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Les Ossements du Connemara : humour grinçant à l’os.

18 Nov

Pour le mois des morts, le Théâtre Prospero nous invite dans un décor poussiéreux où soupçons et boissons tiennent les rôles principaux. Direction Connemara, en Irlande.

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Crédit photo: Pierre Charbonneau

 

Ce qu’on a envie de faire après la pièce:

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8 > 26 NOV. 2016

LES OSSEMENTS DU CONNEMARA DE MARTIN McDONAGH

Traduction Marc-André Thibault

Mise en scène Sébastien Gauthier

Production THÉÂTRE BISTOURI

Avec Danielle Proulx, Pierre-Luc Brillant, Hugo Giroux & Marc-André Thibault

REMUER LA TERRE…ET DES SECRETS AMERS

Mick Dowd (Hugo Giroux) est employé pour exhumer des squelettes dans un cimetière surpeuplé. Sauf que ce soir-là, il doit déterrer sa femme morte il y a sept ans dans l’automobile qu’il conduisait ivre. Était-ce vraiment un accident? Quelle sera la réaction de Dowd lorsque sa pelle rencontrera les ossements de sa douce?

L’auteur Martin McDonagh, également réalisateur des films In Bruges et Seven Psychopaths (je le soupçonne d’ailleurs d’aimer le jeu de Colin Farrell), a créé ce thriller incisif qui nous amène au coeur des rumeurs de la communauté, d’un prêtre qui s’appelle Welsh ou Walsh, des parties de Bingo de Mary Rafferty (Danielle Proulx), du policier aspirant Colombo Thomas (Pierre-Luc Brillant) et du niais Martin (Marc-André Thibault).

Le décor crée une ambiance tout à fait désespérée dans laquelle la mort prédomine. Les comédiens chevronnés défendent leur personnage avec justesse, mais Marc-André Thibault est celui qui réussit à créer un lien entre les spectateurs et la pièce.

Malgré des répliques assassines et des questions existentielles (« Où vont les pénis des cadavres? »), l’intrigue plutôt mince prend du temps à réellement prendre forme. L’ambiance irlandaise et le parler québécois réussissent difficilement à coexister par moment.

Somme toute, la production du Théâtre Bistouri nous offre une bonne dose d’humour noir, une utilisation audacieuse de crânes et des dialogues d’une grande véracité.

« Bob Barker, y sacrait pas lui. »

 

Bon théâtre!

Jani

 

 

 

 

 

Une chance qu’on n’a pas d’enfants.

26 Mar
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Crédit photo: Google Image

AVERTISSEMENT

Ce billet peut contenir un manque d’objectivité et s’adresse à des lecteurs de tous âges. Ce texte a été écrit avec un grand amour et une admiration profonde pour la comédienne Sophie Cadieux. L’opinion d’un tiers est recommandée.

LA QUESTION QUI TUE

En ces temps d’austérité, d’incertitude politique et de changements climatiques, est-ce vraiment une bonne idée de mettre quelqu’un au monde?

NOTRE CRITIQUE EN UN GIF

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DES ARBRES

Texte : Duncan MacMillan

Traduction : Benjamin Pradet

Mise en scène : Benoît Vermeulen

Assistance à la mise en scène: Ariane Lamarre

Avec:  Sophie Cadieux et Maxime Denommée

Théâtre La Licorne

Durée: 1 h 25

Est-ce que tout le monde a le droit de faire des bébés ?

C’est bien de se poser des questions. D’être conscient. De s’informer. De douter. On veut être « des bonnes personnes », on veut croire qu’on est « des bonnes personnes ». Mais est-ce qu’il ne faut pas savoir trouver un équilibre entre conscience et inconscience si on veut rester bien ?

Mettre un enfant au monde : un cadeau empoisonné ?

Au moment où le bruit des applaudissements s’éteint et que les lumières se rallument, on ne réussit pas à tirer une seule conclusion de cette pièce. Un peu comme dans la vie. Un mélange de beauté, de tristesse, d’abandon, de questionnements, de colère. La vie, la mort, pis toute ça.

