Tag Archives: art visuel

Floraison d’expositions.

8 Mai

Au printemps, il n’y a pas que les arbres qui sont en fleur, mais la programmation artistique aussi. Elle nous apporte bon nombre de surprises, de découvertes, qu’il vaut la peine de surveiller attentivement.

Beau temps, mauvais temps, quoi de mieux que de se balader dans St-Roch et s’arrêter pour voir quelques expositions? Mes suggestions juste ici.

VU PHOTO

L’étendue de mes connaissancesJacinthe Robillard, jusqu’au 24 mai

Au début, on croit voir une série de portraits habituelle. Cependant, à la lecture du descriptif de l’expo, on comprend qu’il s’agit des proches et des connaissances de l’artiste photographiés individuellement dans le but de faire ressortir une certaine authenticité.

Chacun d’entre eux s’est prêté à l’exercice suivant : tenter de comprendre un tableau d’instructions pour la création d’une grue en papier, figure de proue de l’origami. Les participants en oublient vite la caméra, dans ce travail de contemplation et de compréhension, si bien que leurs traits de personnalité ressortent rapidement : patience, doute, détermination, etc.

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crédit photo: Jacinthe Robillard

Les photos ont été prises dans un environnement neutre, elles n’ont rien d’exceptionnelles si ce n’est que les différentes expressions dessinées sur le visage des sujets. Le concept en soi est charmant, sans plus.

The force of what lives us outliving the mountainSteven Beckly, jusqu’au 24 mai

L’artiste travaille à partir de photographies anciennes, desquelles il fait ressortir le côté ambigu des relations représentées. On en ressent son interrogation sur les normes culturelles relatives à la proximité, l’intimité. Les sujets y sont de même sexe, souvent enlacés, rapprochés. Plusieurs questions nous viennent à l’esprit à la vue de ces images : Quelles relations entretiennent ces gens? Quels liens les unissent? Sont-ils frères, sœurs, amis, amoureux? Dans quel contexte ces photos ont-elles été prises?

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crédit photo: Steven Beckly

J’ai particulièrement aimé le design de l’exposition; à l’entrée, à gauche, une multitude de cadres photo en papier, finement épinglés, dont on imagine les photos disparues. