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Une chance qu’on n’a pas d’enfants.

26 Mar
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Crédit photo: Google Image

AVERTISSEMENT

Ce billet peut contenir un manque d’objectivité et s’adresse à des lecteurs de tous âges. Ce texte a été écrit avec un grand amour et une admiration profonde pour la comédienne Sophie Cadieux. L’opinion d’un tiers est recommandée.

LA QUESTION QUI TUE

En ces temps d’austérité, d’incertitude politique et de changements climatiques, est-ce vraiment une bonne idée de mettre quelqu’un au monde?

NOTRE CRITIQUE EN UN GIF

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DES ARBRES

Texte : Duncan MacMillan

Traduction : Benjamin Pradet

Mise en scène : Benoît Vermeulen

Assistance à la mise en scène: Ariane Lamarre

Avec:  Sophie Cadieux et Maxime Denommée

Théâtre La Licorne

Durée: 1 h 25

Est-ce que tout le monde a le droit de faire des bébés ?

C’est bien de se poser des questions. D’être conscient. De s’informer. De douter. On veut être « des bonnes personnes », on veut croire qu’on est « des bonnes personnes ». Mais est-ce qu’il ne faut pas savoir trouver un équilibre entre conscience et inconscience si on veut rester bien ?

Mettre un enfant au monde : un cadeau empoisonné ?

Au moment où le bruit des applaudissements s’éteint et que les lumières se rallument, on ne réussit pas à tirer une seule conclusion de cette pièce. Un peu comme dans la vie. Un mélange de beauté, de tristesse, d’abandon, de questionnements, de colère. La vie, la mort, pis toute ça.

En rafale

Le texte ?

Des pensées qui se bousculent et ne se taisent jamais. Le reflet de toute une génération.

La mise en scène ?

Des sauts temporels, mais d’une simplicité désarmante. On peut imaginer, on peut visualiser, on peut se projeter, selon chacune de nos réalités.

Les comédiens ?

Une symbiose. Naturels, justes, complices, magnifiquement touchants. (Relire notre avertissement au tout début) La tendresse dans la tension. L’engagement dans l’abandon.

Le rythme ?

Un débit rapide. Le couple traverse, sous nos yeux humides de larmes et de rires, toutes les étapes de la parentalité, jusqu’à ce que le temps, la vieillesse et enfin, la mort les rattrapent. Une finale qui rappelle d’ailleurs celle de la série Six Feet Under.

Les référents culturels ?

Attendre et espérer les circonstances parfaites. Reprocher à son chum d’avoir toujours besoin de consignes.  

Les phrases punchs ?

« Chaque fois que j’me suis imaginé avoir un bébé, le père était toujours un homme flou, en background. »

« On dirait que tu viens de me donner un coup de poing et que tu me pose une question de calcul mental pendant que je suis encore à terre. »

« Si tu te préoccupes vraiment de l’avenir de l’humanité, bein suicide-toi. »

« Ouin, j’suis menstruée. Mais ça veut pas dire que j’ai pas raison. »

« J’ai besoin de pleurer comme un bébé ou rire comme une folle. »

Planter des arbres pour aider à faire respirer la planète

Des arbres, c’est avant tout une histoire drôle et attachante. Le texte de Duncan Macmillan aborde la question de la responsabilité sociale et aussi celle d’une relation amoureuse entre deux personnes, imparfaites bien sûr. Mais profondément humaines.

J & O

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QUEUE CERISE : le plaisir d’être dégouté

30 Jan

« Chacun a une manière différente de cacher son malaise. Ou de le tolérer. »
– Amélie Dallaire

À un peu plus de 24 heures de la première de la pièce Queue Cerise, présentée dans la salle Jean-Claude Germain au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, nous avons eu la chance d’avoir une conversation Skype avec l’auteure et comédienne, Amélie Dallaire. Nous avons oublié de prendre une capture d’écran et de l’utiliser comme photo de l’entrevue. (Nous avons bien failli rappeler Amélie, mais nous avons douté de la pertinence de notre second appel…) Nous avons donc fait un joli montage, pour que vous ayez, vous aussi, l’impression d’y être.

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© PAINT

***

Jani: Merci beaucoup pour ton temps, Amélie. Aimerais-tu qu’on t’envoie l’entrevue avant de la publier sur le blogue? Si jamais tu veux y apporter des corrections ou modifier des trucs…

Amélie: Non. Non, pas besoin.

