrivée en plein milieu de la nuit dans la petite ville de Kalaw, je trouve le seul café ouvert pour manger un morceau, avant de trouver un hôtel qui daignera bien me laisser une chambre (pré-utilisée pour un gros 3€!) pour 1h ou 2, question de prendre une dernière douche chaude avant le départ – vous aurez compris que je redoute un peu l’hygiène dans les 72h à venir !

Je retrouve donc l’agence Eversmile, qui formera deux groupes de 12 personnes (un peu plus gros qu’à l’habitude en raison de la fin de saison). Moi qui n’ai pas trop l’esprit de communauté, je sens que ce sera déjà un challenge de me taper un tel groupe pendant trois jours… Après avoir fait ses réserves de papier de toilette – on nous avertit qu’il n’y en aura pas en route, c’est le grand départ !

La première journée commence doucement, les paysage ne m’impressionnent pas encore, mais la marche est tout de même sympathique. Heureusement, car 6-7 heures de balade nous attendent! Pour la pause déjeuner, on était plutôt choyés, c’était bon et généreux, je ne comprends toujours pas pourquoi j’avais entendu de mauvais commentaires sur la bouffe au Myanmar. Mais c’est vraiment en fin de journée (le soleil se couche tôt quand même) que je commence à apprécier le décor, avec le soleil qui décline sur les champs de riz et les montagnes.

Jour 1

Jour 1 Crédit : Lisa Marie

On arrive enfin à notre premier hôtel 5 étoiles… je rigole, c’est chez l’habitant que nous passerons la nuit. Une maison en bois, avec à l’étage un tas de matelas (enfin, épaisseur tapis de yoga, on s’entend !) et des couvertures. La nuit tombe vite et la seule « douche » (un bac rempli d’eau avec un petit bol en plastique pour verser l’eau) ne suffit pas pour tout notre groupe avant qu’il ne fasse noir et froid. Ce soir, ce sera une douche aux lingettes humides ! La grande fan de camping en moi doit prendre sur elle, surtout du fait de ne pas pouvoir se laver les cheveux. Faut dire que la marche se fait au gros soleil et souvent dans des sentiers poussiéreux. Mais bon, c’est l’aventure !

La nuit chez l'habitant

La nuit chez l’habitant Crédit : Lisa Marie

Le deuxième jour, je me réveille avec le soleil avant tout le monde (enfin, sauf la famille qui nous accueille, bien entendu). J’apprécie ce moment de tranquillité, qui donne l’impression d’être vraiment seule et loin de tout. Après un bon petit déjeuner, c’est reparti pour un autre 6-7 heures de marche. Les paysages me semblent plus beaux cette journée-là, et je papote un peu avec notre gentille guide sur sa vie et son pays. Bref, c’est une belle journée, mais bien fatigante aussi !

Jour 2

Jour 2 Crédit : Lisa Marie

Le soir, je prendrai la douche la plus pittoresque de ma vie : non seulement c’est encore un bac d’eau, mais contrairement à celle de la veille qui était tout de même isolée, cette fois le bac se trouve entre 4 murs de planches pas trop étanches, pratiquement dans le milieu de la cour. Bref, de là où on dormait à l’étage, si quelqu’un avait eu la bonne idée de sortir sur le balcon, il aurait eu droit à tout un show !

Douche à gauche, toilette à droite...

Douche à gauche, toilette à droite… Crédit : Lisa Marie

Le 3e jour, on se réveille une fois de plus à l’aube. Les paysages sont très différents ce jour-là, tandis que nous approchons de notre destination. Nous avons tout de même quelques heures de marche encore devant nous, bien sûr ! A l’heure du lunch, on retrouve un peu plus la civilisation pour manger dans un vrai resto. Ensuite, c’est en bateau que nous traversons le lac Inle pour atteindre la ville de Nyaung Shwe. Ce qu’il y a de particulier sur ce lac, ce sont les pêcheurs et leur façon de se tenir en équilibre tout au bout de leur embarcation ! Après une petite heure de traversée, c’est la fin officielle du trek.

Maisons sur pilotis du lac Inle

Maisons sur pilotis du lac Inle Crédit : Lisa Marie

 

Pêcheurs du lac Inle

Pêcheurs du lac Inle Crédit : Lisa Marie

 

Je peux enfin rejoindre mon hôtel, et sous une vraie douche bien chaude, oublier les ampoules, les muscles des jambes endoloris, les coups de soleil, ces trois jours de toilettes turques, et effacer toutes ces traces de poussière sur mon corps. Ce qui ne s’effacera pas toutefois, ce sont les souvenirs de cette excursion inoubliable!

