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5 fois simple

4 Juil

L’été se redécouvre chaque année. Sa présence tant attendue est de courte durée et chacun s’efforce d’en profiter le plus possible, de chaque rayon, de chaque degré, de chaque soirée chaude.

Ma vie professionnelle en éducation me permet de profiter pleinement de cette éphémère période, et malgré tous les préjugés entourant les «vacances» de ce passionnant métier, je me fais un devoir de chérir ce moment ultime de la fin du mois de juin. La redécouverte des plaisirs estivaux est tout aussi douce à mon cœur, année après année, surtout depuis que mes étés ne riment plus avec emploi. Il est donc temps de sortir de l’oubli les bonheurs simples, ceux que la vie trop chargée efface rapidement.

Crème glacée, limonade sucrée… Le sucre dans ma vie est un petit plaisir que je réserve pour le dessert, par habitude probablement. Voilà par contre que le vent chaud et l’humidité ambiante rendent à la crème glacée ses lettres de noblesse et en font une collation tout à fait acceptable peu importe l’heure de la journée. Les commerçants s’échinent à créer des saveurs et des textures plus alléchantes, plus délectables, il serait inacceptable de ne pas chérir le travail de ces artisans du sucre!

Le savon sous sa plus belle forme, les bulles. Évidemment, l’arrivée de petit homme a permis de renouer avec cette chose ô combien simple, mais qui créé l’émerveillement, assurément! Les bulles rondes qui flottent au vent, un enfant qui tente de les attraper, qui court. Rien au monde de permet d’arrêter le temps aussi bien que les bulles et honnêtement, qui ne les aime pas? Ce bonheur qui ne coûte presque rien est synonyme d’été et de douceur, car elles sont beaucoup moins belles, les bulles, à -20°C avec un vent du nord!

Crédit : Andre Hunter – Unsplash

L’été, c’est fait pour jouer…au parc! Je l’accorde, les parcs sont accessibles à tout moment de l’année, mais l’été, le temps y est différent. Enfant, le parc était l’endroit rassembleur, l’endroit où la liberté de jouer était la plus totale. Plus tard, le parc était encore présent pour rassembler… un peu plus tard dans la soirée pour l’adolescente que j’étais. Désormais, je renoue avec le parc, pour petit homme, avec qui je partage des moments de grande complicité, car au parc, il n’y a rien à faire d’autre que d’être totalement ensemble! Ce qu’il y a de plus beau, c’est que réunir les gens demeure une des missions du parc, même pour les adultes; pique-nique, frisbee, farniente… Un parc qui rime avec liberté et avec été.

Poussent, poussent, poussent, les bons bons légumes… Le texte de Lauréanne dans le billet commun (ici!) m’a fait sourire, car la saison du balcon fleuri est enfin arrivée. Le jardinage, art sous-estimé par son niveau de difficulté, est un des bonheurs des plus naturels. Prendre le temps de voir la nature faire son travail, prendre soin avec patience d’un petit coin de terre qui, on l’espère, fournira quelques bons légumes que l’on peut servir avec fierté d’avoir participé à la création. Un sandwich aux tomates n’est plus le même lorsque l’on a pris soin avec douceur du plant tout l’été!

Crédit : Joyce Huis – Unsplash

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt… et c’est bien plus facile l’été. Les matins d’été ont une odeur particulière, la rosée, le vent chaud, la lumière du soleil qui annonce une belle journée, tout est là pour faciliter le lever et avoir toute l’énergie nécessaire pour la journée. Ces matins-là, ils sont encore plus formidables en camping, l’omniprésence de la nature dès le réveil, c’est apaisant.

Une saison courte, une saison douce, une saison de plaisir. L’été, la spontanéité n’est plus la même et c’est tant mieux. Renouer avec les plaisirs d’été, c’est réanimer des souvenirs et en créer des nouveaux. Ce qu’il y a de bien avec la simplicité, c’est que, prometteuse ou non, ça permet de réellement savourer l’été, sans attente, sauf celui de se mettre sur pause, juste un peu.