En rafale

Le texte ?

Des pensées qui se bousculent et ne se taisent jamais. Le reflet de toute une génération.

La mise en scène ?

Des sauts temporels, mais d’une simplicité désarmante. On peut imaginer, on peut visualiser, on peut se projeter, selon chacune de nos réalités.

Les comédiens ?

Une symbiose. Naturels, justes, complices, magnifiquement touchants. (Relire notre avertissement au tout début) La tendresse dans la tension. L’engagement dans l’abandon.

Le rythme ?

Un débit rapide. Le couple traverse, sous nos yeux humides de larmes et de rires, toutes les étapes de la parentalité, jusqu’à ce que le temps, la vieillesse et enfin, la mort les rattrapent. Une finale qui rappelle d’ailleurs celle de la série Six Feet Under.

Les référents culturels ?

Attendre et espérer les circonstances parfaites. Reprocher à son chum d’avoir toujours besoin de consignes.  

Les phrases punchs ?

« Chaque fois que j’me suis imaginé avoir un bébé, le père était toujours un homme flou, en background. »

« On dirait que tu viens de me donner un coup de poing et que tu me pose une question de calcul mental pendant que je suis encore à terre. »

« Si tu te préoccupes vraiment de l’avenir de l’humanité, bein suicide-toi. »

« Ouin, j’suis menstruée. Mais ça veut pas dire que j’ai pas raison. »

« J’ai besoin de pleurer comme un bébé ou rire comme une folle. »

Planter des arbres pour aider à faire respirer la planète

Des arbres, c’est avant tout une histoire drôle et attachante. Le texte de Duncan Macmillan aborde la question de la responsabilité sociale et aussi celle d’une relation amoureuse entre deux personnes, imparfaites bien sûr. Mais profondément humaines.

J & O

Raconter l’ignorance : Les Laissés Pour Contes 2016

20 Fév

LAISSÉ-POUR-COMPTE : personne ou chose qui a été laissée de côté ou abandonnée ou marginalisée

IGNORANCE : décalage entre la réalité et une perception de cette réalité, décalage qui est la conséquence d’une croyance, d’un préjugé, d’une illusion ou d’un fait avéré de ne pas savoir

La semaine dernière, j’ai eu la chance d’avoir une entrevue avec la comédienne Jani Pronovost et le comédien et auteur Alexandre Dubois. Mercredi dernier, j’ai enfin pu assister à la pièce Les Laissés Pour Contes.

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La comédienne Jani Pronovost dans Le mal des transports, texte de Juliana Léveillé-Trudel (©PHOTOGRAPHIE: Jules Bédard)

Pour leur quatrième édition, Les Laissés Pour Contes ressortent l’ignorance de l’ombre et choisissent de lui prêter une voix – ou plutôt six voix – dans l’espoir d’offrir un peu de compassion et beaucoup d’écoute à cette faille humaine laissée-pour-compte.

LES LAISSÉS POUR CONTES

  • Mise en scène : Patrick Renaud
  • Interprétation : Alexandre Dubois, Danielle Fichaud, Alphé Gagné, Audrey Rancourt-Lessard, Jani Pronovost, Brigitte Soucy
  • Textes : Jean-René Bérard, Pierre Chamberland, Pierre-Marc Drouin, Alexandre Dubois, Danielle Fichaud, Juliana Léveillé-Trudel
  • Coïncidences Productions

Pièce présentée au Théâtre La Chapelle du 17 au 21 février 2016

En six tableaux, on nous peint la souffrance de gens qui ignorent, volontairement ou non, leur situation ou celle de leurs proches ainsi que l’étendue des conséquences de leur aveuglement. On nous raconte, on nous confronte, on nous confie, mais on ne nous reproche rien. Le public tient le beau rôle ; celui de l’ami intime, du psychologue de confiance.

