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L’automne sera littéraire!

7 Sep

Le premier septembre dernier, alors que les petits écoliers partaient fièrement avec leur sac à dos et sortaient avec appréhension leurs cahiers, je participais à la conférence de presse du festival Québec en toutes lettres.

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Crédit photo: Festival Québec en toutes lettres

Ce n’est plus un secret, je dévore tout ce qui touche de près ou de loin au milieu culturel. J’en raffole. Or, depuis que j’ai mon nouvel emploi, lequel s’attarde principalement aux arts littéraires, tout ce qui touche le domaine est une magnifique découverte. C’est pourquoi je me suis donnée comme but de faire découvrir le festival à plusieurs, puisque chaque événement, chaque activité de la programmation me semble unir des conditions gagnantes pour vous surprendre et vous charmer.

Cette année, du 8 au 18 octobre, le festival offre une édition exceptionnelle puisque c’est également l’inauguration de la Maison de la littérature, où plusieurs des activités annoncées prendront place. L’occasion parfaite pour découvrir ce lieu de création incomparable.

Vous êtes mordus de littérature, écrivains à vos heures ou simplement curieux? Voici quelques dates à retenir pour étoffer vos connaissances en la matière et développer davantage votre intérêt :


9 et 10 octobre, 18h30 à 22h30 : Parcours Volatil

La fête de l’écriture par excellence! Sept stations à travers le Vieux-Québec qui vous feront découvrir chacune une forme littéraire : chanson, roman, livre jeunesse, poésie, BD, etc.


10 et 11 octobre, 10h à 16h : Portes ouvertes de la Maison de la littérature

Rendez-vous pour vous émerveiller devant ce lieu unique en Amérique du Nord où écrire, lire et vivre. Un lieu où parfaire l’imaginaire.


12 octobre à 20h : Murmures et torrents de la Grande Torture à la salle multi de la Coopérative Méduse

Présentation de la littérature contemporaine des Premières Nations.


14 octobre à 17h : Mots en mouvement à la Maison de la littérature

Soirée de partage de textes entre Dany Lafferière et Ken Howe ayant pour sujet la traduction littéraire.


14 octobre à 20h: Libres de créer au Palais Montcalm

Entretien avec Magaret Atwood, Russell Banks et Robert Lepage sur la liberté de création.


16 octobre à 20h : Pauline, opéra version concert au Grand Théâtre

Opéra commandé à l’auteur compositeur canadien Tobin Stokes par le City Opera de Vancouver, ce spectacle unique présente un livret de Margaret Atwood sur l’écrivaine, poète et comédienne métisse Pauline Johnston.


17 octobre à 19h : Œuvres de chair à TRYP Québec Hôtel PUR

Au menu : speed dating littéraire, rendez-vous clandestins dans les chambres et prolongement de la soirée au bar de l’hôtel.


8 octobre au 2 novembre : Retranscriptions par Simon Bertrand à la Maison de la littérature

Artiste visuel renommé, Simon Bertrand retranscrit l’intégralité de grands récits tels que la Bible, l’Odyssée, etc. Exposition autour de quelques-unes de ses œuvres sur papier. (retranscription en direct le 10 octobre de 10h à 12h et de 13h à 16h)


Pour découvrir le reste de la programmation et réserver, consultez le www.quebecentouteslettres.qc.ca! Laissez-vous imprégner par la liberté d’expression et la liberté de création à travers les diverses activités.

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Crédit photo: Instagram solebich.de

De quoi avoir hâte à l’automne! 🙂

Nadia

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Des passages insolites pour découvrir l’art public

18 Juil

Alors que tous et chacun s’attarde à la démolition de l’œuvre Dialogue avec l’histoire de Jean-Pierre Raynaud et à ses diverses reconstructions symboliques (3D, performance, graffiti, etc.), je m’intéresse à l’art public d’une autre façon : vagabonder et découvrir les diverses installations des Passages Insolites.

Merveilleuse idée renouvelée cette année à Québec que ce concept d’œuvres qui interagissant avec la Ville, en des lieux impromptus parfois, toujours pour notre plus grande surprise.

Première étape pour les repérer : se munir d’une carte! Pour se faire, visitez le site www.passagesinsolites.com

Deuxième étape, découvrez! Bonne manière de profiter du beau temps, une véritable chasse aux trésors présentée par EX-MURO.

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Jardins électroniques, par Rosemarie Faille-Faubert et Victor Gounel.

Petit bémol : quelques œuvres ne sont visibles que de soir. C’est le cas d’Agora, d’Isabelle Hayeur (#6) puisqu’il s’agit de projections. J’ai cru comprendre également que Solitaire, l’église imaginée par Diane Landry et Francis Labissonnière (#4) est éclairée de soir, possible mise en valeur à voir.

