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Scott Helman à Québec: Fantastique!

26 Juin

Vous cherchez de la musique d’été? Permettez-moi de vous suggérer la pop accrocheuse, dynamique et résolument estivale de Scott Helman. De passage à L’Anti Bar et Spectacles de Québec le 22 juin, l’Ontarien a livré tout un show. Mon verdict? Fantastique!

Scott Helman est arrivé en coup de vent, se faufilant dans la foule pour rejoindre la scène et entamer une « Hôtel de ville » plus que convaincante. Portant ses 21 ans de vie comme autant d’années d’expérience, l’Ontarien a mis la foule dans sa poche en quelques secondes à peine, modifiant les paroles de la chanson pour y glisser un « Quebec City » plus qu’apprécié.

Il a de l’énergie à revendre, ce Scott: il bouge tout le temps, balançant les bras au-dessus de sa tête, se promenant d’un bout à l’autre de la scène, les cheveux clairs toujours un peu dans le visage, ou se dandinant d’un air amusé avec ses musiciens, l’air désinvolte mais tout à son affaire en même temps. C’est peut-être ça qui fait la fidélité de ses fans, nombreuses à connaître les chansons par coeur: il a l’air d’avoir du fun, et il ne se prend pas au sérieux, même s’il est terriblement talentueux (en plus d’écrire toutes les paroles et la musique de ses chansons, il conçoit et dessine ses pochettes d’albums ET les T-shirts à son effigie: pas pire pareil!).

Quant aux chansons, personne n’a été déçu: Helman a joué la quasi-totalité de ses compositions (dont une inédite!), à l’exception d’une pièce ou deux (notamment Cry, Cry, Cry et You Made Her). C’est vraiment en live que l’on peut apprécier toute l’étendue du talent de Scott: énergique sur That Sweater et Kites, il se fait vulnérable pour House Key et Machine, celle-ci livrée seul à la guitare. Sa voix ne le trahit jamais, assurée et agile, toute en nuances. Il fait preuve d’une grande maturité dans l’interprétation de ses chansons qui donne l’impression d’avoir affaire à un interprète d’expérience plutôt qu’à un gars dont le premier album complet est sorti depuis à peine plus d’un mois.

Franchement, Scott et son band étaient plus qu’agréables à voir: ils étaient attentifs au public, se lançaient des blagues au beau milieu des chansons et semblaient s’amuser comme des fous -d’ailleurs, quelques rires ont secoué les cinq camarades à plusieurs reprises. En plus, ils sont reconnaissants: plusieurs fois, Scott a remercié le public pour son appui et sa fidélité, ajoutant que c’était ça qui faisait de Québec (comme province) sa « deuxième maison ». On a vraiment le goût de l’adopter!

En tout cas, moi, je l’adopte sans réserve: Scott Helman, je l’aime d’amour, et je n’ai pas fini d’aller le voir en spectacle et de faire ma groupie, même si les deux premières parties (Ryland James et Featurette) m’ont paru longues.

Au cas où vous voudriez le voir pour vous faire votre propre idée, Scott sera à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu le 19 août prochain.

En plus, c’est de la musique d’été! Écoutez donc Kinda Complicated ci-dessous, pour serez convaincus, j’en suis sûre. 😉


Photo: Pinterest

Bonne écoute!

Anne-Sophie 

Jérémie Kisling: Vive la pop intelligente!

16 Oct

Vous cherchez une pop aux accents rétro, aux rythmes légers et aux paroles intelligentes? Écoutez donc Malhabiles, cinquième album de Jérémie Kisling, un auteur-compositeur-interprète suisse.

Malhabiles commence sur les chapeaux de roue, avec quatre pièces up-tempo aux sonorités rétro qui vous donneront envie de bouger. En termes de chanson de route, j’ai rarement vu mieux : c’est léger, efficace, et on a envie de taper rythmiquement sur le volant à chaque chanson, ou de se dandiner de son mieux (la tête, les épaules, allez-y).

La plus grande force de Kisling, c’est son écriture acérée, aux images fortes et aux propos toujours pertinents. Dans les albums précédents, le Suisse se laissait souvent aller à la fantaisie, mettant en scène des personnages animaux dans différentes situations improbables, Or, ici, l’auteur-compositeur délaisse ces métaphores pour donner à fond dans la critique, parfois déstabilisante, souvent éclairante, ou pour se livrer à des performances toutes personnelles sur le thème de l’amour. On retrouve là une belle maturité par rapport à ses opus précédents, qui laissaient entrevoir le talent de critique de Kisling mais ne lui donnaient pas le plein espace qu’il méritait -même si Antimatière, à ce titre, était particulièrement intéressant.

Dans Malhabiles, le Suisse trouve enfin l’équilibre entre le forme et le fond : les textes plus lourds sont tempérés par des mélodies accrocheuses aux allures pop, et les propos plus légers sont servis dans des emballages simples, le plus souvent piano-voix, qui servent bien l’ensemble et donnent à l’album une texture agréable.