Dénouement bouleversant

À la fin de la soirée, on se remémore le thème – celui de l’ignorance – et on tente de récapituler. L’ignorance teinte bel et bien ces six histoires qui ont piqué notre curiosité, mais l’issue reste incertaine. À qui la faute? L’ignorant souffre-t-il autant que la personne qui en récolte les conséquences? On ne sait comment remettre les pièces en ordre, on se questionne et on s’aperçoit que la compassion est le premier pas à faire quand il s’agit de l’ignorance et de ses fléaux.

Ce sont ces questionnements amers et brûlants, mais aussi ces larmes de sympathie et de pitié que j’ai versées, ces moments de tendresse qui me restent à la suite de ces six contes urbains des Laissés Pour Contes.

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Le comédien Alphé Gagné dans Rose Nanane, texte de Pierre-Marc Drouin (©PHOTOGRAPHIE: Jules Bédard)

Précieuse union

Si la direction d’acteur est parfois un peu tournée vers le mélodrame, on assiste cependant à des moments extrêmement forts, extrêmement touchants, des moments qui nous laissent le temps et l’espace nécessaires pour pénétrer pleinement dans l’univers du personnage qui nous parle, qui nous avoue, qui nous raconte. Les comédiens Alphé Gagné et Jani Pronovost, qui interprètent respectivement Rose Nanane et Le mal des transports, parviennent à établir une connexion magique avec leur public. Dans l’assistance, on sent que tous retiennent leurs larmes devant tant de sensibilité et face à une simplicité chargée de vérité et d’émotions.

Bon théâtre !

Odile, xx

Les Laissés Pour Contes

13 Fév

« Vivre l’ignorance et vivre la honte qu’elle occasionne, ça arrive moins souvent lorsqu’on est seule. Ce sont des situations d’ego à ego. »
– Jani Pronovost

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La quatrième édition des Laissés Pour Contes

Depuis leur création en 2012, Les Laissés Pour Contes offrent une tribune à des créateurs émergents qui souhaitent explorer le conte urbain, le repenser, le remâcher, en étoffer les conventions théâtrales ou les abolir complètement pour générer un univers scénique plus riche, plus fertile. Les Laissés Pour Contes ne passent pas inaperçus dans le milieu théâtral et permettent aux auteurs, comédiens et concepteurs impliqués de bénéficier d’une visibilité et d’une reconnaissance sans cesse grandissantes auprès du public, toujours plus nombreux d’une édition à l’autre. Cette année, pour la première fois, un recueil rassemblant tous les textes de la quatrième édition est publié et sera disponible sur place, après les représentations.

C’est sur le thème de l’ignorance que Les Laissés Pour Contes se penchent cette année. L’ignorance est violence, l’ignorance nourrit nos peurs et alimente l’étroitesse de nos esprits. Mais l’ignorance peut aussi être douce et apaisante ; elle peut parfois nous sauver de la douleur et du ressentiment. Qu’on la subisse malgré nous ou qu’on la choisisse sciemment parce qu’elle nous accommode, nous donne du courage ou nous permet de fuir, l’ignorance nous accompagne, nous suit telle une ombre. Elle influence nos choix et nos comportements, notre vie et celle des autres, se propageant, imperceptiblement, à l’insu de tous.

Encore une fois, Les Laissés Pour Contes s’entourent d’une équipe d’artisans de talent, dont la comédienne Jani Pronovost et l’auteur et comédien Alexandre Dubois que j’ai eu la chance de rencontrer.

LES LAISSÉS POUR CONTES

  • Mise en scène : Patrick Renaud
  • Interprétation : Alexandre Dubois, Danielle Fichaud, Alphé Gagné, Audrey Rancourt-Lessard, Jani Pronovost, Brigitte Soucy
  • Textes : Jean-René Bérard, Pierre Chamberland, Pierre-Marc Drouin, Alexandre Dubois, Danielle Fichaud, Juliana Léveillé-Trudel
  • Coïncidences Productions

Pièce présentée au Théâtre La Chapelle du 17 au 21 février 2016.

