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Intimidation 2.0

17 Oct

Fini le temps où tu pouvais avoir un peu de répit une fois rendu à la maison, les mots qui blessent te suivent à toute heure du jour ou de la nuit, au son des notifications de ton téléphone, bien au-delà des murs de l’école.

Multipliés par les Facebook, Instagram et Snapchat de ce monde, ça en devient complètement obsédant. Laissant une trace sur le Web en plus de celles qui écorchent l’âme.

Je suis sortie assez troublée de la projection du film 1:54 de Yan England la semaine dernière. Ouf, me suis-je dit, quel soulagement de ne pas avoir vécu le secondaire à l’ère des réseaux sociaux!

Dès les premières secondes du film, on est transporté à l’époque de l’adolescence avec le plan des autobus jaunes en file indienne, une image tellement forte. Sauf que dans mon cas, ce sont de beaux souvenirs qui refont surface.

C’est l’histoire de deux amis, isolés, qui subissent les railleries d’une gang populaire de l’école depuis plusieurs années, constamment aux aguets d’être victime d’une «joke» comme le mentionnera l’un des intimidateurs à la fin du film. On comprend rapidement qu’au-delà de l’amitié, c’est une histoire d’amour entre les deux jeunes hommes qui tourne rapidement en tragédie. Et puis la course devient une façon de se venger, une façon d’oublier et de retrouver une certaine paix. Alors qu’on croit que tout ira pour le mieux, le partage d’une vidéo sur les réseaux sociaux donnera le coup fatal, sera la «blague» de trop. On est aussi confronté à la triste réalité d’un père et d’un coach qui veulent aider mais qui sont au bout du compte bien impuissants face au désespoir et à l’angoisse causés par la cyberintimidation.

Le jeu des acteurs Antoine Olivier Pilon, Lou-Pascale Tremblay et Robert Naylor est tellement juste et vrai. On est d’ailleurs loin du stéréotype de l’homosexuel efféminé, le film nous présentant des personnages beaucoup plus près de la réalité.

Le film est difficile, percutant, mais nécessaire. On a envie de dire au personnage principal de ne pas lâcher, d’attendre quelques années et que tout finira par rentrer dans l’ordre. Sauf que pour un adolescent, c’est son monde qui s’écroule. Et ce, devant un public qui ne se gêne pas pour en rajouter à coup de commentaires violents.

Bon visionnement, bonne réflexion!

Michèle

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Des docus à voir

26 Août Demain

Le mois d’août aura été pour moi celui du documentaire. Ça fait changement de Netflix, c’est loin d’être ennuyeux et on se couche un peu moins niaiseux. 😉 J’ai visionné Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent au Cinéma Beaubien et Parfaites de Jérémie Battagila à la Cinémathèque québécoise.

Demain

Demain

Crédit photo : www.demain-lefilm.com

Un film qui parle de l’avenir de la planète et qui n’est pas déprimant, ça se peut? Demain présente certes des statistiques accablantes sur l’état de nos ressources alimentaires, environnementales, financières, etc., mais les réalisateurs ont décidé de présenter des solutions et des idées innovantes qui se développent en ce moment même un peu partout dans le monde pour pallier les problématiques. Tout ça bien vulgarisé sur les thèmes de l’agriculture, de l’économie, de l’éducation, de l’énergie et de la démocratie.

Ça fait réfléchir sur notre consommation et notre mode de vie, ça donne envie de participer au mouvement et je suis certaine que ça inspirera de nouveaux projets et de nouvelles collaborations à travers le monde. À voir absolument!

 

Parfaites

Avec les Olympiques de Rio qui viennent de se terminer, le visionnement de ce docu tombait à point. On y suit le travail acharné de l’équipe canadienne de nage synchronisée, de la sélection des nageuses aux qualifications pour les Jeux. Un sport difficile et exigeant qui va bien au-delà des mimiques et des paillettes.

On y aborde la subjectivité des notes du jury, les blessures physiques, les troubles alimentaires… C’est crève-cœur de voir les nageuses travailler si fort alors qu’on sait dès le début qu’elles ne se qualifieront pas pour les JO. Un sport démystifié qui rend hommage au dur labeur de ces athlètes.

Bons docus!

Michèle

Une comédie romantique rafraîchissante

22 Août

Parfois, on regarde un film par hasard, et on tombe sur un truc génial. C’est ce qui m’est arrivé lorsque j’ai visionné Partie de pêche au Yémen (Salmon fishing in the Yemen), une comédie romantique qui n’a rien à voir avec les autres films du genre. Or, ce qui est encore plus merveilleux que de tomber par hasard sur un film génial, c’est d’apprendre que le film en question est tiré d’un roman! Quel bonheur! Voyons comment se comparent les versions littéraire et cinématographique.

D’abord, résumons l’affaire : Alfred Jones, spécialiste des pêches, s’ennuie à mourir dans son bureau du ministère des Pêcheries lorsqu’il reçoit un courriel lui demandant de participer à un projet d’introduction de la pêche au saumon au Yémen, financé par un cheik à la fortune considérable. D’abord réticent, Alfred se lance dans le projet, aidé d’une jeune conseillère financière optimiste, Harriet Chetwode-Talbot. Au fil du temps, Alfred et Harriet commencent à croire à l’impossible, alors que le projet avance et que leurs vies se transforment à vitesse grand V. Bien sûr, Fred tombe amoureux de Harriet (vous vous en doutiez, n’est-ce pas?), mais là n’est pas l’essentiel: le roman et le film n’ont définitivement rien à voir avec une comédie romantique traditionnelle, d’autant plus que la fin, pour le premier, est loin d’être réjouissante.

Le roman est construit comme un rapport de commission concernant le projet « Saumon du Yémen. » On a donc droit à un ensemble de documents plus ou moins disparates, allant du journal intime de Fred aux échanges de courriels entre le Premier ministre et son directeur des communications. Je dois avouer que cette formule, si elle est audacieuse, est un peu difficile : il faut rester très concentré et, parfois, on se demande pourquoi l’auteur a jugé bon d’ajouter telle ou telle partie. L’ensemble est tout de même très bon, avec des personnages bien campés, aux voix propres, et une fin douce-amère, qui nous laisse triste et optimiste à la fois –presque incroyable, non? C’est le miracle de Partie de pêche au Yémen: malgré une fin tragique, on a l’impression que tout va s’arranger, que la vie continue malgré les drames, et qu’on peut trouver de la force même lorsque tout s’écroule.