Mon installation préférée? La dernière du parcours, intitulée Quiproquo monumental, de Francis Montillaud. Il prend d’assaut, c’est le cas de le dire, le Parc Petit Champlain, avec ses œuvres s’inspirant du monument type, c’est-à-dire de bustes, de statues, de socles et leur donne une tournure humoristique avec des jeux de mots bien réfléchis.

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Sauve qui peut par Francis Montillaud

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Sauve qui peut par Francis Montillaud

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Perdre la tête par Francis Montillaud

Par exemple, perdre la tête où un général, un commandant, à genoux, tient sa tête et la position de son corps indique qu’il la «regarde». De quoi laisser perplexe, intriguée et impressionnée par cet amalgame grandeur nature.

Les 12 œuvres seront en place jusqu’au 2 novembre, ce qui vous laisse amplement le temps d’aller les contempler, tout en explorant la ville d’un point de vue différent, artistique et novateur. Une escapade bien amenée pour réinventer les parcours déjà connus et souvent visités!

Bon temps estival,

NADIA

Floraison d’expositions.

8 Mai

Au printemps, il n’y a pas que les arbres qui sont en fleur, mais la programmation artistique aussi. Elle nous apporte bon nombre de surprises, de découvertes, qu’il vaut la peine de surveiller attentivement.

Beau temps, mauvais temps, quoi de mieux que de se balader dans St-Roch et s’arrêter pour voir quelques expositions? Mes suggestions juste ici.

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L’étendue de mes connaissancesJacinthe Robillard, jusqu’au 24 mai

Au début, on croit voir une série de portraits habituelle. Cependant, à la lecture du descriptif de l’expo, on comprend qu’il s’agit des proches et des connaissances de l’artiste photographiés individuellement dans le but de faire ressortir une certaine authenticité.

Chacun d’entre eux s’est prêté à l’exercice suivant : tenter de comprendre un tableau d’instructions pour la création d’une grue en papier, figure de proue de l’origami. Les participants en oublient vite la caméra, dans ce travail de contemplation et de compréhension, si bien que leurs traits de personnalité ressortent rapidement : patience, doute, détermination, etc.

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crédit photo: Jacinthe Robillard

Les photos ont été prises dans un environnement neutre, elles n’ont rien d’exceptionnelles si ce n’est que les différentes expressions dessinées sur le visage des sujets. Le concept en soi est charmant, sans plus.

The force of what lives us outliving the mountainSteven Beckly, jusqu’au 24 mai

L’artiste travaille à partir de photographies anciennes, desquelles il fait ressortir le côté ambigu des relations représentées. On en ressent son interrogation sur les normes culturelles relatives à la proximité, l’intimité. Les sujets y sont de même sexe, souvent enlacés, rapprochés. Plusieurs questions nous viennent à l’esprit à la vue de ces images : Quelles relations entretiennent ces gens? Quels liens les unissent? Sont-ils frères, sœurs, amis, amoureux? Dans quel contexte ces photos ont-elles été prises?

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crédit photo: Steven Beckly

J’ai particulièrement aimé le design de l’exposition; à l’entrée, à gauche, une multitude de cadres photo en papier, finement épinglés, dont on imagine les photos disparues. Au centre, les photographies anciennes qui suscitent une certaine perplexité. Un questionnement. On souhaite en savoir davantage sur ces gens effacés par le temps. À droite de la salle, des papiers calque épinglés où sont retracés les notes de l’endos des photos présentées. Des dates, des petits mots, des noms. Bref, une exposition empreinte d’une minutie évidente, où s’entrecroisent des histoires incomplètes.

ENGRAMME

ROC Marlène Renaud-B., jusqu’au 7 juin.

Installation impressionnante que nous propose Marlène Renaud-B, où l’on peut admirer de nombreuses impressions à l’encre sur papier de disques de roc, résultats des mécanismes d’installation sonore installés dans la salle, qui permettent aux visiteurs, à l’aide d’une pédale, de graver le disque grâce à un dispositif semblable à un gramophone et d’en entendre le son produit. Une interprétation de la gravure unique et inventive, une installation interactive qui plaira assurément.

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crédit photo: Marlène Renaud-B.

Bonne découverte artistique,

NADIA

Sophie Calle au MAC

29 Avr

Que son nom affiché me faisait rêver. Je mourais d’envie de voir l’une de ses expositions, puisqu’au baccalauréat nous avions détaillé les méandres de son parcours artistique. Je reluquais le descriptif sur le site internet du Musée; je savais déjà que j’allais aimer.

Et pourtant. La renommée de l’artiste française n’est plus à faire, mais je n’ai pas su être charmée autant que je l’aurais souhaité. Je vous explique.