Odile: Ok, alors on peut dire que ta pièce c’est un éloge de… de… (temps) Maudit, je cherchais une blague à faire, mais je n’en ai juste pas trouvée!

Amélie: Mais en fait, ça, ça pourrait être dans Queue Cerise. C’est dans ma pièce ça. Des gens qui essaient de faire des blagues, mais qui n’y parviennent pas. Des bévues, des faux pas, des malaises. Personnellement, je suis souvent mal à l’aise dans la vie. Pour moi, écrire est donc un geste vraiment libérateur. J’ai l’impression de donner vie à des gens et à des moments que je vis quotidiennement. C’est comme l’Albatros de Baudelaire. C’est un oiseau qui a de belles grandes ailes, mais quand il est sur un voilier, il s’enfarge partout. Il est maladroit et incompris. Comique et laid. Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

***

 

Inspiré par le fantastique et la science-fiction, l’univers d’Amélie Dallaire s’adresse à l’inconscient du spectateur en mettant de l’avant des personnages singuliers, maladifs et énigmatiques qui déambulent dans un monde où les pulsions ne sont plus refoulées, un monde peu raisonnable. Quoique disjonctés, les thèmes et les idées abordés dans Queue Cerise évoluent dans un quotidien aux allures usuelles et même banales. L’idée de départ : Michelle débute un nouveau boulot. Cette réalité se transforme cependant très vite en une sorte de rêve ou de cauchemar éveillé.

UNE HÉROÏNE MAL À L’AISE

« Je pense que Michelle a un désir refoulé et qu’elle s’y ouvre. Elle n’est pas victime de ça, c’est une héroïne. Mon héroïne! Je pense qu’elle a une quête. Une quête intérieure qui l’amène à se métamorphoser. Cependant, ce n’est pas une quête qui l’amène à prendre des décisions ou à faire des choix : elle n’est pas conduite par sa volonté. Ce n’est pas son cerveau qui domine, mais plutôt son côté reptilien; son cerveau reptilien. Elle est très coincée et vulnérable face aux autres. Elle commence un nouveau travail et elle essaie simplement de bien faire les choses… Personnellement, je trouve ça insupportable de commencer une nouvelle job. Souvent, les autres employés ne sont pas très enthousiastes non plus à l’idée de donner une formation. J’ai toujours l’impression de poser trop de questions, d’exaspérer les autres et de n’être jamais assez efficace. Michelle est comme ça. Elle essaie de créer des liens, mais elle est tributaire de l’humeur des autres. »

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Louise (Karine Gonthier-Hyndman), Curtis (Julien Storini), Carl (Olivier Morin), Marie-Gilles (Amélie Dallaire), Michelle (Ève Duranceau) –  CRÉDIT PHOTO: David Ospina

LE DÉSORDRE INTUITIF

Plusieurs tableaux régis par la logique du rêve, les contours deviennent facilement flous. « L’image que j’ai trouvée pour parler de ma démarche pour Queue Cerise, c’est le ruban de Möbius. Comme si l’inconscient était une face du ruban et que le conscient était l’autre. Il n’y a plus de frontière entre les deux. Et cela donne naissance à un nouveau langage, en quelque sorte. J’ai toujours aimé essayer de prendre des choses et des situations improbables et de les mêler avec des dialogues quotidiens, comme si on parlait toutes les trois ensemble, simplement. J’aimerais beaucoup écrire un roman un jour. »

Une fois l’écriture achevée, il fallait confier la mise en scène à un esprit audacieux, quelqu’un qui réussirait à superposer les scènes naturellement. « Olivier [Morin] est fou. Il a fait une job de fou. C’est lui qui a fait les décors, c’est lui qui a fait la musique. Il est tellement talentueux. Il a été très audacieux dans sa mise en scène. D’ailleurs, ce qui est là, aujourd’hui, ce sont les idées qu’il a eues dès le départ. C’est sa vision du début. Je l’admire tellement d’avoir été aussi visionnaire, d’avoir eu cette vision de mon texte, alors qu’il n’y avait encore rien. »