Mariève 

L’été se donne en spectacle/l’éloge des artistes macroscopiques

22 Juil

Je suis une saison qui se suffit à elle-même. J’ai chaud, je transpire. Je sue parfois, mais pas trop. Il le faut pour rester belle. Belle et splendide avec mes lunettes de soleil et ma rayonnante estivalité. Un mot qui existe quand vous êtes en maillot sur une plage de sable dru des eaux douces d’ici, à  vélo dans un champ qui sert de palace à une famille quadri-générationnelle de criquets et de sauterelles, en jupe courte, en gougounes, torse nu et démoustachu. Une goutte qui glisse le long d’un pichet de sangria, une étincelle qui s’envole loin de sa maison Le Feu, ta guimauve au bout du bâton, une guitare, un ukulélé, un potager qui donne des tomates et ta langue dans une crème glacée. Tremper dans le chocolat, si tu veux.

Je suis l’estival de votre année et ça me plait parce qu’ils ne sont pas très chauds vos trois-cent-soixante-cinq jours. Puis, vous ne manquez pas d’eau pour vous rafraîchir, ni d’électricité pour l’air climatisé.

Vous ne manquez pas d’occasion de profiter de mon flamboyant. Tout ce qu’il faut, ici. Baleines, feux d’artifices, festivals de nourriture et d’alcool, gaspésie, jazz, terrasse, une piscine, vente trottoirs, chalets, camping, rivières fraîches, guacamole, salsa, nachos, bronzer, pêcher, des fleurs, des pissenlits et un peu de limonade aussi.

De la petite limonade de petits enfants sur le petit trottoir dans la petite ruelle. Et, sur les grands boulevards, entre deux intersections, trois ou quatre bidons de plastique, deux baguettes et un solo de batterie-pas-batterie qui te fait t’arrêter sur ma route. Ma route des vacances et du temps bien perdu, du temps rentable qui te mène nulle part dans ton avenir, mais te fait respirer dans ton bonheur.

Un violon sur un banc entre des mains expertes qui te chantent la pomme vers trois heures du matin quand tu rentres de quelques pourcentages d’alcool, des rires et des histoires-souvenirs. Ces soirs-là où on est tellement de bonne humeur que tu te postes à côté du violoniste pour danser un peu avec une amie  ou un autre quelqu’un un peu plus qu’ami.

Le bonhomme à qui tu empruntes une chaise dans un bar, que tu reconnais un peu et à qui tu prends le temps de dire qu’il jouait bien de la flûte traversière l’autre fois sur la scène où il improvisait avec trois-quatre amis. Lui qui sourit, content. La conversation s’engage.

Un chanteur connu qui atterrit sur la terrasse où tu finis toujours tes soirées anonymes. Le chanteur que tu remercies de sa musique parce que tes cheveux sentent l’été et que le soleil a fait rougir tes joues bien avant qu’il te dise cool de façon extrêmement cool. Avoir quatorze ans parce qu’en juillet, on n’a pas d’âge.

Des tours de magie ou de jonglage sur un monocycle, une guitare, un dessin fait en craie, une œuvre plus grosse en peinture fraîche sur un mur de béton, un vieux barbu qui te raconte sa vie, un cracheur de feu parfois, encore une guitare, la gang de Greenpeace qui ont des propos vraiment intelligents à te faire réfléchir à, un garçon en équilibre sur un ballon, une vieille dame qui te vend le meilleur de tous les melons, les touristes, les touristes avec des caméras, les garçons qui se font beaux, toi qui te fais belle.

Je suis la saison de toutes les parades. Le moment où l’on ralentit le pas pour s’afficher au soleil, s’afficher en vacances. Je vous en prie, humanité, utilisez la chaleur comme meilleure raison pour ne pas s’essouffler et rendre chaque instant plus intemporel qu’il ne l’est habituellement.

Fais tout au ralenti. À l’opposé de ton attitude printanière, au lieu de sourire en coin quand tu vois le musicien dans la rue que tu longes, arrête-toi ou vous, écoute-le ou la et jasez. Tu trouveras l’argent que tu déposeras dans son étui amplement mérité parce que ces gens-là ont une histoire aussi plaisante que leurs partitions.

Et si tu es plus timide, moins porté à la musicalité, essaie de connaître le parcours de la dame qui te vend un bracelet en cuir, le garçon qui propose six sortes de tomate au marché, adopte le guide pour supporter le commerce local et discute indépendance avec des couturières de chez toi, demande du feu à ton voisin de palier et invite-le à se joindre à ton groupe, fais un château de sable avec un enfant mystère qui trouve que ton maillot de bain est coloré, fais un barbecue avec tes voisins qui ont douze décennies de plus que tes colocs, dessine une carte d’anniversaire pour ton collègue de travail à qui tu n’adresses jamais la parole.

Parle aux gens pendant que je te fusille d’ultra-violet.

Bon été.
Marie-Phi

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