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La fois où 8 devint un tout

17 Jan

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Fidèle à ma promesse d’assidument prendre part à divers rendez-vous culturels, et pour débuter l’année en beauté, j’ai renoué avec un vieil amour, le théâtre. Jeudi dernier, j’ai eu le bonheur d’assister à la nouvelle pièce de Mani Soleymanlou à la Place des Arts, 8.

 

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Source : Place des arts

8, c’est la fête. Une soirée où huit amis se retrouvent, échangent, s’inquiètent, dansent. Huit comédiens, hommes et femmes, pas de personnages, ils incarnent leur propre rôle. Tous habillés de noir, sans superflus ou décor imposant.

Huit humains attachants aux personnalités fortes et aux propos sentis. Certains discutent de leur quotidien, d’autres de rêves et d’idéaux. Le point commun? Tous sont tourmentés devant l’avenir insécurisant, déstabilisant et surtout effrayant que réserve un événement aux impacts bien réels. Une pièce tellement actuelle qu’on a l’impression qu’elle a été écrite la veille.

Composée de textes accessibles, la pièce de Mani Soleymanlou a réussi à combiner avec brio minimalisme et profondeur. Un mélange de rires francs et surtout fréquents et d’un goût amer provoqué par le rappel d’un monde qui compose malheureusement notre réalité.

8 regroupe pour la troisième fois cette talentueuse équipe de concepteurs et d’artistes. Tout comme dans ILS ÉTAIENT QUATRE et CINQ À SEPT, c’est l’identité de genre qui est mise à profit.

Une pièce qui promet de charmer même les moins adeptes.


Source | Place des Arts

 

8
Texte : Mani Soleymanlou, avec la collaboration des interprètes
Mise en scène : Mani Soleymanlou
Interprétation : Éric Bruneau, Guillaume Cyr, Kathleen Fortin, Julie Le Breton, Jean-Moïse Martin, Geneviève Schmidt, Emmanuel Schwartz, Mani Soleymanlou

Une création de Orange Noyée en coproduction avec la Place des Arts et le Théâtre français du CNA.

Pièce présentée à la à la Cinquième Salle de la Place des Arts du 10 au 28 janvier 2017.

 

Bonne découverte!

Pascale

 

 

 

 

 

 

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L’Opéra de Montréal présente Silent Night

18 Mai

Quand les chefs de meute m’ont demandé si j’étais intéressée à aller voir la première de Silent Night à l’Opéra de Montréal, j’ai évidemment sauté sur l’occasion. Ce n’est pas tous les jours en 2015 qu’on a l’occasion d’aller voir une œuvre opératique écrite à notre époque. En effet, plusieurs compositeurs ont déjà fait leurs preuves dans les siècles précédents (genre Mozart ou Verdi) et il est plus facile d’aller voir une série de chefs-d’œuvre qui ont déjà fait leurs preuves, qu’un opéra récent. Ainsi, samedi soir dernier, Michèle et moi on s’est fait une soirée de louves souper/opéra et on a ca-po-té. C’était vraiment magnifique.

Silent Night reprend un fait singulier qui a eu lieu durant la Première guerre Mondiale, fait qui a d’ailleurs été mis en film il y a une dizaine d’années sous le nom de « Joyeux Noël ». Donc, mise en contexte : nous sommes en Belgique un 23 décembre. Français, Écossais et Allemands se livrent bataille depuis des semaines. Chacune des nations a perdu beaucoup d’hommes et les choses ne s’en vont pas en s’améliorant. Heureusement pour eux, la venue de Noël et des festivités met un peu de lumière dans leur quotidien violent et macabre. Parallèlement à ce côté de l’histoire qu’on pourrait qualifier de « politique », nous suivons les amours d’un couple de chanteurs d’opéra allemands. Lui a dû s’engager durant la conscription et elle, tente de le sortir de cet enfer afin qu’ils puissent être ensembles. Tous ces personnages se retrouveront ensembles pour le jour de Noël, le cœur à la fête. C’est alors que quelque chose d’inattendu se produit, les hommes de toutes les nations entament des chants de leur pays pour finalement réaliser qu’ils souhaiteraient davantage s’amuser que s’entre-tuer. Une trêve s’amorce donc et on assiste à une scène humaine et touchante où des ennemis deviennent soudainement des amis, échangeant photos, anecdotes et victuailles le temps de la nuit de Noël.

Crédit : Yves Renaud

Crédit : Yves Renaud

Je lève mon chapeau au compositeur, Kevin Puts, qui a su avec brio nous faire sentir une foule d’émotions et évoquer à la fois des états d’âmes, des tensions, des situations et des lieux, parfois avec la partie orchestrale seule. Pensons notamment au début fracassant avec ce chœur d’hommes explosant soudainement en une scène de guerre sanglante où on se croirait davantage devant un film qu’à l’opéra. Également, ce moment où il enchaîne les valses viennoises avec une dispute entre nos deux amoureux où la musique regorge de dissonances, ce qui nous donne l’impression, en tant que spectateurs, de vivre deux émotions à la fois: le décorum presque ridicule qui règne au bal des officiers allemands, et les tensions et le mal-être des personnages principaux. Ceci est sans parler du travail extraordinaire du librettiste Mark Campbell qui a réussi un tour de force en écrivant un opéra en quatre langues (français, anglais, allemand et latin) tout en faisant ressortir les caractéristiques de chaque peuples. Caractéristiques davantage mises en évidence par le choix des mots et expressions de M. Campbell que par la musique, il faut l’avouer. Également, quelques blagues venaient régulièrement alléger et détendre l’atmosphère, rendant donc le sujet de l’opéra moins triste.

Il faut aussi souligner la mise en scène très efficace  d’Eric Simonson. Il faut dire que les décors et costumes empruntés à l’Opéra du Minnesota rendent le spectacle intéressant et l’histoire facile à suivre. Avec sa plateforme tournante, ses tranchées et ses trois postes de garde distincts, le tout bouge de manière fluide et les changement sont faits de manière fluide afin de rendre l’expérience cohérente pour le spectateur.

Crédit : Yves Renaud

Crédit : Yves Renaud

L’orchestre et les interprètes font un travail incroyable et unifient l’œuvre, rendant l’histoire touchante et humaine. Devant cette partition souvent difficile à chanter (parole de chanteuse!) chacun y va de ses forces et la puissance dramatique des protagonistes rend l’histoire très poignante. Je parle ici de Marianne Fiset, Joseph Keiser, Phillip Addis, Alexander Hajek et Daniel Okulitch. Ces derniers sont accompagnés par un chœur d’hommes nombreux et solide. Notons aussi que la distribution est entièrement canadienne (!).

Silent Night est le dernier opéra de la saison 2014/2015 et sera présenté pour encore trois soirs, soit les 19, 21 et 23 mai 2015 à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

Crédit : Yves Renaud

Crédit : Yves Renaud

Allez-y et profitez d’une soirée remplie d’émotions!

Camille xxx

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