Comment aborder l’ignorance?

Pour s’attaquer à un sujet aussi musclé, pour aborder une caractéristique humaine qui nous semble aussi déplorable, faut-il prendre des pincettes? Est-ce faire preuve d’ignorance que de vouloir embrasser toute l’étendue de l’ignorance dans une pièce de théâtre? Ce qui semble être un terrain glissant est en fait un terrain très stable grâce au format du conte. En effet, comme le souligne Jani Pronovost, « on nous sert l’ignorance en six tableaux distincts, dans plusieurs de ses déclinaisons possibles. Le but n’est pas de faire le procès de situations ou de gens en particulier, mais plutôt de peindre une vue d’ensemble. » Les Laissés Pour Contes n’aspirent pas à faire du théâtre de prévention ni du théâtre militant, mais cherchent à renouveler le plaisir de raconter.

« La peur. Il y a quelque chose dans l’ignorance qui fait peur », confie Alexandre Dubois. « Jusqu’où est-ce qu’elle peut nous mener? Je me suis aperçu que tous les auteurs des Laissés Pour Contes, incluant moi, sont allés du côté de la violence et de toutes les formes qu’elle peut prendre. C’est la crainte face à ce que l’ignorance peut engendrer que l’on met surtout de l’avant. »

Alexandre Dubois-©Nathalie St-Pierre

©PHOTOGRAPHIE : Nathalie St-Pierre

Là où l’ego est provoqué

Alexandre poursuit en parlant du danger que représente l’inconscience de l’ignorance et des situations qu’elle occasionne. « On assiste malheureusement trop souvent à des situations où la curiosité n’est plus de mise, mais où c’est la démonstration du savoir qui prime. Ce sont pour moi des situations où l’ignorance est dominante, des situations malsaines et très inconfortables. Personnellement, quand je suis dans des situations où je sens que j’en sais moins, je me sens comme si on attaquait mon ego. Je regrette mon ignorance. Par contre, je suis fier lorsque j’en sais plus long qu’un autre », admet-il humblement, à titre d’exemple.

« Personne ne veut avoir l’air ignorant », remarque Jani avec humour. « C’est une réaction, un comportement psychologique profond et collectif, en quelque sorte. C’est un comportement qui implique d’autres personnes. Vivre l’ignorance et vivre la honte qu’elle occasionne, ça arrive moins souvent lorsqu’on est seule. Ce sont des situations d’ego à ego. »

La conscience de l’ignorance comme responsabilité

La comédienne Jani Pronovost interprétera le texte Le mal des transports de Juliana Léveillé-Trudel. « Dans le texte que je joue, l’ignorance prend la forme d’un choix. La masse choisit d’ignorer ce qu’elle voit parce que le contraire impliquerait une intervention et une prise de position. C’est le choix le plus facile, mais c’est aussi une forme de protection. Dans ce cas-ci, l’effet de groupe est plus fort que la volonté individuelle : la raison pour laquelle personne ne se sent impliqué, c’est parce que tout le monde choisit de détourner le regard. Le texte ne traite pas de l’ignorance dans le sens de ne pas savoir quelque chose ; il parle de l’acte volontaire d’ignorer », explique la comédienne.

De son côté, l’auteur et comédien Alexandre Dubois prête sa voix à ses propres mots ; il jouera Conseil d’ami. « Le texte que j’ai écrit est fortement inspiré de beaucoup de conseils que j’ai reçus. En fait, ce ne sont pas vraiment des conseils… C’est un comédien qui essaie de décourager sa bonne amie qui veut, elle aussi, être actrice. Par jalousie et sous prétexte qu’il connaît bien le métier – alors qu’il n’y a jamais eu accès, il démolit les rêves de son amie et se lance dans de grandes théories sur le jeu d’acteur. Probablement blessé par des commentaires qu’il a reçus et qu’il n’a pas su gérer, il est devenu amer. »