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Crédit photo: Sophie Calle

Les deux parties de l’exposition ont un potentiel incroyable.

Dans la première partie, Sophie Calle rencontre des habitants d’Istanbul, devenus aveugles, et leur demande de lui raconter la dernière image dont ils se souviennent. Leurs histoires empreintes d’une authenticité, d’une fatalité touchante, ne peuvent nous laisser indifférents. Chaque détail compte dans des récits comme ceux-ci. Une seconde de moins, de plus, peut-être auraient-ils encore la vue. Et si leurs choix de vie avaient été différents? Certains ont perdu ce sens du jour au lendemain. Les histoires m’ont accroché, peut-être même un peu écorché. Sans doute parce qu’elles représentent l’une de mes plus grandes peurs. Imaginez un instant.

Cependant, les photos m’ont laissé insensible. Leur inconstance, tant au niveau du format qu’au niveau du rendu, me déplaisaient. Sauf une. Un homme d’une soixantaine d’années dont elle a fait le portrait en deux temps. L’un de profil, la mer en arrière-plan, une force tranquille s’en dégageant. L’autre, de profil toujours, la tête vers l’arrière, les yeux fermés. Le même fond bleuté. Un état de bien-être, serein, presque parfait.

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Crédit photo: Sophie Calle

Dans la deuxième partie, Voir la mer, Sophie présente l’étendue bleue à des Istanbuliotes qui ne l’avaient jamais vue. Étonnant, puisque la ville en est entourée. Lorsque nous entrons dans la salle, sur plusieurs écrans sont projetés les vidéos de gens devant la mer, silencieux, la contemplant. Peu à peu, chacun d’eux se retourne, regard ému. Le son des vagues est parfait, il ajoute en intensité à la scène qui se déroule devant nos yeux. Le problème? D’écran en écran, les couleurs varient, certaines sont plus saturées, éclatantes, alors que d’autres frôlent le noir et blanc. L’uniformité est absente également au niveau du cadrage; parfois serré autour du sujet, parfois plus ouvert, panoramique.

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Voir la mer (détails), 2011 Installation vidéographique © ADAGP, Paris 2014

La négligence des détails techniques nous saute aux yeux, si bien qu’il est difficile, à mon avis, de se concentrer uniquement sur le sujet. Le musée aurait dû prêter attention à ce que le rendu soit digne de la renommée de l’artiste et de l’institution où elle est présentée. S’il y a bien un moment où ils se doivent d’être pointilleux, c’est lors de la finition.

Je vous laisse cependant en juger par vous-même, l’exposition se termine le 10 mai!

Artistiquement vôtre,

NADIA

L’art du papier

28 Mar

Plutôt méconnu du grand public, cet art fragile et délicat a suscité mon intérêt l’an passé au Symposium de Baie St-Paul, alors que Myriam Dion peaufinait minutieusement son travail devant les visiteurs attentifs et impressionnés. J’avais déjà entrevu de ses œuvres, mais mon admiration était d’autant plus grande lorsque je voyais l’étendue des heures de travail dans le transparent bout de papier qui était déposé devant moi, heures transposées en de petites ouvertures qui créaient un motif hallucinant.

Myriam nous expliquait qu’en ce monde où le stress est omniprésent, dans cette société qui ne sait s’arrêter un moment, elle avait eu le besoin tout stopper. De s’appliquer, de passer de longues heures à travailler le papier. Il s’agissait presque d’une méditation forcée, un espace-temps où réfléchir, où être tout simplement, comme nous oublions si souvent de le faire. De se le permettre.

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Crédit photo: Myriam Dion

Lorsqu’une page de journal l’intéressait, par son visuel ou son fait d’actualité, elle la prenait, sachant qu’elle la ferait devenir autre chose plus tard : en souligner la typographie, en intégrer les signes et les lettres à de nouveaux motifs qu’elle créerait, en préciser les détails… Comme nous pouvons le lire dans son CV, Myriam « ajoure, magnifie et fragilise ». Apposer une certaine lenteur, sacrifier de son temps pour en investir l’œuvre, tout en rappelant l’utilité des travaux manuels, tel est son but. À cet historique visuel qui est sien, se trace le lien avec l’ornementation si primée de jadis.

Nous absorbons mieux la lourdeur du monde qui nous entoure à la simple contemplation de l’une de ses pièces. La répétition certaine de la délicatesse par excellence, le produit de la minutie inventive. Un lieu uniquement visuel où se reposer.