Et quand on lui demande comment elle a géré à la fois son rôle de comédienne? « Au début des répétitions, je regrettais presque de jouer dans mon texte parce que je voulais seulement regarder. Je regardais les comédiens. Et je les trouvais tellement bons. Je trouvais qu’ils amélioraient mon texte, qu’ils lui donnaient une troisième dimension, qu’ils lui donnaient plus de substance. »

 

INTRIGANT VOYEURISME

« Je pense que dans la vie on est souvent mal à l’aise… c’est juste que chacun a une manière différente de cacher son malaise. Ou de le tolérer. J’espère que les gens vont trouver ça beau tellement ils vont être mal à l’aise. C’est étrange, mais je crois que c’est très accessible parce que c’est drôle. Je ne sais pas, je ne sais plus. Il me semble. Je n’ai pas de recul pour le moment. Je peux seulement m’abandonner à ce qu’on a fait et y aller à fond. »

***

Jani: Un gros merde pour demain.

Amélie: D’accord.

***

QUEUE CERISE
Texte: Amélie Dallaire
Mise en scène: Olivier Morin
Interprétation: Amélie Dallaire, Ève Duranceau, Karine Gonthier-Hyndman, Olivier Morin, Julien Storini
Durée: une heure et quart

Pièce présentée dans la salle Jean-Claude Germain du Théâtre D’Aujourd’hui du 26 janvier au 13 février 2016

Notre critique en un GIF:

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Courez-y. C’est magique de banalité!

J & O

Attendre après sa destinée : la réalité de plusieurs jeunes artistes

23 Déc

Le pire serveur de ma vie. C’était en septembre, durant le Festival de cinéma de la Ville de Québec. Nous étions dans un café bien connu de la Haute-Ville. Il y avait une amie réalisatrice et une autre directrice artistique. Ce soir-là, nous allions casser la croûte avant  une série de  courts-métrages. Il était sec, arrogant, il n’avait pas envie d’être là, on n’arrivait même pas à se comprendre pour une salade. Ça n’allait pas du tout, jusqu’au moment où il nous a entendues parler de cinéma. Soudainement, nous étions intéressantes. C’était si évident, encore un serveur frustré de ne pas être un acteur.

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Clara veut être une actrice

Une autre compagnie de théâtre a invité les Rockalouves à la production Clara veut être une actrice. Présentée pour la première fois à Québec, à L’Expo-Théâtre de la Visitation, la pièce raconte l’histoire de cette diplômée d’une école de théâtre qui est prête à tout pour vivre son rêve : devenir actrice.  Pour survivre et pour avoir du « vécu », elle travaille dans un café du Plateau Mont-Royal. Elle se sent obligée de sourire et tente de se faire valoir devant les vedettes. Tout me rappelait ce fameux serveur désobligeant. Un texte et une mise en scène de Valery Drapeau.

Sur scène, la comédienne Daphnée Côté-Hallé est seule, mais ça ne paraît pas. Elle danse, elle court, elle chante. Elle n’arrête pas. Elle est belle à regarder et surtout à écouter. Avec beaucoup d’autodérision, elle raconte son histoire et sans aucun doute celle d’autres jeunes talentueux qui sont prêts à beaucoup de bénévolat pour jouer.

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Toute la pièce se déroule dans un restaurant. Le décor est simple avec quelques tables et de la vaisselle. Durant 70 minutes, grâce au talent de Daphnée, on rencontre des clients chiants, des vedettes, de la petite bourgeoisie, une vieille collègue et Xavier Dolan qui s’arrête pour un café.  C’est si bien joué qu’on croit en la présence de tout ce beau monde. Une grande force de la production.

Histoires vraies

J’ai eu envie de savoir si cette histoire était celle de la jeune comédienne. « Ce texte vient surtout d’une observation générale de la situation précaire de tout artiste de la relève. Nous-mêmes, notre entourage… Il y a quelque chose d’autobiographique, c’est certain », m’a avoué Daphnée Côté-Hallé. « Comme en ce moment, je suis en route pour Montréal pour aller travailler dans un restaurant… C’est absurde », a-t-elle ajouté.

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Crédit : Clara Bordeleau- Artiste multidisciplinaire

Pour arriver à vivre de son art, Daphnée est proactive et elle crée ses propres projets. « Je dirais que c’est là la différence majeure avec Clara, qui, au contraire, attend après sa destinée », a lancé celle qui est également musicienne.

