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La vie c’est maintenant

14 Fév

Septembre 1998 – Secondaire 1

Nous sommes dans la même classe. Je sais qui tu es, mais nous ne nous sommes jamais vraiment parlé. Nous avons chacune nos groupes d’amies et nous sommes trop occupées à découvrir ce monde nouveau qui s’ouvre à nous pour vraiment faire connaissance.

Mai 1999 – Voyage scolaire à New York

J’ai beaucoup de peine car une rumeur circule à mon sujet. Nous avons un ami commun à qui je vais me confier. Même si on se connaît peu, tu en profites pour me faire part de ton soutien. « Nous, on n’y croit pas en tout cas! »  Je te trouve gentille.

Septembre 1999 – Secondaire 2

Nous ne sommes plus dans la même classe, mais nous sommes dans le même cours parascolaire de théâtre. Je te vois pour la première fois sans ton uniforme. Je ne te trouve plus seulement gentille, je te trouve cool. En plus, nous partageons la même passion. J’ai envie de te connaître davantage.

Dans les mois qui suivent, nous devenons amies à force de se côtoyer tous les mercredis soirs, mais nous gardons chacune nos groupes d’amis respectifs lorsque nous sommes à l’école.

Mai 2000 – Fin du Secondaire 2

Ce sera finalement grâce à une amie commune que notre amitié se soudera pour de bon. J’étais déjà très proche d’elle et elle a eu envie de passer plus de temps avec toi. Je l’ai suivie. À partir de ce moment, nous sommes devenues inséparables toutes les trois.

***

Dans les années qui ont suivi, j’ai trouvé en toi plus qu’une amie. J’ai trouvé une âme-sœur. Ta gentillesse, ton intelligence, ton humour et ta franchise sont des qualités que j’apprécie chez toi, mais, ce qui fait que je suis si bien en ta compagnie, c’est que tu m’aimes sans te poser de questions.  Nous sommes très différentes, mais nous nous complétons. Nous partageons tout : nos joies, nos peines, nos premières fois, nos fiertés, nos peurs, nos rêves. Nous avons un cahier rempli d’inside jokes et des centaines de photos pour illustrer nos moments de folie. Nous passons pratiquement tout notre temps ensemble. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai soupé, dormi et déjeuné chez toi. Ta famille est devenue la mienne. Je participe aux soupers de famille, aux partys du jour de l’An, à quelques sorties familiales et même à un voyage dans les Cantons-de-l’Est. Dans nos cœurs, nous sommes sœurs.

Bien sûr, notre relation n’est pas parfaite. Des fois, on se fait de la peine. Des fois, on se chicane. Je t’énerve parce que je prends tout personnellement et je n’aime pas quand tu t’empêches d’être toi-même pour les autres. Ce n’est pas grave. On s’aime quand même.

De jeunes adolescentes à jeunes adultes, notre amitié grandit et perdure. Nos choix nous amènent dans des directions géographiques différentes, mais cela n’affecte en rien notre relation. Tes nouveaux amis deviennent les miens. Mes nouveaux projets deviennent les tiens. Tu décides de profiter de ta jeunesse et de parcourir le monde dès que tu en as l’occasion. Je connais tes histoires de voyage comme si j’y étais allée. Nous rêvons de partir ensemble un jour.

***

Juillet 2011 – Départ pour l’Amérique du Sud

Nous passons une dernière fin de semaine ensemble avant ton départ. Comme d’habitude, je t’aide à faire ta valise. Tu me laisses ensuite ton chat dont je prendrai soin pendant ton absence. Je te souhaite de passer un bon voyage et je quitte.

17 août 2011 – Sucre, Bolivie/Châteauguay, Québec

Nous clavardons et nous nous racontons nos dernières aventures. Tu dis que tu fais ton plus beau voyage jusqu’à maintenant et tu te sens heureuse. On se dit qu’on s’ennuie et qu’on a hâte de se voir. Tu me parles d’un gros mal de tête qui t’accable depuis deux jours.

18 août 2011 – Pire jour de ma vie

J’écoute une émission sur les cupcakes en clavardant sur Facebook. Je reçois un appel de ta marraine. Mon cœur s’arrête.

***

Le côté irréversible de la mort m’a tout de suite frappée de plein fouet. Je ne suis pas certaine d’être tout à fait passée par la phase du déni. Je me souviens d’avoir tout de suite ressenti qu’on m’arrachait une partie de moi. Je me souviens d’avoir pensé à tout ceux qui souffriraient à la suite de ton départ. Je me souviens d’avoir eu besoin d’être forte pour eux, pour toi.

Malgré la douleur, malgré le manque, la vie a suivi son cours. J’aime penser que c’est pour apaiser ma peine et me donner une épaule sur laquelle pleurer que tu l’as mis sur mon chemin. Avais-tu déjà tout vu ce que l’avenir nous réservait ou l’avais-tu simplement choisi parce qu’il était un beau barbu? Quoiqu’il en soit, si aujourd’hui je célèbre une septième St-Valentin à ses côtés, c’est un peu grâce à toi.