Pour ceux qui connaîtraient déjà Kisling, l’artiste nous offre deux reprises de chansons tirées de son album Antimatière, qui leur donnent un air de légèreté. Antimatière et Par-dessus la Terre, deux incontournables de son répertoire, mettent en pleine lumière tout son talent d’auteur-compositeur. Vraiment, des pièces à écouter, peu importe la version que vous préférez –originale, remixée, les deux sont excellentes.

Enfin, un bémol : sur certaines pièces de l’album, la voix de Jérémie Kisling semble hésitante, comme s’il n’arrivait pas à atteindre les notes. Mais ça n’arrive pas souvent, et on s’habitue.

Bref, Malhabiles est un retour réussi de Jérémie Kisling, un album au propos pertinent qui compte déjà parmi mes préférés de l’automne –et je l’ai écouté en entier pour la première fois, euh… mardi. Je crois qu’on pourrait appeler ça un coup de coeur. 🙂

Ma préférée: Ça ne suffit pas

Pour le texte éclairant, critique à souhait et efficace. J’ai trop, j’étouffe et ça ne suffit pas/Et tout ce vide au fond de moi/ Je vis ma vie à l’envers… Assez représentatif de notre société de consommation, où même toutes les possibilités n’arrivent pas à nous satisfaire.

Pour se donner une idée: On ne sait faire que danser

Pour le rythme enjoué, assez représentatif de l’album. Pour la plume de Kisling, évidemment agile dans cette pièce, créant de belles images. Et parce que j’ai trouvé un vidéoclip, que je vous laisse juste ici. 😉

Bonne écoute! 🙂

Anne-Sophie

Découvertes pop et leurs goûts sucrés

22 Août

Je vous propose de découvrir 4 groupes aux influences pop et pour vous imagez leur musique, pourquoi ne pas leur associé un goût sucré!?! Étrange, peut-être…Amusant, certainement !

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Crédit photo : yearsandyearsofficial.com

Years & Years : du bonbon !

Ce trio britannique s’est fait connaître avec la chanson King sortie en février dernier. C’est le genre de chanson dont on oublie toujours le titre et l’interprète, mais que nous fredonnons par cœur après l’avoir entendu mainte fois à la radio. Le groupe composé d’Olly Alexander au chant et au clavier, de Mikey Goldsworthy à la basse et d’Emre Turkmen au synthétiseur existe depuis 2010 et nous a présenté son premier album Communion le 10 juillet dernier. Leur électropop me rappelle des bonbons sucrés : leur musique est agréable à l’écoute, et puis on en veut encore et encore, et puis ça tombe sur le cœur et on n’en veut plus du tout. Il suffit de laisser passer quelque temps et l’envie des bonbons nous revient de plus belle, jusqu’à ce qu’on s’écœure de nouveau et ainsi va ma relation avec les rythmes agréables, mais à écouter avec modération de Years & Years !

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Crédit photo : prioryband.com

Priory : un cocktail de fille !

Priory nous présente un électropop plus planant que celui de Years & Years avec des influences indies et une guitare bien présente. Vous devez connaitre sans doute le single Weekend qui a connu un vif succès en 2014. Ce titre se retrouve sur l’album Need to know lancé en avril 2015 par le groupe composé de Brandon Rush et Kyle Sears, tous deux originaires de Portland. Leur art me fait penser à un cocktail de fille, le type de cocktail sucré qui semble être du jus jusqu’à ce que tu réalises que tes pommettes deviennent rosées et que tout semble plus léger. Alors là, tu te rappelles qu’il y a de l’alcool dans ce joli cocktail qui mine de rien t’affecte un peu et te transporte ailleurs. Bref, écouter Priory permet de s’évader légèrement, mais encore une fois à consommer avec modération, autrement le plaisir se transformera est maux de cœur.

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Crédit photo : misterwives.com

MisterWives : un cupcake !

Le groupe new-yorkais MisterWives s’est formé en 2012 d’une façon originale : Mandy Lee (la chanteuse du groupe) voulait un groupe de reprises des années 80 pour son party d’anniversaire. C’est ainsi qu’elle a fait la connaissance de deux musiciens (Etienne Bowler aux percussions et  William Hehir à la basse) qui formeront ainsi le début du groupe. Plus tard, deux autres musiciens ( le multi-instrumentiste Jesse Blum et le guitariste Marc Campbelle)se joignent à eux pour compléter la formation MisterWives comme nous la connaissons maintenant. À noter que le saxophoniste Mike Murphy se joint parfois à eux. En janvier 2014, MisterWives nous présente leur indie pop à travers le EP Reflections suivi de leur premier album Our own house un an plus tard.  J’associe leur musique à un mignon cupcake avec d’abondants crémages. Bien que leur sonorité est mignonne, une fois que tu y croques à pleine dent tu réalises qu’il y a trop de crémage et que ça en devient presque dérangeant. Bref, MisterWives a quelque chose d’intéressant mais me laisse un peu sur ma faim…

purity-ring

Crédit photo : purityringthing.com

Purity Ring : une meringue !

