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Troublant cauchemar

26 Fév

Entrevue avec le comédien Dany Michaud et retour sur la pièce Saint-André-de-l’Épouvante

Éteignez les lumières. Allumez vos lampes de poche. Collez-vous un peu. C’est le temps des histoires de peur.

Nous avons tous déjà partagé de bonnes vieilles histoires de peur autour d’une table, d’un feu ou d’un verre. C’est exactement l’univers dans lequel nous fait basculer la pièce Saint-André-de-l’Épouvante.

L’atmosphère qui y règne en un GIF:

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SAINT-ANDRÉ-DE-L’ÉPOUVANTE
Texte : Samuel Archibald
Mise en scène : Patrice Dubois
Avec :
Miro Lacasse, André Lacoste, Dany Michaud, Bruno Paradis, Dominique Quesnel
Une coproduction Théâtre PÀP + Théâtre À tour de rôle + Théâtre La Rubrique
Pièce présentée au théâtre Espace GO jusqu’au 12 mars

« C’est du théâtre de peur, de peur intérieure »

À la fois directeur artistique et comédien, Dany Michaud nous résume le synopsis de la pièce : « Cinq personnages se rencontrent un soir de déluge. Pu d’électricité. Un seul repère dans le village : le bar le Crystal. Ça amène un climat de confidence. Au début, ils se racontent des histoires loin d’eux autres. Mais ça devient de plus en plus près des personnages… »

Archibald et son baptême du texte dramatique

Pour la première fois au service du théâtre, la plume de Samuel Archibald dessine et moule des personnages qui, chacun leur tour, partagent une légende, une histoire, un « j’ai entendu dire que…». « Samuel aime mettre des personnages du quotidien en scène. Ça peut être toi, ça peut être moi », nous raconte Dany.

C’est après avoir découvert l’habileté de l’auteur saguenéen dans son recueil Arvida que Michaud lâche un coup de fil illico à Archibald. « J’aimerais ça que tu écrives pour le théâtre », lui a-t-il annoncé. Sachant que l’auteur donne des cours à l’UQAM sur la science-fiction, le fantastique et d’autres formes de littérature populaire dont le cinéma d’horreur, on comprend bien comment Saint-André-de-l’Épouvante a vu le jour.

ART-THEATRE-SAGUENAY

© Photo courtoisie théâtre La Rubrique

Une malédiction contagieuse ?

Le fait de travailler dans le monde de la peur a généré dans la troupe des incidents qui auraient bien pu venir à bout de la production. Changement de l’actrice principale à quelques jours de la première, comédien coincé entre sa voiture et son chalet, comédien ayant subi un accident de vélo, incendie dans les rideaux lors d’une représentation… « C’était vraiment l’épouvante », rigole Dany.

« Il mouille tout le long »

La scénographie est particulièrement réussie dans la pièce. Un long mur de verre témoigne de la mauvaise température qui règne au village. Les effets de lumières et la trame sonore ambiante instaurent un climat hostile, de peur, qui devient rapidement contagieux.

Fac’ Dany, c’est quoi, Saint-André-de-l’Épouvante ?

« C’est une charge émotive. C’est un théâtre d’étrangeté, pas un film d’horreur. Les gens sont un peu sous le choc. C’est du théâtre de peur, mais de peur intérieure. »

Si les liens entre chacun des « contes » — si on peut les appeler ainsi — d’Archibald manquent un tantinet de fluidité, et que le jeu d’acteur semble relever, à certains moments, d’un registre qui manque d’homogénéité, on assiste toutefois à une production qui se distingue par son rythme et par son silence lourd d’électricité. On nous invite à plonger tête première dans le côté obscur des choses.

***

J’ai entendu dire que cette pièce de théâtre fantastique a été jouée pour la première fois l’été dernier sur les planches de Carleton-sur-Mer, avant de visiter le Saguenay, l’automne dernier. Semblerait-il que la production est débarquée dans la métropole pour la première fois cet hiver, et on raconte qu’elle sera présentée jusqu’au 12 mars prochain à l’Espace GO. Je vous l’dis. Je vous l’jure. C’est l’ami d’un ami qui me l’a dit.

J & O, xxx

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CINQ À SEPT: parole aux dames

30 Nov

La pression de plaire, la maternité: l’envie, l’indifférence et le ras-le-bol, les fantasmes sexuels, le sens à la vie, la mort, les standards malsains de la société par rapport à l’apparence physique, l’amour et le désir malgré les années de vie de couple… La parole est aux femmes dans la pièce de théâtre CINQ À SEPT présentée à l’Espace Go jusqu’au 5 décembre.

CIINQ À SEPT

Crédit photo: Espace Go

CINQ À SEPT, c’est la version/vision féminine de la pièce Ils étaient quatre, à laquelle j’ai assisté en avril dernier au Théâtre La Licorne. Pièce que j’avais absolument adorée!

Trois comédiennes nous font donc face sur scène: Kathleen Fortin, Julie Le Breton et Geneviève Schmidt.

Le texte est de Fanny Britt et la mise en scène de Mani Soleymanlou.

Jouant leur propre rôle, les excellentes interprètes se retrouvent le temps d’un 5 à 7 arrosé et nous partagent leurs impressions sur la vie.

CINQ À SEPT

Crédit photo: Ulysse Del Drago

J’ai retrouvé le côté punché et rythmé que j’avais aimé dans Ils étaient quatre, mais je ne saurais dire exactement pourquoi, la version féminine ne m’a pas autant enthousiasmée.

  • Parce que je me suis sentie moins impliquée? Alors que j’avais l’impression de vivre le party avec les garçons, je n’ai pas vraiment réussi à me transporter dans ce 5 à 7 entre copines.
  • Parce que je me suis moins attachée aux personnages? Il est vrai que Mani Soleymanlou me faisait éclater de rire à chaque mot prononcé dans Ils étaient quatre.
  • Parce qu’un quatuor sur scène ça fonctionne mieux qu’un trio? Le partage des tours de parole semblait mieux équilibré à quatre. Les comédiennes abordent d’ailleurs le fait qu’elles devaient être quatre sur scène au départ.
  • Parce que l’humour des femmes est plus sombre que celle des hommes? J’ai peut-être moins ri, mais certains propos me restent toujours en tête…

Bref, c’était un 55 minutes vraiment pas plate et qui a passé en un coup de vent. Semblerait même qu’une version mixte des deux pièces va voir le jour. Je serai certainement au rendez-vous!

Michèle

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