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©PHOTOGRAPHIE : Julie Beauchemin

L’essence du conte

La simplicité est belle et très appropriée au format du conte, comme me le fait remarquer Jani : « Lors des premières répétitions avec Patrick Renaud [le metteur en scène], on cherchait l’artifice et la complexité, mais ensemble, on s’est aperçu qu’il fallait seulement garder l’essentiel. C’est une fille qui s’assoit et qui raconte quelque chose. C’est le conte dans sa forme la plus simple et la plus pure. On n’a pas besoin d’enrobage, juste du noyau. C’est une forme à laquelle on n’est pas habitué au théâtre ces temps-ci et ça rend le tout encore plus intéressant, selon moi. »

Pour sa part, Alexandre confie une inquiétude qu’il a ressenti lors d’une répétition : « Quand j’ai vu le premier enchaînement, j’ai eu un peu peur. J’avais l’impression que mon texte n’aurait pas dû être choisi. Je trouvais les autres textes violents, bouleversants et choquants, alors que le mien est beaucoup plus humoristique. J’étais très affecté par les histoires des autres que j’entendais et voyais pour la première fois, mais je devais quand même monter sur la scène et jouer le rigolo. C’était difficile, mais Patrick Renaud m’a assuré que mon texte ne détonnait pas, pas d’une mauvaise manière en tout cas. L’humour y est noir et les paroles y sont violentes. Au final, c’est exactement ce qu’on cherche : un gars tellement ignorant qu’il en est insensible aux histoires des autres. Un gars complètement inconscient de ce qui arrive aux autres. »

Le conte urbain

« Le format du spectacle est, je crois, accessible à tous parce qu’on raconte des histoires, mais aussi parce qu’il correspond à la manière dont on consomme les choses aujourd’hui : spontané, court et concis, précise Jani. C’est devenu tellement difficile d’asseoir quelqu’un devant un film ou une pièce pour trois heures d’affilée, alors je crois que notre spectacle répond bien aux besoins et aux demandes du moment. »

Le spectateur traversera une succession d’univers singuliers où on lui exposera la détresse engendrée par l’ignorance. Ayant déjà vécu ce qu’ils relatent, les personnages sont détachés de leurs histoires. Libérés de la lourdeur de l’affect, ils partagent leurs réflexions. Le spectateur peut ainsi établir des liens par lui-même et tirer ses propres conclusions, sans que ceux-ci ne lui soient suggérés par une quelconque morale.

Les mots résonnent d’eux-mêmes.

On se voit le 17 février à La Chapelle?

xx

Odile

Oscars 2014 : Aucune surprise, quelques moments touchants… et beaucoup de tweets!

3 Mar

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«And the oscar goes to…»

Cinq petits mots qui précèdent si bien nos noms, lorsque nous sommes plus jeunes et rêveurs. Je le sais, j’ai pratiqué souvent. J’ai même une fausse statuette dorée pour le prouver. On parle quand même ici d’un des événements les plus prestigieux d’Hollywood : un tapis rouge, des bijoux précieux, des légendes du cinéma, des kodaks par milliers…n’oublie pas ton petit soulier!

Les films sont universels. Ils sont rassembleurs. Ils sont porteurs de messages. Ils sont à l’image de notre génération. Et clairement, la tendance de notre génération est au réel. Quand la réalité dépasse la fiction, littéralement. La majorité des films en lice sont inspirés de faits vécus, 12 Years a Slave, Dallas Buyers Club, Philomena, NebraskaNous sommes dans l’ère du réel. Nous voulons de l’authenticité. De la «vraie vie». (Cela veut aussi dire parfois, à l’ère des remakes, à l’ère où il est inutile de pousser l’imaginaire encore plus loin, encore plus haut…)

Émotions

Normal alors, que les moments les plus touchants et forts d’une telle soirée soient les speechs des vainqueurs.  Ces segments sont les plus spontanés et expressifs de la soirée, à l’image contraire des visages plastico-platrés des vedettes souhaitant à tout prix défier les effets du temps. Jared Leto, Lupita Nyong’o, Matthew McConaughey ont bien retenu notre attention après avoir monté sur les marches pour recueillir leur trophée.  Car mis à part ces moments touchants, les selfies des vedettes, la prestation contagieuse de Pharrell ou la commande de pizza d’Ellen DeGeneres, l’animatrice de la soirée, il n’y a eu aucune surprise quant au contenu des enveloppes.