Partie de pêche images-booknode.com

Image: booknodes.com

Le film, pour sa part, compte sur des dialogues ciselés et efficaces, une facture visuelle audacieuse et une chimie palpable entre Alfred (Ewan McGregor -mon acteur préféré et la raison principale pour laquelle je voulais voir le film au départ) et Harriet (Emily Blunt). Ici, je dois faire une confidence: habituellement, les comédies romantiques m’ennuient, et les finales 100% heureuses me rendent folle. Mais, cette fois, c’est bien fait, tout en subtilité et en demi-teintes: un succès total en ce qui me concerne. On finit le film avec le coeur content, rempli d’espoir en l’humanité, avec le goût de lancer des projets improbables et de faire confiance à tout le monde. Si vous aimez les comédies romantiques, vous serez servis!

Si vous lisez le livre d’abord, vous serez peut-être déçus du film : on a modifié légèrement la trame pour transformer le scénario original en véritable comédie romantique (même si le principal n’est pas l’histoire d’amour mais bien le projet de pêche). En plus, on a supprimé plusieurs personnages secondaires pour donner un peu plus de panache à Fred, et franchement, ça fait du bien!

Qui gagne? Tout le monde!

Hé non, je n’arrive pas à me décider. Même s’ils nous laissent dans un état d’esprit légèrement différent, le roman et le film sont aussi bons l’un que l’autre. Sous toutes ses formes, Partie de pêche au Yémen est un divertissement efficace et intelligent, mêlant science, politique et histoire d’amour. Peu importe la fin, l’histoire est brillante, bien menée, portée par des personnages authentiques par leurs faiblesses et leurs espoirs.

Bref, n’hésitez pas et plongez! Vous ne le regretterez pas! 🙂

Anne-Sophie

Pour le lire

En français : Partie de pêche au Yémen, de Paul Torday, aux éditions 10-18

En anglais : Salmon fishing in the Yemen, chez Orion Books

Pour le voir

Partie de pêche au Yémen / Salmon fishing in the Yemen, de Lasse Hallström, avec Ewan McGregor, Emily Blunt et Kristin Scott Thomas, en DVD et Blu-ray.

Ensemble, c’est tout

21 Juil ensemble c'est tout

Après l’horreur des événements survenus à Nice la semaine dernière et mon écœurement général de tout ça, j’ai eu envie de vous partager une histoire qui m’a fait du bien ce week-end.

Une de mes collègues se sépare de plusieurs de ses livres et nous offre de nous servir dans sa bibliothèque improvisée au bureau. Très nice!

Je suis tombée sur le bouquin français Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda publié en 2004 aux Éditions Le Dilettante. Le nom me disait quelque chose, sans plus.

«Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.»

– Anna Gavalda

ensemble c'est tout

 

C’est un de ces romans où on retrouve des personnages brisés, qui crèvent de solitude et de peur. Peur de se laisser aller, d’être amoureux, d’être heureux. Jusqu’ici ça semble lourd, je l’admets.  😉

Ce qui est beau, c’est que ces trois personnes complètement différentes vont se trouver et se réparer petit à petit.

Camille qui ne dessine plus et qui semble avoir un sombre passé, Frank qui s’épuise dans le travail pour oublier que sa grand-mère se meurt à l’hospice et Philibert qui semble sorti d’une autre époque et qui peine à trouver sa place dans la société.

«Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…»

C’est une histoire d’amitié, d’amour et d’épanouissement. Comme s’ils ne faisaient que survivre chacun de leur côté mais qu’ensemble, ils retrouvaient un sens à leurs vies.

«Ils ne demandaient rien d’autre que d’être heureux ensemble. Même pas heureux d’ailleurs, ils n’étaient plus si exigeants. D’être ensemble, c’est tout.»

Bien sûr, j’ai eu envie de regarder le film sorti en 2007 et réalisé par Claude Berri, avec entre autres Audrey Tautou. J’ai trouvé les personnages et les dialogues assez fidèles au roman, mais je n’ai pas ressenti d’émotions aussi fortes que lors de ma lecture. Mais dans mon cas, c’est presque toujours ainsi avec les livres qui sont portés à l’écran.

Michèle

 

« Allégeance »: Peu convaincant

19 Juil

De retour à mes vieilles habitudes, je vous parle aujourd’hui de l’adaptation cinématographique du roman Allégeance, de Veronica Roth. Ultime tome de la trilogie Divergence, il sera adapté en deux films, dont le premier est maintenant disponible en DVD. C’est donc l’heure du duel: dans le coin gauche, le livre; dans le coin droit, le film!

En bref

Le chaos règne à Chicago maintenant que les habitants ont trouvé le secret des fondateurs de la ville: les citoyens font partie d’une expérience visant à améliorer la génétique humaine. Tris Prior, son copain Quatre et quelques autres quittent la cité pour voir ce qui se cache à l’extérieur. Ils y découvrent le siège d’une organisation scientifique visant à « purifier » l’ADN humain. Dans ce nouvel environnement, les défis sont nombreux pour Tris et Quatre: alors que leur valeur réside entièrement dans leurs gènes, qui sont-ils vraiment? Comment peuvent-ils sauver leurs amis restés à Chicago?

Allégeance livre

Source: archambault.ca

La critique

Vous le savez, je suis une fan de la série Divergence. J’ai adoré les deux premiers tomes, que j’ai relus plusieurs fois. Or, le troisième m’a laissée sur ma faim: je suis franchement déçue de cette idée de l’expérience scientifique et de l’explication des Divergents. En fait, les Divergents, que l’on admire depuis le début pour leur force de caractère, ne sont rien d’autre que des anomalies génétiques, qui démontrent qu’il est possible de guérir l’humain de ses tares. Donc, toute la faute humaine serait une affaire de biologie. Que fait-on du libre arbitre, de la responsabilité individuelle? En bref, les salauds sont des salauds parce qu’ils ont de mauvais gènes, pas parce qu’ils sont méchants. Hors de question que j’achète cette explication boiteuse. Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce roman, mais, puisque je vous ai déjà parlé des deux premiers tomes, je me fais un devoir de critiquer aussi le dernier. 😉

La troisième partie de l’adaptation cinématographique n’est pas meilleure que son scénario original: pire encore, on a étiré le roman pour en faire deux films! Lorsqu’on parle d’oeuvres denses comme Harry Potter et les Reliques de la mort, ça passe bien et permet de plonger plus en profondeur dans les détails de l’histoire. Avec Allégeance, ça rend le tout pénible, surjoué, et plate par moments. Sincèrement, même Shailene Woodley, plus que convaincante en Tris depuis le début, semble s’ennuyer. Les effets spéciaux, utilisés à outrance, sont mal faits, laissant à l’ensemble un air artificiel qui nous distrait. Les dialogues sont tout sauf efficaces, alors… Vraiment pas de quoi se réjouir ici.