C’est deux musiciens, Megan James à la voix et Corin Roddick aux instruments qui se cachent derrière les sons futurepop de Purity Ring. Le duo existe depuis 2010 et nous pouvons être fières puisqu’ils sont canadiens, plus précisément d’Edmonton. Ils nous offrent un second album en mars dernier qu’ils ont eux-mêmes produit intitulé Another Eternity qui suit Shrines lancé en 2012. Je qualifierai la pop du groupe « d’électro atmosphérique » digne d’une bande-sonore d’un film moderne. L’écoute est facile et nous transporte ailleurs, c’est pourquoi je l’associe à une meringue, cette pâtisserie très légère, très fine et parfois poudreuse. Purity Ring me donne l’impression de planer sur un cumulus tout comme manger une meringue me donne l’impression de croquer dans un nuage.

Et vous, quel est votre groupe pop du moment ?

Cath xxx

Mika et l’OSM: Une performance inoubliable

16 Fév

Du 9 au 12 février, l’Orchestre symphonique de Montréal a présenté une série de concerts bien particuliers : le chanteur pop Mika s’est invité sur les planches de la Maison symphonique pour une relecture audacieuse de ses pièces.

Entouré des musiciens de l’OSM, d’un groupe de choristes triés sur le volet et du chef d’orchestre Simon Leclerc, le Britannique a livré une performance inoubliable de plus de deux heures.

Crédit : Le Devoir

Crédit : Le Devoir

Pour ma part, j’ai assisté au concert du 12 février. Depuis, je cherche les mots pour le décrire. C’est simple, les mots me manquent. J’y suis allée avec un ami, et nous avons essayé d’en discuter ensemble. Tout ce que nous trouvons à dire, c’est : « C’était tellement beau. »

Plus que beau, c’était émouvant. Intense. Merveilleusement surprenant. Beau, parce que les arrangements étaient magnifiques, parce que Mika a une voix unique. Émouvant, parce que les pièces trouvaient une toute nouvelle profondeur dans leur version symphonique. Intense, parce que l’émotion était toujours là, à fleur de peau; parce que tout était amplifié, pour nous laisser à bout de souffle, submergé par une émotion à laquelle on ne s’attendait pas. Merveilleusement surprenant, parce que chaque pièce a subi une complète métamorphose, et qu’on ne pouvait rien reconnaître aux premières mesure; il fallait attendre, l’oreille tendue, cherchant la note qui nous donnerait l’indice. Et cet instant où l’on reconnaissait la chanson s’accompagnait d’un émerveillement sans nom à se retrouver en territoire inconnu, avec pourtant des mots que l’on aime et des mélodies que l’on connaît par cœur.

Ces mots et ces mélodies prenaient un tout nouveau sens lorsque couplés à l’orchestre. Si toutes les pièces ont bénéficié de leur « lifting » symphonique, certaines ont trouvé à mes yeux une signification plus profonde que leur version pop. En ralentissant le tempo de quelques chansons, comme Overrated, Love You When I’m Drunk et Relax (Take it Easy), Simon Leclerc a donné à Mika toute la place pour faire passer le message de ses pièces, laissant plus d’espace au texte.

Au milieu des 20 pièces que comptait le concert, nous avons eu droit à un avant-goût du prochain album du coloré Britannique. La pièce Boum Boum Boum, grand succès de l’été dernier, était une incontournable, mais trois chansons se sont aussi mérité une place sur la liste. The Last Party, Ordinary Man et Good Guys donnent envie d’écouter le nouvel album, avec leurs textes doux-amers et leurs mélodies accrocheuses. Good Guys était, à mon avis, la chanson la plus touchante de la soirée, et je me serais volontiers levée pour une ovation si nous n’avions pas déjà ovationné la pièce précédente.

Je ne suis pas la seule qui avait envie de se lever pour souligner l’excellence du concert : durant la deuxième partie, Mika et les musiciens ont eu droit à de longues ovations à de nombreuses reprises –environ une chanson sur deux se voyait acclamée de la sorte. La première partie était aussi très bonne, mais la seconde avait quelque chose de plus, qui donnait envie d’applaudir à s’en briser les mains.

Je suis sortie de la Maison symphonique avec l’impression d’avoir assisté à quelque chose de plus grand que nature, que tous les mots du monde n’arriveraient pas à décrire. Mon seul regret? Je n’entendrai plus jamais ces arrangements. Il ne me reste plus que le souvenir d’une émotion que je ne sais même pas décrire. Mais au moins, j’ai eu la chance de voir cette incroyable performance.

 

Attendez… Mika et l’OSM viennent d’annoncer sur Facebook que les concerts ont été enregistrés… et donc… un album sera disponible à la fin de l’année! 😀 (Tous ceux qui n’étaient pas là, ne désespérez pas: vous pourrez au moins entendre à quoi ça ressemblait, à défaut d’y avoir assisté!)

 

Anne-Sophie

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