Les artisans de Gravity retournent à la maison avec la majorité des statuettes techniques, ainsi que celle du meilleur réalisateur, décernée à Alfonso Cuaron. Dallas Buyers Club s’est illustré avec ses costumes et ses maquillages, ainsi qu’avec ses performances d’acteurs. Il devait y avoir un méchant bon réalisateur à la barre de ce film pour les diriger, n’est-ce pas ? 12 Years a Slave n’a rien à envier à personne, puisque le film repart avec le grand titre convoité du meilleur film de l’année et ajoute son nom parmi Gladiator, American Beauty, Schindler’s List, Braveheart, Forrest Gump, The Departed…

 

La soirée dorée en rafale :

  • L’humour de malaise d’Ellen DeGeneres. «It’s going to be an exciting night. Anything can happen, so many different possibilities. Possibility No. 1: 12 Years a Slave wins best picture. Possibility No. 2: You’re all racists. And now please welcome our first white presenter…»
  • Nous avons eu droit à un monologue d’Ellen, mais où était le numéro d’ouverture? Si j’étais vous, membres de l’Académie, je lâcherais un petit coup de fil au duo des Satiriques
  • Une performance juste et touchante de Somewhere Over The Rainbow par la talentueuse et athlétique Pink.
  • Le segment «In memoriam» où malheureusement, années après années, on reconnaît de plus en plus de visages…
  • Le conte de fée de Barkhad Abdi, en nomination pour le meilleur acteur de soutien, pour son rôle dans Captain Phillips
  • Oscar a encore échappé aux mains de Leonardo Dicaprio ! Soyons sans crainte, son tour viendra…
  • Où était Jack Nicholson avec ses lunettes fumées ?

Soyez pour ou soyez contre, mais je vous en prie, regardez les films avant de les juger.

Et mettez-vous au défi de consommer pleins de genres et de styles différents pour vous bâtir une solide opinion.

It’s a wrap.

JP

Louis Cyr, l’homme le plus fort du monde: un film qui soulève les foules !

20 Juil

ImageSur nos écrans depuis le 12 juillet dernier, le film Louis Cyr : l’homme le plus fort du monde, du réalisateur Daniel Roby (Funkytown) se hisse au sommet de sa force ! Avec un budget de plus de 8 millions $, le long métrage sur la figure légendaire de notre patrimoine national est un véritable bijou québécois.

 «Gagner le salaire de 2, travailler pour 3 et manger pour 10.»

 La barre était haute lourde pour rendre justice aux exploits incroyables de ce Samson. Le spectateur ne peut qu’être propulsé dans cet univers inconnu d’hommes forts où l’on embarque vraiment rapidement. On force et on grimace avec l’acteur principal du film, Antoine Bertrand, à chaque instant (regarder vos voisins de siège dans la salle se plisser le front et les lèvres par empathie).

 Le récit se concentre sur les exploits du phénomène de force, Louis Cyr, en retraçant les différentes époques de sa carrière. Quitter le Massachussetts, s’arrêter à Montréal, s’installer à St-Jean-de Matha et tenter l’Europe. Gravitent à ses cotés, sa jolie femme Mélina (Rose-Maïté Erkoreka) et son fidèle protégé Horace Barré (Guillaume Cyr).

Le réalisateur et les scénaristes ont choisi d’exploiter les différentes facettes de l’homme fort, qui était avant tout un homme avec ses forces (!) et ses faiblesses. À une époque où les journalistes n’avaient que crayon à mine et calepin comme outils de travail, lancer une carrière demandait beaucoup de fougue et de bons contacts.

