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Je déteste ce que mes vêtements représentent

16 Août

Hier soir, ma vision des vêtements a complètement changé. J’ouvre ma garde-robe et je déteste ce que mes vêtements représentent. Hier soir,  j’ai regardé le documentaire The True Cost. Ce film démontre l’envers du décor de l’industrie du vêtement. Dans ce documentaire coup-de-poing, on démontre comment, en exigeant de toujours payer moins cher pour nos vêtements, nous sommes responsables des conditions de travail critiques des travailleurs dans les usines. En voulant toujours payer moins pour obtenir plus, nous encourageons ce système qui met en danger la santé et la vie de travailleurs en Asie et au Moyen-Orient.

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Affiche du documentaire The True Cost

The True Cost est un film qui ouvre les yeux, sans être moralisateur. Nous devenons conscients de l’impact de la culture du coton sur nos sols et de l’usage excessif de pesticides. Nous réalisons l’équilibre précaire entre le bien-être de notre environnement et nos besoins toujours grandissants de produire en masse des vêtements que nous portons le temps qu’une nouvelle collection arrive sur les tablettes des magasins. On consomme nos T-shirts comme on consomme de la malbouffe. J’en ai des frissons.

Ce documentaire est un cri d’alerte. C’est une claque en plein visage. Je ne peux plus faire comme si je ne savais pas à quel point les vies de milliers d’individus sont affectées par notre besoin maladif de garnir notre garde-robe jusqu’à la faire exploser. Il est question ici de gens qui habitent à l’autre bout de la planète et dont la vie a autant de valeur que la mienne. Qui suis-je pour leur imposer des conditions de travail précaires, dangereuses et inhumaines dans le simple but de payer mon chandail le moins cher possible?

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Une jeune travailleuse de l’industrie du vêtement dont on découvre l’histoire dans The True Cost.

Il existe des solutions écologiques et humaines à ce problème de consommation maladive caractéristique de notre siècle. Le documentaire présente des compagnies éthiques qui créent de superbes vêtements tout en s’assurant que, dans toute la chaîne de création, la vie et le talent des gens impliqués sont respectés. De mon côté, je fréquente depuis un peu plus de six ans la charmante boutique Folle guenille située dans Hochelaga. Depuis ma rencontre avec Isabelle, la propriétaire, je magasine presqu’exclusivement mes vêtements dans ce paradis du designer québécois et du vêtement recyclé. J’aime encourager le talent d’ici et j’aime encore plus savoir que je porte du tissu auquel on a donné une seconde vie.  Même si j’ouvre un peu plus grand mon portefeuille, je suis heureuse de tenter de faire ma petite part pour notre belle planète!

Malgré les petits gestes que je pose depuis quelques années, je suis sortie bouleversée du visionnement de The True Cost. Malgré mes efforts pour acheter local et recyclé, je suis loin d’être parfaite. Tout comme n’importe qui, j’aime payer le moins cher possible pour ce que je consomme. Or, après avoir regardé The True Cost, je suis à un carrefour dans mon mode de consommation. Je peux continuer à acheter des chandails à des prix ridiculement bas et continuer d’encourager une industrie qui n’a pas à coeur le bien-être de ses employés. Ou je peux accepter de payer plus cher pour mon t-shirt afin d’avoir la conscience tranquille.

Mon choix est clair. Mon portefeuille n’aimera pas, mais mon coeur me remerciera.

Visionnez The True Cost sur Netflix ou en le louant sur iTunes.
Cliquez ici pour voir la bande-annonce.

Andrée-Anne Brunet

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Du théâtre qui parle de politique et d’écologie

25 Nov

 

« Sommes-nous capables de relever nos têtes, pendant une seule seconde, au-dessus du cours effréné de nos vies actuelles afin de penser au futur ? »

– Annabel Soutar, artiste en résidence à l’Usine C pour trois saisons

 

Titre : Le partage des eaux

Par qui : Annabel Soutar + Chris Abraham

Où/Quand : Pièce présentée à l’Usine C du 17 au 28 novembre 2015

Durée : 3 heures avec entracte

Partager. On achète des bonbons à notre petit frère, on accepte de prêter notre robe préférée à notre amie. On sourit aux gens dans la rue (même si on a peur que ce soit mal reçu). On fait une grosse quantité de soupe végé aux arachides  (vraiment bonne soit dit en passant) et on en offre à nos colocs. On donne de notre temps à des œuvres de charité. On partage nos vêtements, nos livres, nos idées, notre bonne humeur, notre temps, oui on est généreuses les filles (et belles, et attentionnées et plein d’autres qualités, mais ça, c’est une autre histoire) ! Bon, j’avoue que mon intro est cheesy et je suis certaine que vous savez très bien où je veux en venir, mais tant pis.

Prendre ses responsabilités

L’eau ? Devons-nous nous pencher sur la question de son partage ? On nous a dit, quand on était en sixième année, que l’eau était une ressource naturelle inépuisable. Mais cette affirmation était vraie seulement dans la mesure où l’eau douce n’était pas gaspillée, usée, consommée, employée, exploitée à un rythme effréné et sans la moindre considération pour cet or liquide, sans réflexion ni recherche par rapport à son état de pollution et par rapport aux conditions environnementales imposées par un mode de vie capitaliste.

C’est un peu ce que le titre de la pièce écrite par Annabel Soutar et mise en scène par Chris Abraham m’évoque. Cependant, l’expression partage des eaux n’est pas qu’un titre poétique donné au hasard à une œuvre. Comme on nous l’explique durant la représentation, la ligne de partage des eaux désigne une limite géographique qui divise un territoire en un ou plusieurs bassins versants. De chaque côté de cette ligne, les eaux s’écoulent dans des directions différentes.

Plonger la tête première

Le partage des eaux est une pièce de théâtre-documentaire magnifiquement structurée. Après trois denses heures, je suis sortie de la salle à la fois renseignée et intéressée par la Région des Lacs Expérimentaux (RLE) – dont l’historique et les débats qui lui sont liés sont les principaux sujets abordés –, à la fois touchée par le récit de l’acharnement d’Annabel Soutar et de sa famille qui l’a suivie. J’ai, entre autre, pu constater à quel point l’information n’est pas toujours aussi transparente et accessible qu’on nous le laisse croire ; percer des zones très opaques en ce qui a trait aux recherches sur l’eau douce et les conflits secrets impénétrables entre les scientifiques et le gouvernement a semblé, pour l’auteure, une tâche nébuleuse et délicate.

Oser s’informer

Ce récit autobiographique documenté qui s’étale sur deux ans est poignant et, comme on dit en bon français, très eye-opening. Cette semaine, je vous suggère une sortie qui conjugue remarquablement la magie du théâtre et l’information du documentaire.

«De quel pays nos enfants hériteront-ils, et pouvons-nous en discuter ?»

  • Annabel Soutar

 

Bon théâtre!

Odile

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