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Further North, Elise Wehle

En va de même pour la talentueuse Elise Wehle, dont le travail est né d’un amour pour le papier et d’une haine du numérique. Elle innove à partir de dessins et de photographies pour en faire de nouveaux horizons en découpant de fines lignes et en insérant diverses formes. Cette démarche artistique lui rappelle que tout n’est pas aussi instantané qu’un clic de souris, comme nous pouvons le lire sur son site.

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Figments, Elise Wehle

Le temps est une matière précieuse et ces deux artistes se donnent la peine de nous le faire découvrir de nouveau. Ou de nous le remémorer, du moins. Un exercice auquel nous devrions nous livrer pour retrouver la quiétude et un brin de patience, non?

NADIA

Le printemps, Saison Photo au MNBAQ

23 Fév

Mesdames et messieurs, j’ai nommé : la tant attendue Saison Photo du Musée national des beaux-arts du Québec! Ce 19 février dernier, elle a pris place dans l’enceinte muséale renommée et y demeura jusqu’en mai pour le plaisir de vos yeux.

Enfin, il n’est plus question d’une longue lignée de tableaux modernes (quelque peu ennuyeux à la longue, tenons-nous-le pour dit), mais de trois expositions de photographie qui sauront, je le crois, intéresser autant les néophytes du medium que les fervents connaisseurs.

INCARNATIONS photographies de la collection du MNBAQ de 1990 à aujourd’hui

Puisque nous ne possédons pas de musée d’art contemporain à Québec, une salle consacrée à des œuvres récentes est plus que bienvenue. D’autant plus que la thématique accrocheuse, le corps, nous interpelle tous et chacun. Ce corps affecté par les changements constants, mais imperceptibles au quotidien. Les marques du temps, de la vie. Une exposition qui à mon sens fait frémir, réfléchir et réagir. Par rapport à soi-même surtout, mais aussi à notre entourage. À notre conception de tous ces êtres humains et leur histoire. Ces œuvres nous poussent à réfléchir à la société dans laquelle nous nous trouvons, à cette époque des ego portraits (selfie), où l’égocentrisme est à l’honneur. Comment nous percevons-nous? Comment nous modifions-nous pour donner la meilleure image de soi? Retouchée. Possiblement inauthentique. De plus en plus parfaite. Perfection instaurée par les critères de beauté de la société, il va de soi. Une société à notre image, c’est le cas de le dire. Allons-nous trop loin?  Je souligne l’initiative du Musée d’enfin dédier une salle à sa propre collection pour nous faire découvrir de ses acquisitions. Combien de magnifiques œuvres dorment dans les sous-sols? Nous en voyons resurgir sur les murs des différents étages de l’établissement, mais il est rare qu’on les exploite à leur plein potentiel, à l’intérieur d’une salle immaculée, au même titre que les célèbres Riopelle. Bref, je dis oui, à voir absolument !

BRYAN ADAMS S’EXPOSE

LE fameux, le seul, l’unique Bryyyyyan Adams. Oui, oui, le chanteur. Vous en avez sans doute allègrement entendu parler, eh bien, ses nombreux portraits de stars ornent les murs d’une salle complète. Plus de cent photographies des plus connus : Amy Winehouse, Kate Moss, Mick Jagger, etc. Oui, il a l’œil. Technique irréprochable. Cependant, est-ce différent des portraits habituels? Pas tellement. Ça frôle parfois même le kitsch (Victoria Beckam sur un vélo, cigarette à la bouche, jambes infinies dénudées).

Heureusement, en contraste avec cette idée vue et revue, s’amène la deuxième partie de l’exposition, une autre série de portraits, mais cette fois-ci ayant comme thème les mutilés de la guerre d’Afghanistan. Nul besoin de mentionner la lourdeur des images produites, frappantes et touchantes de vérité. Plus humaines et moins déconnectées de la réalité que savent l’être les reproductions du monde des stars, où faste et prétention se côtoient. On en retient davantage le sacrifice, l’humilité, sans toutefois nécessairement comprendre le destin de ces hommes. Un style épuré, adéquat, mettant l’accent sur ce qui ne relève pas toujours du beau, mais du vrai.

1950 Le Québec de la photojournaliste américaine Lida Moser

Lida Moser, jeune photographe venue des Etats-Unis, parcours la province de Québec dans les années 50. En résulte bon nombre de photographies noir et blanc de paysages ruraux et urbains, le récit en images des habitants qu’elle y rencontre, le tout saisit avec un œil délicat, attentif. Un Québec d’après-guerre, l’étoffe visuelle finement tissée autour de sa société et des changements qu’elle a subie. J’en ai apprécié l’aspect humain, le fait qu’on soit toujours intéressé par ce qui nous a précédé. Un passé superbe, touchant, facilement en comparaison avec aujourd’hui.

Laquelle de ses expositions vous interpelle le plus?

NADIA

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