La période historique est bien dépeinte à travers la scénographie, les costumes et le son saccadé du violoncelle de Jorane, qui a composé la musique à saveur traditionnellement québécoise pour le film. Charmant, approprié, enlevant.

 Antoine Bertrand (C.A, Les enfants de la télé), véritable poids lourd du film et de sa génération d’acteurs, nous offre une performance remplie de nuances, mais surtout de vérité. «People want the truth», dit Louis Cyr dans le film. Une interprétation vraie et touchante. Certaines scènes (comme celle avec le tirage des chevaux) donnent froid dans le dos.

 Guillaume Cyr (La Galère), campe avec brio, le protégé et fidèle ami de Cyr, Horace Barré. Un colosse qui possède lui aussi beaucoup de force, mais moins de cœur et de colonne que son mentor. L’histoire du film se vit à travers sa narration.

Rose-Maïté Erkoreka (Une grenade avec ça) nous offre une livraison exceptionnelle de la femme dévouée et aimante de l’homme fort. À travers ses yeux et son regard, elle nous fait vivre chaque moment, bon ou moins bon, du couple.

On peut également apprécier les présences des comédiens chevronnés Gilbert Sicotte (Fortier) & Gil Bellows (Ally McBeal), deux businessmen, également promoteurs de l’homme aux records incontestés et incontestables.

 «Il ne savait pas écrire, mais il venait de réécrire l’histoire avec ses records.»

 Le film ne nous épargne pas les déceptions et les trahisons de ce business, proche cousin du cirque. «Réconfort» n’enveloppe pas toujours «fort»…L’orgueil et la vulnérabilité de Louis Cyr se manifestent à travers son analphabétisme et son manque de culture.  Au final, on réalise que c’est sa grande force de caractère qui lui permet d’accéder à cette incroyable force physique.

 Fait cocasse : le film aurait dû s’appeler «Cyprien-Noé Cyr : l’homme le plus fort au monde…» puisqu’il s’agit du vrai prénom de la légende.

 Je vous mets au défi d’aller voir ce film au cinéma.

Et sachez que les hommes forts comme Louis Cyr ne refusent jamais aucun défi…

 It’s a wrap ! JP.

Man of Steel: Acier bon merci.

21 Juin

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Les attentes étaient élevées pour les instigateurs de ce long métrage au super budget (plus de 250 millions de dollars). On parle ici d’un personnage universelle, décortiqué de toutes les façons à travers les années: traits de crayon, série télévisée pour jeunes adolescents (coucou Smallville), longs métrages…Superman est un symbole culturel qui survit à toutes les générations, son immortalité transperce les écrans.

Zack Snyder (300, Watchmen) à la réalisation et ses alliés Christopher Nolan (Inception, la trilogie Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises) à la production et David S. Goyer (Blade, la trilogie Batman Begins, The Dark Knight, The Dark Knight Rises) à la scénarisation ont accepté le défi de surprendre les spectateurs avec une histoire qu’ils connaissent déjà.

«L’idée consistait à regarder le monde à travers les yeux de Superman, sentir ce qu’il ressent. C’était cela la «thèse» du film, son point de départ. Si on y arrivait, alors l’histoire de Superman correspondrait peut-être mieux à notre culture moderne. Je voulais aussi comprendre son «histoire d’amour» avec l’humanité. »

– Le cinéaste Zack Snyder

 En partant, il faut dire que Superman est un super film avec des super acteurs et des super effets spéciaux (et des supers sous).

Le film étale donc les origines de Superman aka Kal-El aka Clark Kent. Les premières scènes se déroulent sur Krypton, la planète d’origine de Superman sur le point de disparaître, jusqu’aux événements qui ont mené à l’envoi de Kal-El sur la planète Terre. Russell Crowe, impeccable dans le rôle de Jor-El, campe une des versions les plus «humaines» du père de l’homme d’acier.