Qui gagne? Le roman

Malgré tout, le roman sort vainqueur de cette confrontation, d’abord parce qu’il tient en une partie, et aussi parce qu’il est sans doute plus intéressant que le film -dont la suite, Ascendance, sortira le printemps prochain -en téléfilm, s’il vous plaît, tant les recettes ont été décevantes.

Bref, si vous étiez fan de la série, vous pouvez regarder Allégeance, sans avoir trop d’attentes, parce qu’elles risquent fort d’être déçues. Sinon, franchement, je ne vous le conseille pas. Lisez-le donc pour commencer. 😉

Anne-Sophie
xx

Pour le lire

Allégeance, Veronica Roth, éditions Ada

Allegiant, Veronica Roth, HarperCollins

Pour le voir

Allégeance / Allegiant, avec Shailene Woodley et Theo James, en DVD, Blu-ray et numérique

 

Des Oscars à la page

12 Fév

Les Oscars, c’est pour les films. Mais oui, je sais. Toutefois, si la littérature n’était pas là pour fournir une bonne dose d’inspiration aux réalisateurs de ce monde, la cérémonie aurait une toute autre allure cette année. Tour d’horizon des finalistes aux racines littéraires.

Room, Emma Donoghue

Nominations : Meilleur Film, Meilleure Actrice (Brie Larson), Meilleur Réalisateur (Lenny Abrahamson), Meilleur scénario adapté

En bref : Jack, 5 ans, habite seul avec sa mère. Dans une seule pièce. Depuis toujours. Sa mère lui fait croire que le monde se résume à cette pièce, jusqu’à ce qu’elle décide de lui donner sa chance et de l’aider à s’échapper.

Brooklyn, Colm Toibin

Nominations : Meilleur film, Meilleure actrice (Saoirse Ronan)

En bref : Une jeune Irlandaise se retrouve à New York en quête de travail, rencontre un Italien dont elle tombe amoureuse, s’habitue tranquillement à sa nouvelle vie, jusqu’à ce qu’elle soit rappelée au pays à cause de la mort de sa sœur. Choix déchirants en vue.

The Revenant / Le Revenant, Michael Punke

Nominations : Meilleur film, Meilleur acteur (Leonardo DiCaprio), Meilleur réalisateur (Alejandro G. Inàrritu), Meilleure photographie, Meilleur acteur de soutien (Tom Hardy)

En bref : 1832, Missouri. Hugh Grass, trappeur, est blessé par un ours lors d’une expédition plus que périlleuse. Abandonné par les deux hommes qui avaient promis de veiller sur lui, le trappeur doit se débrouiller seul pour survivre, avec sa soif de vengeance pour alliée.

Steve Jobs, Walter Isaacson

Nominations : Meilleur acteur (Michael Fassbender)

En bref : La biographie du fondateur d’Apple. Faut-il que j’explique davantage? 😉

Danish Girl, David Ebershoff

Nominations : Meilleur acteur (Eddie Redmayne), Meilleure direction artistique, Meilleure actrice de soutien (Alicia Vikander)

En bref : Pour aider sa femme à terminer le tableau d’une cantatrice, Einar accepte de se vêtir comme une femme pendant quelques heures –quelques heures qui vont changer sa vie. Lentement, Einar se transforme en Lily, mettant en péril son mariage et remettant en question son identité même. Inspiré d’une histoire vraie.

The Price of Salt / Carol, Patricia Highsmith

Nominations : Meilleure actrice (Cate Blanchet), Meilleure bande originale (Carter Burwell), Meilleure photographie, Meilleure actrice de soutien (Rooney Mara)

En bref : Therese, employée de magasin, rencontre Carol, une femme mariée en instance de divorce, dans le magasin où elle travaille. Elles ne devraient rien ressentir l’un pour l’autre, et pourtant des sentiments forts se développent entre elles. Mais, avec Carol qui craint de perdre la garde sa fille si on venait à découvrir leur relation, les choses ne sont pas simples.

The Martian / Seul sur Mars, Andy Weir

Nominations : Meilleur acteur (Matt Damon), Meilleur scénario adapté, Meilleure direction artistique

En bref : Après une violente tempête qui force ses coéquipiers à quitter la planète Mars, Mark se retrouve seul et sans ressources, coupé de tout. Il devra trouver les moyens d’affronter les problèmes apparemment insurmontables qui se posent sur son chemin dans une tentative désespérée de revenir sur Terre.

Hé bien! Maintenant, vous pourrez regarder les Oscars en sachant que, sans le génie des auteurs de romans, la cérémonie aurait une toute autre allure. 😉

Anne-Sophie

 

Star Wars VII : retour aux sources réussi

6 Jan

Vous le savez déjà, j’avais une hâte indescriptible d’enfin voir Star Wars : Le Réveil de la Force au cinéma. J’ai attendu dix jours (DIX JOURS!!) avant d’enfin m’asseoir devant l’écran géant pour me plonger dans les nouvelles aventures de cette Galaxie Très, Très Lointaine, le cœur battant comme si je venais de courir le 100 mètres contre Usain Bolt.

 

Star Wars poster

Source: screencrush.com

 

Je n’ai pas été déçue.

On retrouve la Galaxie Très, Très Lointaine presque quarante ans après la chute de l’Empire. La situation ne semble pourtant pas meilleure : le vil Premier Ordre a remplacé l’Empire à la tête de la galaxie, et la Résistance cherche à le renverser pour ramener la paix. Tout au long du film, on suit Finn, déserteur du Premier Ordre, et Rey, pilleuse d’épaves sans famille, qui cherchent à rejoindre la Résistance pour leur rendre le droïde qui contient les cartes permettant de retrouver le Jedi exilé Luke Skywalker, seul espoir de la Résistance de renverser le Premier Ordre.

L’histoire à elle seule ne justifie pas l’émerveillement que j’ai ressenti à regarder le film : en fait, elle ressemble beaucoup à celle de l’Épisode IV. Voir un nouveau Star Wars, c’est me replonger dans un univers mythique, revivre toute la magie qui faisait battre mon coeur la première fois que j’ai vu Luke saisir un sabre laser et retrouver des personnages adorés depuis mon enfance. Personnages qui, alliant nouveaux visages et vieux de la vieille, nous sont sympathiques dès le départ : on espère que les nouveaux venus s’en sortent, sans savoir qui ils sont. Le côté humain du film est très réussi : les personnages sont parfois maladroits, toujours spontanés, et ô combien intéressants.

