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L’art du papier

28 Mar

Plutôt méconnu du grand public, cet art fragile et délicat a suscité mon intérêt l’an passé au Symposium de Baie St-Paul, alors que Myriam Dion peaufinait minutieusement son travail devant les visiteurs attentifs et impressionnés. J’avais déjà entrevu de ses œuvres, mais mon admiration était d’autant plus grande lorsque je voyais l’étendue des heures de travail dans le transparent bout de papier qui était déposé devant moi, heures transposées en de petites ouvertures qui créaient un motif hallucinant.

Myriam nous expliquait qu’en ce monde où le stress est omniprésent, dans cette société qui ne sait s’arrêter un moment, elle avait eu le besoin tout stopper. De s’appliquer, de passer de longues heures à travailler le papier. Il s’agissait presque d’une méditation forcée, un espace-temps où réfléchir, où être tout simplement, comme nous oublions si souvent de le faire. De se le permettre.

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Crédit photo: Myriam Dion

Lorsqu’une page de journal l’intéressait, par son visuel ou son fait d’actualité, elle la prenait, sachant qu’elle la ferait devenir autre chose plus tard : en souligner la typographie, en intégrer les signes et les lettres à de nouveaux motifs qu’elle créerait, en préciser les détails… Comme nous pouvons le lire dans son CV, Myriam « ajoure, magnifie et fragilise ». Apposer une certaine lenteur, sacrifier de son temps pour en investir l’œuvre, tout en rappelant l’utilité des travaux manuels, tel est son but. À cet historique visuel qui est sien, se trace le lien avec l’ornementation si primée de jadis.

Nous absorbons mieux la lourdeur du monde qui nous entoure à la simple contemplation de l’une de ses pièces. La répétition certaine de la délicatesse par excellence, le produit de la minutie inventive. Un lieu uniquement visuel où se reposer.

further North

Further North, Elise Wehle

En va de même pour la talentueuse Elise Wehle, dont le travail est né d’un amour pour le papier et d’une haine du numérique. Elle innove à partir de dessins et de photographies pour en faire de nouveaux horizons en découpant de fines lignes et en insérant diverses formes. Cette démarche artistique lui rappelle que tout n’est pas aussi instantané qu’un clic de souris, comme nous pouvons le lire sur son site.

Figments

Figments, Elise Wehle

Le temps est une matière précieuse et ces deux artistes se donnent la peine de nous le faire découvrir de nouveau. Ou de nous le remémorer, du moins. Un exercice auquel nous devrions nous livrer pour retrouver la quiétude et un brin de patience, non?

NADIA

Y’à du talent au Québec, surtout au CTCM!

13 Juin

C’est hier qu’avait lieu le vernissage des finissantes  du Centre des Textiles Contemporain de Montréal. J’ai eu le plaisir d’assister à l’événement et d’y faire la découverte d’artistes de talent.

 

 

Mais qui sont ces artistes?

Suzie Viot:

Originaire de la ville de Lyon, grande capitale de textile, c’est à Montréal que cette ancienne bibliothécaire a décidé d’ étudier la construction textile. Comme projet de fin d’études, Suzie crée la collection Tracés, une série de sacs urbains et ergonomiques. Inspirée par la nature, la créatrice tisse chacun des items un peu à la manière d’un peintre reproduisant un paysage. Je dois dire qu’après les avoir essayé, on sent le travail et l’étude qui a été fait pour le confort et l’ergonomie. Bravo!

Suzie Viot

 

Eva Portelance:

Cette jeune virtuose est la benjamine des finissantes cette année. Ayant grandit dans la ville de Montréal, Eva a de puissantes convictions écologiques. Aimant travailler de ses mains, l’artiste fait du tricot et de la teinture naturelle. Elle nous propose une collection de vêtements se voulant à la fois des objets d’art. Je dois dire que c’est réussi!

Eva Portelance

 

Mitsouko Thériault:

D’abord diplômée en art plastique et médiatique ainsi qu’en scénographie et en dramaturgie, l’artiste développe une série de couvertures pour enfant. La géométrie minimale et la palette de couleur tout droit sortie des années 90 sont tirées de sa propre enfance. En plus d’être utiles, elles sont ludiques et A-DO-RABLE! Coup de cœur pour son affiche et la mise en scène de son exposition.

Mitsouko Thériault

 

Julie Lambert:

Éprouvant un intérêt particulier pour le textile, cette diplômée en Studio arts de l’Université Concordia décide de parfaire son savoir-faire en construction textile au CTCM. Aussi étonnant que ça puisse paraître, son matériel de prédilection est le papier, qu’elle tisse, froisse et assemble. Le résultat est magistral, les œuvres, impressionnantes.

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Isabelle Hayes:

Après un très long voyage, Isabelle, originaire de Joliette, a décidé de retourner à ce qu’elle appelle «ses premiers amours de créations»: le textile. Pour sa première collection, elle présente une série de jupe, inspirée par la géologie, une autre de ses passions d’enfance! La modeuse en moi craque littéralement pour cette collection
de jupes dont se dégagent à la fois une grande force et une belle féminité.

Isabelle Hayes

Les photos de cet article dévoilent volontairement très peu les œuvres!

Je vous invite à visiter le site Internet

de chacune des créatrices ou encore mieux, visiter l’exposition!

Parce qu’en textile, il faut toucher pour comprendre.

L’exposition Valeur Ajoutée prend place à la galerie TRAMES du Centre des textiles contemporains de Montréal du 12  au 28 juin 2013. Je vous invite à admirer et savourer des œuvres témoignant d’un grand savoir faire ou simplement à découvrir des créatrices talentueuses si vous n’êtes pas initiés à la construction textile. Accessible du lundi au vendredi, de 9 h à 16 h 30. Fermé le 24 juin.

Encore une fois, bravo les filles, et merci de partager votre génie créatif avec nous!

Véro Ovando

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