De lui, est venue elle. Pour ça aussi, je te donne un peu de crédit. Tu le savais que c’était le plus grand rêve de ma vie. D’ailleurs, elle porte fièrement ton prénom sur son passeport.

Mon amie, ma sœur, ma moitié…Le temps passe. Ma vie change. Je vieillis, mais pas toi. J’ai de plus en plus de difficulté à m’imaginer, comme je le fais si souvent, ce que tu dirais et ce que tu penserais de ce que je vis. J’ai peur qu’arrive un jour où je ne puisse plus le faire. J’ai encore besoin de toi. Tu me manques toujours.

Encore aujourd’hui, six ans plus tard, malgré que le temps ait atténué la douleur, il est difficile de trouver les mots pour t’exprimer à quel point ton départ a créé un vide dans mon cœur.  À mon avis, c’est Grand Corps Malade qui a su le mieux l’exprimer.

(…)

On se rassure face à la souffrance qui nous serre le cou, en se disant que là où ils sont, ils ont sûrement moins mal que nous. 

Alors on marche, on rit, on chante, mais leur ombre demeure, dans un coin de nos cerveaux, dans un coin de notre bonheur. 

Nous on a des projets, on dessine nos lendemains. On décide du chemin, on regarde l’avenir entre nos mains.

Et au coeur de l’action, dans nos victoires ou nos enfers, on imagine de temps en temps que nos absents nous voient faire.

(…)

Chaque nouvelle disparition transforme nos cœurs en dentelle, mais le temps passe et les douleurs vives deviennent pastelles. Ce temps qui pour une fois est un véritable allié. Chaque heure passée est une pommade, il en faudra des milliers. 

Je t’aime.

Émilie

 

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Duo québécois

6 Oct

La semaine dernière, j’ai eu la chance de comprendre, encore une fois, l’étendue du talent artistique québécois dans deux œuvres distinctes. D’abord, dans une nouvelle mise en scène de Bousille et les justes de Gratien Gélinas, par Jean-Philippe Joubert. Puis, dans le visionnement de Paul à Québec, adaptation cinématographique de la bande dessinée éponyme de Michel Rabagliati.

J’ai eu envie de vous parler de ces deux œuvres touchantes d’une qualité incroyable.

BOUSILLE

C’est au Théâtre la Bordée que j’ai assisté à ce classique québécois. Je n’en savais que très peu de choses, mise à part l’auteur, les comédiens et le synopsis. Pour une fille qui a étudié en littérature, je n’étais pas trop fière.

La pièce raconte le passage de la famille Grenon à Montréal pour le procès du plus jeune, Aimé, accusé du meurtre d’un rival amoureux. Bien que tous soit convaincus de son innocence, les membres du clan familial sont prêts à tout pour qu’il soit acquitté et ainsi, garder sauf l’honneur de la famille. Bousille, cousin de la famille et seul témoin des événements, aura un grand rôle à jouer dans le jugement. La naïveté et droiture de celui-ci seront grandement ébranlés dans le processus.

Christian Michaud campe le rôle de Bousille si justement, si parfaitement, comme d’ailleurs tous les personnages qu’il a interprété. Je suis fan de son talent, c’est dit ! Ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé ; j’ai PLEURÉ pendant l’une des scènes les plus éprouvantes. Le jeu entre les personnages était très fort et cela venait jouer dans nos valeurs à nous, les spectateurs.

Pour sa part, la scénographie ouverte, qui donnait sur l’entièreté de l’espace de jeu de la scène de la Bordée, donnait un regard tout autre sur l’histoire, nous permettant d’y voir de la figuration et d’avoir une vue d’ensemble.

Je vous le recommande, en salle jusqu’au 10 octobre (faites vite !).

Christian Michaud en Bousille Crédit : La Bordée

Christian Michaud en Bousille
Crédit : La Bordée

 

PAUL

Les bandes dessinées de Michel Rabagliati sont populaires au Québec, par le talent de l’illustrateur mais aussi par les histoires différentes qui y sont racontées. Paul à Québec, le 6e album de l’auteur, est une véritable hymne à la vie, incarnée au cinéma par des acteurs de grand talent, pour ne nommer que François Létourneau, Gilbert Sicotte et Julie Le Breton.

J’aurais du mal à dire quel est le punch du film ou même qui est le personnage principal. La beauté réside dans le fait que c’est la vie, notre vie qui y est narrée. Dans sa beauté et sa tristesse parfois de ce qui meuble le quotidien et bâti les années.

J’ai aimé que des bouts de bandes dessinées y soient inséré, j’ai aimé la justesse du jeu des acteurs, la simplicité, les larmes qui ont confirmé que le film visait juste (OK oui, je suis une émotive).

Le générique termine sur une douce note et tous les spectateurs dans la salle sont restés assis portés par le même sentiment de réflexion, de regard sur la poésie de la vie.

J’espère vous donner envie de courir au cinéma visionner ce beau film québécois!

Crédit phtoo : Paul à Québec - Le film

Crédit photo : Paul à Québec – Le film

Appréciez-vous l’art québécois, sous toutes ses formes? Quels pièces, films, expositions avez-vous envie de voir cet automne?

Bonne écoute!

Laurie-Louve xxx

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