Ce qui fait aussi la valeur de cet épisode à mes yeux, c’est la force de Rey, le personnage féminin le plus cool de tout Star Wars. Leia était pleine de sang-froid et capable d’affronter n’importe quoi, mais elle finissait toujours par être secourue par Luke ou Han; Padmé avait un sens politique incroyable, mais elle laissait son amour pour Anakin prendre le dessus sur tout le reste. Rey, elle, n’a définitivement besoin de personne. Elle est une pilote hors pair, faisant fonctionner seule le Faucon Millenium; utilisant son bâton comme une arme, elle est redoutablement efficace, mettant à terre des adversaires entraînés par le Premier Ordre. Franchement, je ne peux pas rêver mieux.

Star Wars Rey

Rey et BB-8 rappellent inévitablement Luke et R2-D2, mais… on aime ça! Source: premiere.fr

L’aspect visuel du Réveil de la Force est aussi intéressant : fidèle aux originaux, il ne fait pas appel aux effets spéciaux aussi fréquemment que la prélogie, dont les vaisseaux en 3D étaient ridiculement cleans : ici, les speeders et les vaisseaux semblent faits de vrai métal cabossé, et ça nous rappelle heureusement la facture brute des épisodes IV à VI. Il y a quelque chose de très organique dans ce film, qui retourne aux sources de Star Wars tout en actualisant la trame. Franchement, si les autres films sont aussi réussis que celui-là, ce sera un succès monstre – et un plaisir à regarder pour les fans et les non-fans, je l’espère.

Bon cinéma, et… que la Force soit avec vous! 😉

Anne-Sophie

Attendre après sa destinée : la réalité de plusieurs jeunes artistes

23 Déc

Le pire serveur de ma vie. C’était en septembre, durant le Festival de cinéma de la Ville de Québec. Nous étions dans un café bien connu de la Haute-Ville. Il y avait une amie réalisatrice et une autre directrice artistique. Ce soir-là, nous allions casser la croûte avant  une série de  courts-métrages. Il était sec, arrogant, il n’avait pas envie d’être là, on n’arrivait même pas à se comprendre pour une salade. Ça n’allait pas du tout, jusqu’au moment où il nous a entendues parler de cinéma. Soudainement, nous étions intéressantes. C’était si évident, encore un serveur frustré de ne pas être un acteur.

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Clara veut être une actrice

Une autre compagnie de théâtre a invité les Rockalouves à la production Clara veut être une actrice. Présentée pour la première fois à Québec, à L’Expo-Théâtre de la Visitation, la pièce raconte l’histoire de cette diplômée d’une école de théâtre qui est prête à tout pour vivre son rêve : devenir actrice.  Pour survivre et pour avoir du « vécu », elle travaille dans un café du Plateau Mont-Royal. Elle se sent obligée de sourire et tente de se faire valoir devant les vedettes. Tout me rappelait ce fameux serveur désobligeant. Un texte et une mise en scène de Valery Drapeau.

Sur scène, la comédienne Daphnée Côté-Hallé est seule, mais ça ne paraît pas. Elle danse, elle court, elle chante. Elle n’arrête pas. Elle est belle à regarder et surtout à écouter. Avec beaucoup d’autodérision, elle raconte son histoire et sans aucun doute celle d’autres jeunes talentueux qui sont prêts à beaucoup de bénévolat pour jouer.

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Toute la pièce se déroule dans un restaurant. Le décor est simple avec quelques tables et de la vaisselle. Durant 70 minutes, grâce au talent de Daphnée, on rencontre des clients chiants, des vedettes, de la petite bourgeoisie, une vieille collègue et Xavier Dolan qui s’arrête pour un café.  C’est si bien joué qu’on croit en la présence de tout ce beau monde. Une grande force de la production.

Histoires vraies

J’ai eu envie de savoir si cette histoire était celle de la jeune comédienne. « Ce texte vient surtout d’une observation générale de la situation précaire de tout artiste de la relève. Nous-mêmes, notre entourage… Il y a quelque chose d’autobiographique, c’est certain », m’a avoué Daphnée Côté-Hallé. « Comme en ce moment, je suis en route pour Montréal pour aller travailler dans un restaurant… C’est absurde », a-t-elle ajouté.

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Crédit : Clara Bordeleau- Artiste multidisciplinaire

Pour arriver à vivre de son art, Daphnée est proactive et elle crée ses propres projets. « Je dirais que c’est là la différence majeure avec Clara, qui, au contraire, attend après sa destinée », a lancé celle qui est également musicienne.

Et quand on lui demande si elle rêve de Broadway : « J’avoue que c’est mon dada, et que j’en rêve certainement, beaucoup plus qu’Hollywood disons, mais un peu comme un rêve de petite fille. », a dévoilé la comédienne.

À lire tous les commentaires Facebook qui se retrouvent sur la page de l’événement, je suis persuadée que nous reverrons Daphnée prochainement et ailleurs que dans un restaurant. J’ose espérer qu’elle conserve son beau sourire devant ses clients, car mon père me dit toujours: « Dans la vie, c’est mieux de connaître quelqu’un que de connaître quelque chose ». Souvent, je réalise qu’il a raison.

Sarah xx

Duo québécois

6 Oct

La semaine dernière, j’ai eu la chance de comprendre, encore une fois, l’étendue du talent artistique québécois dans deux œuvres distinctes. D’abord, dans une nouvelle mise en scène de Bousille et les justes de Gratien Gélinas, par Jean-Philippe Joubert. Puis, dans le visionnement de Paul à Québec, adaptation cinématographique de la bande dessinée éponyme de Michel Rabagliati.

J’ai eu envie de vous parler de ces deux œuvres touchantes d’une qualité incroyable.

BOUSILLE

C’est au Théâtre la Bordée que j’ai assisté à ce classique québécois. Je n’en savais que très peu de choses, mise à part l’auteur, les comédiens et le synopsis. Pour une fille qui a étudié en littérature, je n’étais pas trop fière.

La pièce raconte le passage de la famille Grenon à Montréal pour le procès du plus jeune, Aimé, accusé du meurtre d’un rival amoureux. Bien que tous soit convaincus de son innocence, les membres du clan familial sont prêts à tout pour qu’il soit acquitté et ainsi, garder sauf l’honneur de la famille. Bousille, cousin de la famille et seul témoin des événements, aura un grand rôle à jouer dans le jugement. La naïveté et droiture de celui-ci seront grandement ébranlés dans le processus.

Christian Michaud campe le rôle de Bousille si justement, si parfaitement, comme d’ailleurs tous les personnages qu’il a interprété. Je suis fan de son talent, c’est dit ! Ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé ; j’ai PLEURÉ pendant l’une des scènes les plus éprouvantes. Le jeu entre les personnages était très fort et cela venait jouer dans nos valeurs à nous, les spectateurs.