Et quand on lui demande si elle rêve de Broadway : « J’avoue que c’est mon dada, et que j’en rêve certainement, beaucoup plus qu’Hollywood disons, mais un peu comme un rêve de petite fille. », a dévoilé la comédienne.

À lire tous les commentaires Facebook qui se retrouvent sur la page de l’événement, je suis persuadée que nous reverrons Daphnée prochainement et ailleurs que dans un restaurant. J’ose espérer qu’elle conserve son beau sourire devant ses clients, car mon père me dit toujours: « Dans la vie, c’est mieux de connaître quelqu’un que de connaître quelque chose ». Souvent, je réalise qu’il a raison.

Sarah xx

Se mettre à nu

3 Déc

« Qui veut avoir l’air ridicule dans vie? »

Exister dans les yeux des autres, mettre en scène une vie qui ne nous appartient pas: on suffoque, on étouffe. C’est toi contre toi et tes mille carapaces ont fini par durcir avec le temps. Force est d’admettre qu’il est plutôt gênant de se dévoiler. Pour de vrai, là.

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(crédit photo: Charles F. Marquis)

 

Ma tête est une ruche

Patrick R. Lacharité + Sébastien Tessier

Pièce présentée au Théâtre LaChapelle jusqu’au 5 décembre 2015

Durée : 1h45

 

« Je suis une autruche. »

Un gars timide met en scène devant nous ce que son psychologue lui a suggéré de faire: se mettre à nu et ne rien garder à l’intérieur, s’exprimer. Ma tête est une ruche est un bourdonnement de sketchs qui s’amusent à exposer des comportements contemporains, en maniant habilement la fine ligne entre le risible et le terriblement touchant.

 

« Ce qui est bien, c’est d’être bien. »

On rit. On est touchées. On se reconnaît. Les gens qui s’écoutent parler, le contraste entre notre discours et ce que l’on ressent, la quête insatiable du bonheur, la peur du lendemain, le jeu d’amour, le jeu de réciprocité, d’indépendance, de domination –  d’ailleurs, notre coup de coeur de la soirée revient sans aucun doute au combat amoureux presque dansé et sans musique de Philippe Thibault-Denis et Joannie Douville. Tendrement impulsif.

 

Pourquoi y aller ?

  • pour boire du jus d’émotions brutes et poignantes, pour le dévouement et le dynamisme des comédiennes et des comédiens;
  • pour te faire expliquer une peinture, mais une peinture vraiiiiiiment artisssstique;
  • pour voir une orgie de solitude;
  • pour te faire réciter un poème lyrico-explicite, un vrai de vrai poème d’artissss
  • pour expérimenter la confrontation entre le drôle et le tragique (ça laisse très perplexe, une belle perplexité).

Mais attendez-vous à :

  • certains sujets et approches quelque peu usés;
  • une structure légèrement décousue par moments.

 

Un portrait ludique mais aussi très poétique, très lucide de toi. De moi. De nous. De nous ici et maintenant. De nos démons intérieurs qui sont parfois ridicules mais aussi tellement souffrants. « Des fois je m’écoute parler, pis je trouve ça beau. »

 

XOXO
Vos louves théâtrales, Jani et Odile

Le temps brûle sans faire de cendres

6 Nov

Pour célébrer en grand notre nouveau statut de Rockalouves, nous avons assisté ensemble à la première de la pièce Everybody Knows This is Nowhere, aux Écuries. Nous en sommes ressorties avec des idées et des conversations bouillonnantes, ainsi que des questionnements assez existentiels.

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Crédit : Théâtre Junction

Bon… vous brûlez d’impatience, c’est ça? Mais câline de bine, c’est qui nous?? Jani et Odile, vos nouvelles chroniqueuses théâtre, pour vous servir. Les Rockalouves vous parlaient il n’y a pas si longtemps de leurs petites joies d’automne, eh bien nous c’est le théâaaaaaatre qui nous apaisent. Nous sommes honorées et très enthousiastes de joindre l’effervescence de la meute.

