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Un weekend de femmes… dans le bois!

15 Juil

J’ai beau venir de l’Abitibi, si vous me lâchez lousse dans le bois, vous n’aurez pas de gibier pour souper. J’ai ma région tatouée sur le coeur mais je n’ai pas les grandes qualités des femmes des bois. Sauf que le week-end passé, je suis devenue une vraie Katniss Everdeen.

J’ai eu la chance d’être invitée par la Fédération québécoise de la chasse et de la pêche afin de vivre un week-end Fauniquement femme. Depuis 1999, un groupe d’une vingtaine de femmes se retrouvent dans le bois afin de suivre des ateliers de tir à l’arc, de tir à la carabine, de pêche à la mouche et au lancer léger ainsi que de maniement de bateau à moteur. Grosso modo, on montre aux femmes qu’elles peuvent être autonomes dans la nature et profiter des joies de la chasse et de la pêche sans dépendre de personne (lire ici, des hommes!).

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Non, je ne suis pas sûre de ce que je fais…

 

Un week-end d’empowerment féminin, ça me parlait. Après plusieurs heures en train et un tour en bateau, je me suis retrouvée à la Pourvoirie la Seigneurie du Triton, près de La Tuque, dans un décor pittoresque, déconnectée du reste du monde. Je me suis rapidement liée avec une famille abitibienne venue de Rouyn-Noranda pour vivre cette fin de semaine d’apprentissage. C’est durant un petit cours sur la manière de transformer la truite mouchetée en filet que notre amitié s’est scellée.

Pour la première fois de ma vie, j’ai démarré un moteur de chaloupe sans avoir besoin d’aide.

Pour la première fois de ma vie, j’ai tenu une carabine dans mes mains. J’ai à peine reculé sous la puissance de la balle qui quitte le fusil.

Pour la première fois de ma vie, j’ai tenu un arc dans mes mains. J’ai même tiré bull’s eye!

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Stéphanie, coordonnatrice aux communications de la FEDECP (et amie de longue date!) et moi avec nos truites mouchetées!

Fauniquement femme m’a fait vivre plein de premières dans un contexte de solidarité et d’entraide féminines. Aucun jugement, juste de l’ouverture, autant de la part des monitrices que des participantes. C’était fascinant d’observer toutes ces femmes essayer des choses qui les effrayaient ou repoussaient auparavant. Le sentiment de fierté était très fort.

Je ne suis pas encore une femme des bois parfaite. Oui, on a traîné l’ancre du bateau sur une bonne partie du lac parce qu’on avait oublié de l’enlever. Oui, mon fil de canne à pêche s’est emmêlé dans les hélices du moteur. Oui, j’ai crié comme une écervelée quand j’ai compris que j’avais un poisson au bout de ma ligne.

Mais tsé, Katniss Everdeen n’est pas parfaite elle non plus. Sauf qu’elle et moi, on n’a plus peur de quoi que ce soit maintenant. 😉

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Pour les intéressées à vivre ce moment privilégié en communion avec la nature, rendez-vous sur le site de la FEDECP  et inscrivez-vous rapidement car les places se réservent très vite à chaque année. Parole de femme des bois, vous ne le regretterez pas!

Andrée-Anne Brunet

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Quand matante s’en veut d’avoir été folle.

17 Mar

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Je ne connais l’historique familial de personne. Sauf peut-être de ceux qui veulent  bien me le raconter, ceux qui -entre une pile de bières- se retrouvent souvent amers. J’ai déjà vu mon grand-père pleurer entre les hoquets de deux regrets. J’ai déjà entendu ma tante détester ses amants et la couleur de son appartement. Voilà un peu l’effet que la pièce m’a fait samedi passé. J’étais devant tous ces gens, tous ces âges de gens qui se détestent d’être, qui plus est, depuis 1942.

Il y a trente ans -1984 pour celles et ceux- Michel Tremblay publiait «Albertine en cinq temps». La rétrospective un peu glauque de cette vieille dame qui déménage à 70 ans dans un foyer de personnes âgées. Dans sa petite chambre qui pue, cinq fantômes. Elle(s) depuis les quatre dernières décennies et sa défunte soeur, Madeleine. Chacune s’entretient aux dix ans plus tard des choix qu’elles ont fait, aux dix plus tôt des décisions qu’elles n’ont pas prises. Elles se répondent et se reprochent au meilleur de leurs connaissances. L’aigrie se moque du sourire d’une ancienne, elle sait que cela ne durera pas. La mère indigne remercie le courage de celle vingt ans après qui se débarrasse des enfants.

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C’est une charade d’époques, très bien ficelée par le travail de Lorraine Pintal, metteure en scène. Les décors sont immaculés, blancs et architecturaux. Michel Goulet a su faire briller la particule d’étincelle de chaque Albertine sur scène; la bouteille de Coca-Cola de 1962, la cigarette de 1952 ou le balcon de 1942. Les costumes sont prudes et parfaits, ceux de Sébastien Dionne. Le même col roulé jaune, la veste pastel et cette grotesque jupe bleu. Point barre. Aucune couronne en fourrure, aucun boa parsemé de pierres précieuses, aucunes jarretelles de velours. Tremblay dans tout ce qu’il a de plus authentique.

Et de plus fatal. Si vous connaissez, imaginez Albertine. Culpabilisant d’avoir mis au monde un Marcel, dont la déficience mentale devient le tabou familial. Honteuse d’avoir pratiquement battu à mort sa fille Thérèse qu’elle ne peut s’empêcher de traiter de guidoune, mais jamais de pute. Chacune d’elles, doyennes de années précédentes, prisonnières de qui elles ont été et refusent de continuer à être. Ces femmes enragées, perdues, éperdues que Tremblay a toujours eu l’audace de faire se parler, de faire s’engueuler.

Une belle pièce qui se lit certainement aussi bien qu’elle s’écoute. À vos cartes de bibliothèque ou votre paire de billets, les deux investissements se valent autant.  Seulement, il n’y aura aucune voix comme celle de Monique Miller pour narrer l’enfer des années accumulées.

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