Tag Archives: long-métrage

Intimidation 2.0

17 Oct

Fini le temps où tu pouvais avoir un peu de répit une fois rendu à la maison, les mots qui blessent te suivent à toute heure du jour ou de la nuit, au son des notifications de ton téléphone, bien au-delà des murs de l’école.

Multipliés par les Facebook, Instagram et Snapchat de ce monde, ça en devient complètement obsédant. Laissant une trace sur le Web en plus de celles qui écorchent l’âme.

Je suis sortie assez troublée de la projection du film 1:54 de Yan England la semaine dernière. Ouf, me suis-je dit, quel soulagement de ne pas avoir vécu le secondaire à l’ère des réseaux sociaux!

Dès les premières secondes du film, on est transporté à l’époque de l’adolescence avec le plan des autobus jaunes en file indienne, une image tellement forte. Sauf que dans mon cas, ce sont de beaux souvenirs qui refont surface.

C’est l’histoire de deux amis, isolés, qui subissent les railleries d’une gang populaire de l’école depuis plusieurs années, constamment aux aguets d’être victime d’une «joke» comme le mentionnera l’un des intimidateurs à la fin du film. On comprend rapidement qu’au-delà de l’amitié, c’est une histoire d’amour entre les deux jeunes hommes qui tourne rapidement en tragédie. Et puis la course devient une façon de se venger, une façon d’oublier et de retrouver une certaine paix. Alors qu’on croit que tout ira pour le mieux, le partage d’une vidéo sur les réseaux sociaux donnera le coup fatal, sera la «blague» de trop. On est aussi confronté à la triste réalité d’un père et d’un coach qui veulent aider mais qui sont au bout du compte bien impuissants face au désespoir et à l’angoisse causés par la cyberintimidation.

Le jeu des acteurs Antoine Olivier Pilon, Lou-Pascale Tremblay et Robert Naylor est tellement juste et vrai. On est d’ailleurs loin du stéréotype de l’homosexuel efféminé, le film nous présentant des personnages beaucoup plus près de la réalité.

Le film est difficile, percutant, mais nécessaire. On a envie de dire au personnage principal de ne pas lâcher, d’attendre quelques années et que tout finira par rentrer dans l’ordre. Sauf que pour un adolescent, c’est son monde qui s’écroule. Et ce, devant un public qui ne se gêne pas pour en rajouter à coup de commentaires violents.

Bon visionnement, bonne réflexion!

Michèle

Louis Cyr, l’homme le plus fort du monde: un film qui soulève les foules !

20 Juil

ImageSur nos écrans depuis le 12 juillet dernier, le film Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde, du réalisateur Daniel Roby (Funkytown) se hisse au sommet de sa force ! Avec un budget de plus de 8 millions $, le long métrage sur la figure légendaire de notre patrimoine national est un véritable bijou québécois.

 «Gagner le salaire de 2, travailler pour 3 et manger pour 10.»

 La barre était haute lourde pour rendre justice aux exploits incroyables de ce Samson. Le spectateur ne peut qu’être propulsé dans cet univers inconnu d’hommes forts où l’on embarque vraiment rapidement. On force et on grimace avec l’acteur principal du film, Antoine Bertrand, à chaque instant (regarder vos voisins de siège dans la salle se plisser le front et les lèvres par empathie).

 Le récit se concentre sur les exploits du phénomène de force, Louis Cyr, en retraçant les différentes époques de sa carrière. Quitter le Massachussetts, s’arrêter à Montréal, s’installer à St-Jean-de Matha et tenter l’Europe. Gravitent à ses cotés, sa jolie femme Mélina (Rose-Maïté Erkoreka) et son fidèle protégé Horace Barré (Guillaume Cyr).

Le réalisateur et les scénaristes ont choisi d’exploiter les différentes facettes de l’homme fort, qui était avant tout un homme avec ses forces (!) et ses faiblesses. À une époque où les journalistes n’avaient que crayon à mine et calepin comme outils de travail, lancer une carrière demandait beaucoup de fougue et de bons contacts.

La période historique est bien dépeinte à travers la scénographie, les costumes et le son saccadé du violoncelle de Jorane, qui a composé la musique à saveur traditionnellement québécoise pour le film. Charmant, approprié, enlevant.

 Antoine Bertrand (C.A, Les enfants de la télé), véritable poids lourd du film et de sa génération d’acteurs, nous offre une performance remplie de nuances, mais surtout de vérité. «People want the truth», dit Louis Cyr dans le film. Une interprétation vraie et touchante. Certaines scènes (comme celle avec le tirage des chevaux) donnent froid dans le dos.

 Guillaume Cyr (La Galère), campe avec brio, le protégé et fidèle ami de Cyr, Horace Barré. Un colosse qui possède lui aussi beaucoup de force, mais moins de cœur et de colonne que son mentor. L’histoire du film se vit à travers sa narration.

Rose-Maïté Erkoreka (Une grenade avec ça) nous offre une livraison exceptionnelle de la femme dévouée et aimante de l’homme fort. À travers ses yeux et son regard, elle nous fait vivre chaque moment, bon ou moins bon, du couple.

On peut également apprécier les présences des comédiens chevronnés Gilbert Sicotte (Fortier) & Gil Bellows (Ally McBeal), deux businessmen, également promoteurs de l’homme aux records incontestés et incontestables.

 «Il ne savait pas écrire, mais il venait de réécrire l’histoire avec ses records.»

 Le film ne nous épargne pas les déceptions et les trahisons de ce business, proche cousin du cirque. «Réconfort» n’enveloppe pas toujours «fort»…L’orgueil et la vulnérabilité de Louis Cyr se manifestent à travers son analphabétisme et son manque de culture.  Au final, on réalise que c’est sa grande force de caractère qui lui permet d’accéder à cette incroyable force physique.

 Fait cocasse : le film aurait dû s’appeler «Cyprien-Noé Cyr : l’homme le plus fort au monde…» puisqu’il s’agit du vrai prénom de la légende.

 Je vous mets au défi d’aller voir ce film au cinéma.

Et sachez que les hommes forts comme Louis Cyr ne refusent jamais aucun défi…

 It’s a wrap ! JP.

%d blogueurs aiment cette page :