Et vous, plutôt roots ou grand luxe?

Lisa Marie

 

Et la fois où j’ai monté une grosse montagne pendant la nuit

25 Mai

Je ne fais pas trop dans le spirituel en général… je visite bien des temples, des églises, et j’ai lu « Eat Pray Love », mais ça s’arrête à peu près là. Pendant mon séjour au Sri Lanka, j’avais tout de même proposé un petit défi à l’amie qui m’accompagnait : celui de faire la montée du Adam’s Peak.

Pour vous situer, Adam’s Peak est une montagne de plus de 2000 mètres considérée comme un lieu saint par les hindous, les bouddhistes, les musulmans et les catholiques. Pour une fois que tout ce beau monde est d’accord sur quelque chose, je me disais qu’il devait bien y avoir quelque chose de spécial. Là où ça se corse, c’est que c’est aussi un pèlerinage à faire, avec ses quelques milliers de marches. Et moi, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de le faire aussi, question de donner un peu de profondeur à notre voyage.

Alors avec mon amie, on se prépare mentalement, on prépare même des petits papiers avec les noms de gens qu’on aime en se disant qu’on se prendra en photo avec lesdits papiers pendant la montée, question de faire un pèlerinage d’amour pour eux, enfin quelque chose du genre.

On commence la montée de nuit, car le but est de voir le lever du soleil. On est pleine de motivation, le ciel est rempli d’étoiles et on se dit qu’on est belles et qu’on est capables. Sauf que 3h de montée, avec des marches pas égales, un sac à dos qui finit par peser et la fatigue accumulée pour des filles pas spécialement sportives, je peux vous dire que c’est long. Je pense que ça m’a paru plus long que l’intégralité du Seigneur des Anneaux en version extended !

Quelque part en chemin, on trouve un spot pour faire une pause devant un bouddha et on se dit que c’est le moment de faire notre trip photo pour les gens qu’on aime. Sauf qu’il y a plein de monde, et quand on s’arrête, en sueur, on se met à avoir froid vu l’altitude, et en plus on se sait pas combien de fichues marches il nous reste à monter ! On se regarde, et d’un accord commun, on se dit « f**k  le spirituel ». On voulait juste arriver.

Je n’y croyais presque plus, mais on a fini par atteindre le sommet. J’aurais pu pleurer. Sauf qu’il restait presque 2h encore avant le lever de soleil et, au sommet, c’est en fait un tout petit plateau avec un temple. C’était déjà bondé avec tous les gens qui étaient montés de jour et s’étaient fait un campement pour être aux premières loges. L’aube arrive, mais on ne voit rien derrière tous ces gens et ces téléphones et appareils photos brandis bien haut vers l’Est.

Tout ça et je n’aurai pas la possibilité de voir le lever de soleil promis ? Pas question ! Je détecte un bout de muret sur le côté, où il n’y a personne. Je grimpe sur le muret à l’aide d’une poubelle, j’aide mon amie à se hisser avec moi sur notre petit bout de mur, et là, c’était le carré VIP : vue parfaite et au-dessus de tout le monde.

Lever du soleil au sommet de Adam's Peak

Lever du soleil au sommet de Adam’s Peak

Bon, pour être honnête, ce n’était même pas le plus beau lever de soleil que j’ai vu dans ma vie. Mais c’était quand même particulier avec tous ces gens et les coups de tambours qui accompagnaient le spectacle. Ce qui m’a coupé le souffle, c’est la vue qui s’offrait à nous ensuite : à 2000 mètres dans le noir, on ne se rend pas compte de ce qu’on a pu monter, et on ne voit rien en dehors du sentier. Après le lever du soleil, on voyait les montages et les lacs en contrebas, et on réalisait vraiment l’ampleur de notre parcours. On aurait dit une peinture, et les photos ne rendent malheureusement pas le dixième de la beauté du décor.

Notre vue du sommet

Notre vue du sommet

Voilà, nous avions accompli notre défi. Mais vous savez ce qui est plus dur que de monter des marches pendant 3h ? Les redescendre ! Car dès la première marche, nos mollets voulaient exploser. Mais il y en avait encore pour 3h…

On était tout en haut!

On était tout en haut!

Avez-vous déjà fait un voyage/activité spirituelle?

Lisa Marie

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