Les séquences suivantes sont parsemées de sauts en arrière et en avant, où l’on assiste à plusieurs moments déterminants de la vie de Clark, notamment sa jeunesse sur la ferme des Kent, la découverte de ses pouvoirs, l’isolement qui en découle, sa rencontre avec Lois Lane… Pour enfin nous mener à la problématique principale: le général Zod, survivant de la planète Krypton, souhaite prendre possession de la terre et assurer la survie de son peuple, qu’il considère issue d’une race supérieure. Interprété brillamment (et globuleusement) par Michael Shannon, le personnage du vilain réussit à amener une profondeur supplémentaire au film. Ses actes sont certes extrémistes, mais justifiés selon lui.

«Si Superman est tellement malin, pourquoi met-il son slip par-dessus son pantalon ?» demandait Pierre Légaré. La nouvelle incarnation de l’icône aux super pouvoirs doit avoir évoluée, car le légendaire slip rouge ne fait plus partie du costume de l’homme d’acier. D’autres éléments, comme le symbole du S sur le torse du super-héros, tentent de différencier le film de ses prédécesseurs.

Henry Cavill (The Tudors) a le casting (et la shape) parfait pour se mettre dans les collants du super homme. Il faut avouer que l’acteur ne joue pas sur plusieurs canaux d’émotion, mais il est crédible et il réussit à faire pâmer les plus farouches. Amy Adams, fidèle à elle-même, joue minutieusement le rôle de Lois Lane. Elle nous présente plusieurs facettes et affiche un caractère ambitieux tout en gardant un coté sensible. Par contre, faute de scènes ensemble peut-être, la chimie du couple est moyennement palpable. Kevin Costner et Diane Lane, quant à eux, incarnent très bien ce que Clark aime des humains de cette planète qui n’est pas le sienne.

On ne peut qu’applaudir le film visuellement. Le réalisme des scènes tout à fait irréalistes est impressionnant. L’exécution est superbe et accompagnée de la superbe musique de Hans Zimmer qui réussit, encore une fois, à nous transporter jusqu’aux cotés de Superman.

Toutefois, il y a de la kryptonite dans n’importe quel film de super-héros…Le film se perd un tantinet dans ses innombrables scènes d’explosion et de démolition. Le film aurait pu facilement être retranché d’une bonne vingtaine de minutes. Au stade du premier volet, car il est clair que ce film aura une suite, nous sommes spectateurs : on visionne et on aime, sans être complètement embarqués encore. Ça viendra.

High-five aux beaux clins d’œil aux fans du héros : Clark qui regarde le football, un camion qui se déverse avec l’inscription Luthorcorp, la petite fille qui s’appelle Lana dans les scènes de jeunesse…

Des clins d’œil à la mythologie de Superman, mais aussi des clins d’œil à la religion. En effet, il semble populaire de comparer Superman avec nul autre que…Jésus. Aux États-Unis, plusieurs l’ont compris et se servent de ce parallèle pour intéresser davantage les jeunes élèves. Je vous recommande de lire l’article du journaliste Marc Cassivi à ce sujet.

Je vous laisse sur ce monologue tiré de Kill Bill 2 où on nous raconte pourquoi Superman devrait être le super-héros préféré de tous.

BIENTÔT

1-    Wolf of Wall Street : Le prochain Scorsese


Leo, Matthew & Jonah ont l’air meilleurs que jamais !

2-   Lone Ranger : La prochaine collaboration Disney-Johnny Depp


On dirait Jack Sparrow version indienne.

3-   300 : Rise of an Empire

http://http://www.youtube.com/watch?v=leXo4-QLNVc
Vu que c’est le film #2, doit-on appeler ça 302 ?

UN PEU MOINS BIENTÔT

4-   Anchorman 2 : Perfect Will, Perfect crew

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Elczv0ghqw0
Je
suis crampée.

It’s a wrap !

Jay P

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