Pour sa part, la scénographie ouverte, qui donnait sur l’entièreté de l’espace de jeu de la scène de la Bordée, donnait un regard tout autre sur l’histoire, nous permettant d’y voir de la figuration et d’avoir une vue d’ensemble.

Je vous le recommande, en salle jusqu’au 10 octobre (faites vite !).

Christian Michaud en Bousille Crédit : La Bordée

Christian Michaud en Bousille
Crédit : La Bordée

 

PAUL

Les bandes dessinées de Michel Rabagliati sont populaires au Québec, par le talent de l’illustrateur mais aussi par les histoires différentes qui y sont racontées. Paul à Québec, le 6e album de l’auteur, est une véritable hymne à la vie, incarnée au cinéma par des acteurs de grand talent, pour ne nommer que François Létourneau, Gilbert Sicotte et Julie Le Breton.

J’aurais du mal à dire quel est le punch du film ou même qui est le personnage principal. La beauté réside dans le fait que c’est la vie, notre vie qui y est narrée. Dans sa beauté et sa tristesse parfois de ce qui meuble le quotidien et bâti les années.

J’ai aimé que des bouts de bandes dessinées y soient inséré, j’ai aimé la justesse du jeu des acteurs, la simplicité, les larmes qui ont confirmé que le film visait juste (OK oui, je suis une émotive).

Le générique termine sur une douce note et tous les spectateurs dans la salle sont restés assis portés par le même sentiment de réflexion, de regard sur la poésie de la vie.

J’espère vous donner envie de courir au cinéma visionner ce beau film québécois!

Crédit phtoo : Paul à Québec - Le film

Crédit photo : Paul à Québec – Le film

Appréciez-vous l’art québécois, sous toutes ses formes? Quels pièces, films, expositions avez-vous envie de voir cet automne?

Bonne écoute!

Laurie-Louve xxx

Action à l’américaine

18 Juin

Pour moi, l’été, c’est synonyme de films d’action et de lectures en série. Pour ceux et celles qui chercheraient une série de romans et/ou de films, je vous propose ce mois-ci la série Jason Bourne/Dans la peau, écrite par Robert Ludlum et Eric van Lustbader et portée à l’écran par divers réalisateurs depuis le début des années 2000.

En bref

Jason Bourne serait l’agent secret parfait: il parle couramment plusieurs langues, met K.-O. un adversaire en cinq secondes, sait passer inaperçu en toutes circonstances, ne montre aucune émotion… Or, il a perdu la mémoire. Lorsqu’on fait sa connaissance dans La Mémoire dans la peau, il n’est rien d’autre qu’un amnésique avec pour seul indice de son identité une puce intégrée sous sa peau. C’est là que s’engage une véritable course contre la montre pour comprendre qui il est, et ce qu’il doit faire, avant que ses ennemis le rattrapent. Au fil de la série, Bourne refait sa vie aux États-Unis, mais la tranquillité est toujours de courte durée: inévitablement, le passé revient le hanter, alors que ses vieux ennemis cherchent vengeance.

www.livredepoche.com

Crédi photo : livredepoche.com

Cela pourrait ressembler à n’importe quelle trame de roman d’espionnage. Or, Jason Bourne n’est pas un autre James Bond. S’ils partagent les mêmes initiales, ils n’ont pas grand-chose d’autre en commun. Bourne n’est pas le héros unidimensionnel auquel on s’attend : dans son esprit se côtoient deux personnalités distinctes, héritages d’un passé trouble. D’un côté, David Webb, diplomate, dont l’épouse et les enfants ont été tués par un raid de l’armée américaine. De l’autre, Jason Bourne, agent secret sans scrupules créé de toutes pièces par le gouvernement américain pour les opérations les plus périlleuses qui soient. Les deux personnalités se confrontent sans cesse, et le lecteur assiste, fasciné, aux dialogues intérieurs entre Bourne et Webb, alors que chaque décision peut causer sa mort ou celle d’un autre.

Les films, pour leur part, vont droit au but: Jason Bourne est un agent secret de la CIA, dangereux à souhait, et surtout, incontrôlable. Il fait un merveilleux personnage de film d’action, en effet, mais ça manque de profondeur comparé au roman. Toutefois, les amateurs de poursuites haletantes et de combats musclés ne seront pas déçus: il y en a des tonnes.

Mon verdict: Le roman, 100 fois

Voyez-vous, le problème de cette « adaptation », c’est que ce n’en est pas une. En fait, ça donne plutôt l’impression que le réalisateur a pris le personnage de Bourne -uniquement Bourne- et lui a donné son propre film. Pour le premier volet, ça passe: les divergences roman/film sont trop minces pour qu’on soit franchement outré. Mais pour la suite… Si vous avez lu les romans d’abord, attachez vos tuques, parce que vous allez vous arracher les cheveux. (Expérience vécue.)

Si vous n’avez pas lu la série et que vous voulez regarder un film d’action, par contre, allez-y sans réserve: vous ne serez pas déçu. On casse des gueules, on détruit de la carrosserie, et on fait exploser plein de choses.

Il se peut donc que vous deveniez fan de la série, que ce soit en version cinématographique ou littéraire. Sachez toutefois que les deux sont comme l’été et la pluie: ils se mélangent mal, même si, isolément, ils peuvent être agréables. 😉

Pour le lire

En français

La série Dans la peau, chez Grasset

Premier tome: La Mémoire dans la peau (Ludlum, 1980)

Dernier tome en date: La Traque dans la peau (Lustbader, 2011)

En anglais

La série Bourne chez Grand Central Publishing

Premier tome: The Bourne Identity

Dernier tome en date: The Bourne Ascendancy (Lustbader, 2014)

Pour le voir

The Bourne Supremacy / Jason Bourne: L’Héritage, dernier film en date, en DVD et Blu-Ray (et il y aura un autre film en 2016)

 

Bonne écoute/lecture!

Anne-So

À lire ou à voir: Mes incontournables de l’été

27 Mai

Bibliophiles, cinéphiles, unissez-vous! Pour vous préparer à la saison estivale qui approche à grands pas, je vous offre un panorama des adaptations cinématographiques à ne pas manquer cet été. Si jamais vous êtes en retard dans vos lectures, vous aurez quelques suggestions… à lire, de préférence, avant d’aller au cinéma.

Juin – Pause lecture

Hé non, il n’y a rien à signaler en juin. De quoi vous laisser le temps de vous mettre à jour pour le reste de l’été –ou même de l’automne, si ça vous tente.

Juillet – Sortez le popcorn!