Titre : Everybody Knows This is Nowhere

Par qui : Une production de Theatre Junction

Où/Quand : Pièce présentée au Théâtre Aux Écuries du 3 au 7 novembre 2015

Durée : 1h30

Le rideau se lève. Oh. Non. Pas de rideau. Dès qu’on prend siège, le « nowhere » du titre résonne. Difficile de bien saisir le décor. À la fois vide et rempli. Moderne et vieillot. Et durant la prochaine heure et demie, « everybody» pourra se réconforter ensemble, dans sa solitude. Une fois assis, tu commences à saisir que pas grand-chose ne sera laissé entre les mains du conventionnel. D’ailleurs, le spectacle commence et les lumières chez le public restent là, indiscrètes. Elles s’éteignent, mais plus tard, une fois que tu les avais oubliées. Tu constates aussi que les artistes ont choisi de dire au revoir au quatrième mur.

« Nous avons inventé le bonheur »

Everybody Knows This Is Nowhere sillonne les frontières du théâtre, de la danse, de la musique, de l’art vidéo et des nouvelles technologies. Une véritable explosion de tableaux et d’émotions, tous réunis sous le grand thème des vacillements de notre époque. Les artistes de la compagnie Theatre Junction font coexister le français et l’anglais à travers une panoplie de petites histoires.

On se sert beaucoup et souvent des voix off pour faire résonner les frissons dans notre échine et aussi pour mettre les mots de l’avant, mais on nous montre peut-être trop d’images à la fois. Un musicien live, de la danse contemporaine et des tournures de phrases pas toujours évidentes en plus des images projetées qui ne nous aident pas forcément à mieux saisir le propos, c’est dense pour un cerveau en pleine ébullition. Chose certaine le metteur en scène Mark Lawes a quelque chose à nous dire.

 « I’m fucking crazy but I’m free »

À certains moments de la représentation, on croirait presque assister à un exercice de style, assez réussi d’ailleurs. La répétition à l’infini d’un mouvement et l’effet boule de neige que peut créer la répétition d’une réplique pour finalement mener à la démence du personnage – si personnage il y a… -, la danse presque formaliste, la saturation technologique, l’association d’images insensées ou ridicules qui parviennent à parler un autre langage que celui des conventions, le nombre excessif de changements de costumes, les ruptures se succédant comme s’il fallait rattraper le temps … autant d’exemples qui nous amènent à voir le spectacle auquel on assiste comme le cheminement d’une réflexion plutôt qu’un message clair et arrêté.

On met en doute ce qu’on voit; on se fait balancer d’une illusion à une autre, d’une opinion à son opposé. Et, à un certain point de la soirée, on baisse les armes, on accepte les contradictions qu’on nous présente et on se laisse porter par ce flot de tableaux dont le lien fait parfois défaut.

Pourquoi y aller ?

  • pour voir un ourson chanter du karaoké;
  • pour chanter, toi aussi, du karaoké, si tu veux;
  • pour assister à une alliance forte entre danse, théâtre, images vidéo, chant et musique;
  • pour cultiver son regard critique face au capitalisme;
  • pour reconnaître quelques traces des influences de Pina Bausch sur la danse-théâtre;
  • pour assister à un coaching de vie sur la tristesse;
  • pour laisser résonner en soi des textes riches;
  • pour sonder de façon ludique son ego.

Mais attendez-vous à :

  • un rythme effréné de sketchs qui se succèdent;
  • un trop-plein d’effets simultanés sur scène et sur écran: danse, chant, musique, mots projetés se chevauchent (ouf, c’est dur de garder le fil);
  • de la nudité;
  • une structure qui manque de solidité;
  • un effacement de la composition des personnages et des dialogues au profit d’un style expérimental.

Pour vous donner l’eau à la bouche et la poésie dans le ventre:

« Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute expérience. »

« Il faut beaucoup de poison pour mourir agréablement. »

« C’est l’histoire de dormeurs qui rêvent à des dormeurs rêvant les rêves rêvés des autres. […] Ils en eurent marre de rêver les rêves des autres, ils voulaient rêver leurs rêves, alors réveille-toi, réveille-toi, RÉVEILLE-TOI! »

« They welcome their sadness and they make it their lifestyle. »

« L’amour, c’est d’accepter le chaos. »

« Quel est l’état des connexions neurologiques entre mon coeur et mon cerveau? »

Et nous, on vous demande: is nowhere now here? / est-ce que nulle part est ici?

Jani et Odile 

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