 17 juillet : Mr. Holmes / Monsieur Holmes

Vous pensiez avoir tout vu de Sherlock Holmes, le fameux détective inventé par Arthur Conan Doyle? Eh bien, détrompez-vous. Dans cette nouvelle histoire inspirée du roman A Slight Trick of the Mind, paru en 2005, on retrouve un Sherlock Holmes âgé, affligé de trous de mémoire qui remettent en question son identité même : qui est Sherlock Holmes lorsque son esprit défaille? Lorsque sa logique ne le sert plus? Question plus qu’intéressante, à mon avis. Et pour ne rien gâcher, c’est Ian McKellen qui prêtera ses traits au célèbre détective.

 24 juillet : Paper Towns / La Face cachée de Margo

Adaptation du roman éponyme de John Green, c’est LE film que tous attendent cet été –surtout parce que Green est aussi l’auteur de Nos Étoiles contraires. Ça vous rappelle quelque chose?… Peut-être. Blague à part, La Face cachée de Margo raconte l’histoire de Quentin, amoureux de Margo depuis toujours, qui se retrouve son complice d’une nuit dans sa vengeance envers son ex-copain. Le lendemain, Margo a disparu, et Quentin part à sa recherche. En trame de fond, l’amour de Quentin pour Margo, et les amitiés improbables qui se nouent alors qu’il tente de la retrouver.

Août – Un petit dernier avant l’automne!

7 août : Dark Places / Les Lieux sombres

Si vous avez apprécié Gone Girl, vous aimerez sans doute Dark Places, l’adaptation d’un autre roman de Gillian Flynn. Seule survivante d’un drame familial, Libby affirme que c’est son frère aîné qui a tué ses parents et s’est ensuite suicidé. Des années plus tard, des adeptes de faits divers retrouvent des informations qui mettent en doute les dires de Libby. Je crois qu’il y a là tous les ingrédients d’un bon thriller –un drame mystérieux apparemment élucidé, une bande de délurés qui veulent découvrir la vérité et un suspect (Libby) récalcitrant à l’idée de déterrer des secrets bien enfouis.

Septembre – L’automne!

18 septembre – C’EST PAUL!

Je ne peux passer sous silence l’arrivée sur nos écrans de Paul à Québec, l’adaptation de la bande dessinée du même titre, écrite par le sympathique Michel Rabagliati. Le beau-père de Paul souffre d’un cancer. Toute la famille en est affectée, et chacun vit à sa façon la maladie qui empiète sur la qualité de vie de M. Beaulieu et de ses proches. Avec l’humanisme qui le caractérise, Rabagliati explore le thème de la mort, mais pas dans ce qu’elle laisse après : dans ce qu’elle amène avant, la lourdeur des jours qui s’essoufflent, et l’angoisse des cœurs qui se serrent. Si j’étais vous, je ne raterais pas ça.

En passant…

J’en profite pour vous dire que quelques romans québécois seront bientôt portés à l’écran –bientôt étant relatif, puisque la plupart de ces projets viennent tout juste d’être lancés.

Du bon usage des étoiles, de Dominique Fortier; réalisation: Jean-Marc Vallée

Et au pire on se mariera, de Sophie Bienvenue; réalisation, Léa Pool

La Petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaëtan Soucy; réalisation: Simon Lavoie

Et, si vous aimez Nelly Arcand, Anne Émond s’intéressera à l’univers particulier de cette auteure avec son prochain film, Nelly.

Bonne lecture, bon cinéma et… bon été! 🙂

Anne-Sophie

Le Monde de Charlie : comme un parfum de collège

20 Mai

Que vous soyez au cégep ou à l’université, les vacances sont à portée de main –si elles n’ont pas déjà commencé. Ces effluves de fin d’année scolaire m’ont donné envie de parler d’un roman américain au parfum entêtant de collège, Le Monde de Charlie. Porté à l’écran en 2012 avec pour têtes d’affiche Logan Lerman, Emma Watson et Ezra Miller, c’est un incontournable, tant sous sa forme littéraire que cinématographique.

THE PERKS OF BEING A WALLFLOWER Source : http://trauma.blog.yorku.ca/ Ph: John Bramley © 2011 Summit Entertainment, LLC.  All rights reserved.

Source : trauma.blog.yorku.ca

En bref

Charlie est un étudiant de collège mal dans sa peau. Après le suicide de son meilleur ami, il se retrouve seul à l’école, reclus, avec pour unique compagnie les romans que lui prête son enseignant de littérature. Traînant derrière lui un lourd secret, souffrant de crises d’angoisse, Charlie a du mal à se faire accepter par ses pairs, qui le ridiculisent sans relâche.

Par le plus grand des hasards, il devient ami avec deux étudiants de dernière année, Patrick et Sam. Avec eux, Charlie prend peu à peu le contrôle de sa vie. Au fil de l’histoire, on suit l’évolution de Charlie, qui prend lentement de l’assurance, dans un ton très réaliste, qui rappelle immanquablement l’ado mal dans sa peau que l’on a tous été à un moment ou à un autre de notre vie. Un récit touchant, poignant de vérité, avec des personnages attachants aux multiples facettes.

Mon verdict : Ex æquo

Pourquoi?

Je n’ai pas réussi à trancher entre l’adaptation cinématographique et l’œuvre originale. Les deux sont excellents, adoptant la même approche très humaine pour présenter l’histoire de Charlie. La sensibilité à fleur de peau du personnage principal, évidente dans le roman, est merveilleusement rendue à l’écran par Logan Lerman, très juste dans son interprétation.

La trame narrative est très semblable du roman au film. L’adaptation met de côté certains éléments du roman, mais place à l’avant-plan d’autres détails, qui font qu’on comprend mieux l’histoire. Je n’ai jamais vu une adaptation cinématographique qui approfondisse son œuvre de base à ce point : les deux se complètent parfaitement, trouvant l’équilibre entre la simple répétition du matériel original et sa modification.

Je dois avouer que le film propose une bonne bouffée de nostalgie: si vous n’avez pas envie de vous rappeler les difficiles (ou agréables?) années de secondaire, optez plutôt pour un film de superhéros ou quelque chose du genre (le choix est varié ces jours-ci dans le rayon superhéros et fin du monde, paraît-il).

Vous l’aurez compris, Le Monde de Charlie est une valeur sûre, que vous préfériez le lire ou le regarder. Évidemment, c’est un roman pour adolescents (ou jeunes adultes, si vous voulez), mais il a le mérite d’aborder des thèmes qui nous touchent à tout âge, comme le sentiment d’appartenance et la quête d’identité –la crise de la vingtaine, ça existe, non? 😉

Pour le lire:

En français: Le Monde de Charlie, chez Sarbacane

En anglais: The Perks of Being A Wallflower, chez Pocket

Pour le voir:

The Perks of Being a Wallflower/Le Monde de Charlie, sur DVD et Blu-ray

Bonne lecture (et/ou bon visionnement)!

Anne-Sophie

Le Jeu de l’imitation: À la perfection

10 Avr

Le film Le Jeu de l’imitation, mettant en vedette Benedict Cumberbatch et Keira Knightley, a reçu l’Oscar du meilleur scénario adapté en février dernier. « Adapté de quoi? » me direz-vous. D’une biographie d’Alan Turing écrite par Andrew Hodges, que j’ai lue pour vous. À la fois portrait de cet être d’exception qu’était Turing et chronique de la société britannique de 1910 à 1960, Le Jeu de l’imitation et son frère littéraire valent le détour.

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

En bref

Alan Turing est un génial mathématicien britannique au parcours atypique. Passionné de maths dès sa plus tendre enfance, il a du mal à s’adapter aux conventions sociales qui garantiraient le succès de sa carrière. Au début de la Deuxième guerre mondiale, il est pourtant recruté par les services secrets britanniques pour « craquer » le code utilisé par les nazis pour la transmission de leurs messages militaires. Avec l’aide d’une petite équipe de scientifiques, Turing met au point la première « machine de Turing », ancêtre de l’ordinateur (au cas où ça vous rappellerait quelque chose…).

Parmi son équipe, Alan peut compter sur Joan Clarke, jeune femme douée et indépendante. Pour éviter qu’elle rentre chez ses parents, Alan va jusqu’à la demander en mariage, malgré son homosexualité. Ensemble, rien ne peut les arrêter -pas même les codes nazis, qu’ils finiront par décrypter, écourtant la guerre et préservant des milliers de vies.

Qui gagne? Le film

Pourquoi?

Parce que… on plonge directement dans la Deuxième guerre, retrouvant un Alan Turing sûr de lui et de sa valeur intellectuelle, un peu détestable. Les retours en arrière permettent peu à peu de comprendre son parcours si particulier.

Parce que… la musique est merveilleuse. Alexandre Desplats s’est surpassé. Dès les premières minutes, j’ai été surprise par l’intensité et la justesse de la trame sonore.

Parce que… les dialogues sont efficaces, transmettant l’émotion à coup sûr, sans tomber dans le stéréotype ou la facilité.

Parce que… Benedict Cumberbatch est poignant de vérité. Turing est un personnage complexe, difficile à cerner, et Cumberbatch nous le rend sympathique.

Évidemment, la biographie en soi n’est pas dénuée d’intérêt. Mais les nombreuses théories et démonstrations mathématiques rendent la lecture laborieuse –même si elles sont nécessaires pour bien comprendre tout le génie d’Alan Turing. Il faut plus de 200 pages pour en arriver à la guerre, et ces 200 pages sont assez ardues pour rebuter quiconque ne serait pas un pro des maths ou n’aurait pas vu le film au préalable. Mais une fois ces 200 pages passées, on se retrouve au coeur des opérations de décryptage, et c’est fascinant.

Pour la petite histoire, Alan Turing est décédé en 1954, à 41 ans. Le film est sorti en salles à la fin 2014, soit soixante ans après le décès de son personnage principal.

Pour le lire :

En français : Alan Turing. Le génie qui a décrypté les codes secrets nazis et inventé l’ordinateur, par Andrew Hodges, chez Michel Lafond

En anglais : Alan Turing. The Enigma, chez Vintage UK

Pour le voir:

The Imitation Game / Le Jeu de l’imitation, disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 31 mars

Bonne lecture/écoute!

Anne-Sophie

9 bonnes raisons d’avoir encore plus hâte au printemps!

1 Mar

 

Header fleurs Les Rockalouves

Emballées à l’idée que le printemps arrive officiellement dans moins d’un mois, vos Rockalouves favorites vous proposent un décompte des activités qu’elles attendent avec impatience!

À vos agendas, prêts, PARTEZ!

 Les arts visuels:
Passion et engagement. La collecte à Québec:

Question de nous faire patienter d’ici le printemps, du 27 février au 22 mars se tient la toute première exposition du Cercle des collectionneurs d’art actuel à la Galerie 3 de Québec, où vous pourrez découvrir des œuvres inédites des plus grands noms du domaine en art!

– NADIA

La forme, à l’étranger:

Le 19 avril prochain aura lieu The Color Run à Paris. Un parcours de 5 km dans une ambiance festive et pleine de couleurs, suivie d’une fiesta organisée pour les participants à l’arrivée. Si le sport était toujours comme ça, j’en ferais sûrement plus! Pour vous mes compatriotes de Montréal ou Sherbrooke, c’est ici le programme.

-LISA MARIE

En Cinéma: 

Insurgés, le second volet de l’adaptation cinématographique de la série

Divergence, de Veronica Roth, prendra l’affiche le 20 mars. Au milieu de la guerre civile, Tris doit trouver le moyen de stopper Jeanine Matthews, prête à détruire tous ceux qui se dresseront sur son chemin vers la société parfaite -y compris Tris. Pour vous faire une idée, vous pouvez regarder la bande-annonce ici!

-ANNE-SOPHIE

La mode:

Mon petit coeur de modeuse a vraiment très hâte au Festival Québec Mode pour plusieurs raisons. La plus importante est que l’événement met en vedette des créateurs et des mannequins de Québec, ma ville natale! En plus, le tout se déroule en avril, juste au moment de l’arrivée du beau temps. Yahoo!
Programmation à venir par ici!

-VÉRO

La déco et la rénovation:

«PASSEZ DE L’INSPIRATION À LA RÉALISATION» Le slogan du prochain Salon National de l’Habitation est éloquent. Si vous avez comme projet de rénover votre maison ou même d’emménager dans une construction neuve, le Salon est fait pour vous. Plusieurs designers seront sur place pour vous donner des conseils et vous aiguillez dans vos choix. De plus, c’est l’endroit idéal pour être à l’affût des nouveautés. Du 6 au 15 mars 2015.

-STÉPHANIE

Pour faire la fête:

En mars, impossible de passer à côté des célébrations entourant la fête des Irlandais! Cette année, on se donne rendez-vous le 22 mars (ben oui, même si la St-Pat est le 17!) pour le 192e défilé de la Saint-Patrick, qui se déroulera sur Ste-Cath, au coeur du centre-ville de Montréal. Préparez votre flasque de Jameson pour midi!

-SUZIE

La musique:

Ariane Moffatt et Louis-Jean Cormier
À surveiller dans le paysage musical québécois : Deux anciens coachs de la populaire émission « La Voix » égaillerons notre mois de mars grâce à leurs attendus lancements d’album : « 22h22»  d’Ariane Moffatt le 10 mars prochain au Stereo Nightclub et « Les grandes artères » de Louis-Jean Cormier le 24 mars au Club Soda.

-CATHERINE

Patrice Michaud:
Le show de Patrice Michaud, fin avril, a de quoi me réjouir de la fin de l’hiver et l’arrivée du Printemps avec un grand P! Avec ses balades douces, joyeuses, sans prétention, j’ai que trop hâte d’assister à son spectacle au Théâtre du Petit Champlain. Achetez vos billets par ici.

-LAURIE

La bouffe:

Les Premiers Vendredis

Mes papilles gustatives salivent déjà à l’idée du lancement de l’événement Les Premiers Vendredis de l’Association des restaurateurs de rue du Québec. Le concept? De mai à octobre, Cuisine de rue organise mensuellement un événement rassembleur permettant aux foodies de déguster mets et breuvages de plusieurs entreprises locales de Street Food, tous les vendredis, dès 16h00. Avec plus d’une trentaine de camions, nous aurons de quoi se régaler une majeure partie de l’année!

-CHLOÉ

 

Voilà qui termine notre liste! Et vous, quels événements attendez-vous avec impatience ce printemps?

Bon dimanche!

Les Rockalouves

Nos Étoiles contraires : très triste et très beau

25 Oct
Source: http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/1346/1346188-gf.jpg

Source : Renaud-Bray

Les livres et les films, c’est bien. Mais quand un livre devient un film, alors là… c’est le bonheur! Dans ce blogue, je me donnerai pour mission de comparer des romans et leur adaptation cinématographique. Pour commencer, je m’attaque au touchant Nos Étoiles contraires (The Fault in our Stars), de l’auteur américain John Green, porté à l’écran cet été.

 

En bref : Hazel a seize ans, un cancer, une dépression… et une philosophie très claire : elle va mourir, alors elle ne doit s’attacher à personne, pour que personne ne souffre. Mais l’irrésistible Augustus (Gus) a d’autres plans. Désinvolte, frondeur, il fait voler en éclats la carapace de Hazel. En attendant la mort, ils savoureront de leur mieux la vie. Mais pour eux, il n’y aura pas de fin heureuse. Et même si c’est (très) triste, c’est (très) beau.

 

Qui gagne? le film (!!!!)

Pourquoi?

Parce que… Shailene Woodley et Ansel Elgort. Ils rendent à merveille leurs personnages, et l’émotion est juste. Toujours.

Parce que la fin, plus poignante que dans le livre.

Parce que… l’impression d’authenticité qui se dégage de toute l’œuvre.

 

Certains diront que le livre est toujours meilleur que le film. J’étais de cet avis, avant de regarder Nos Étoiles contraires. Le film exalte les qualités du roman, et l’atmosphère et le ton sont fidèles à l’original.

Si jamais vous avez envie de regarder le film, il est disponible sur DVD et Blu-ray depuis le 16 septembre. Si vous préférez le roman, il est publié en français aux éditions Nathan, et en anglais chez Speak. OK?

 

Anne-Sophie

Oscars 2014 : Aucune surprise, quelques moments touchants… et beaucoup de tweets!

3 Mar

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«And the oscar goes to…»

Cinq petits mots qui précèdent si bien nos noms, lorsque nous sommes plus jeunes et rêveurs. Je le sais, j’ai pratiqué souvent. J’ai même une fausse statuette dorée pour le prouver. On parle quand même ici d’un des événements les plus prestigieux d’Hollywood : un tapis rouge, des bijoux précieux, des légendes du cinéma, des kodaks par milliers…n’oublie pas ton petit soulier!

Les films sont universels. Ils sont rassembleurs. Ils sont porteurs de messages. Ils sont à l’image de notre génération. Et clairement, la tendance de notre génération est au réel. Quand la réalité dépasse la fiction, littéralement. La majorité des films en lice sont inspirés de faits vécus, 12 Years a Slave, Dallas Buyers Club, Philomena, NebraskaNous sommes dans l’ère du réel. Nous voulons de l’authenticité. De la «vraie vie». (Cela veut aussi dire parfois, à l’ère des remakes, à l’ère où il est inutile de pousser l’imaginaire encore plus loin, encore plus haut…)

Émotions

Normal alors, que les moments les plus touchants et forts d’une telle soirée soient les speechs des vainqueurs.  Ces segments sont les plus spontanés et expressifs de la soirée, à l’image contraire des visages plastico-platrés des vedettes souhaitant à tout prix défier les effets du temps. Jared Leto, Lupita Nyong’o, Matthew McConaughey ont bien retenu notre attention après avoir monté sur les marches pour recueillir leur trophée.  Car mis à part ces moments touchants, les selfies des vedettes, la prestation contagieuse de Pharrell ou la commande de pizza d’Ellen DeGeneres, l’animatrice de la soirée, il n’y a eu aucune surprise quant au contenu des enveloppes.

Les artisans de Gravity retournent à la maison avec la majorité des statuettes techniques, ainsi que celle du meilleur réalisateur, décernée à Alfonso Cuaron. Dallas Buyers Club s’est illustré avec ses costumes et ses maquillages, ainsi qu’avec ses performances d’acteurs. Il devait y avoir un méchant bon réalisateur à la barre de ce film pour les diriger, n’est-ce pas ? 12 Years a Slave n’a rien à envier à personne, puisque le film repart avec le grand titre convoité du meilleur film de l’année et ajoute son nom parmi Gladiator, American Beauty, Schindler’s List, Braveheart, Forrest Gump, The Departed…

 

La soirée dorée en rafale :

  • L’humour de malaise d’Ellen DeGeneres. «It’s going to be an exciting night. Anything can happen, so many different possibilities. Possibility No. 1: 12 Years a Slave wins best picture. Possibility No. 2: You’re all racists. And now please welcome our first white presenter…»
  • Nous avons eu droit à un monologue d’Ellen, mais où était le numéro d’ouverture? Si j’étais vous, membres de l’Académie, je lâcherais un petit coup de fil au duo des Satiriques
  • Une performance juste et touchante de Somewhere Over The Rainbow par la talentueuse et athlétique Pink.
  • Le segment «In memoriam» où malheureusement, années après années, on reconnaît de plus en plus de visages…
  • Le conte de fée de Barkhad Abdi, en nomination pour le meilleur acteur de soutien, pour son rôle dans Captain Phillips
  • Oscar a encore échappé aux mains de Leonardo Dicaprio ! Soyons sans crainte, son tour viendra…
  • Où était Jack Nicholson avec ses lunettes fumées ?

Soyez pour ou soyez contre, mais je vous en prie, regardez les films avant de les juger.

Et mettez-vous au défi de consommer pleins de genres et de styles différents pour vous bâtir une solide opinion.

It’s a wrap.

JP

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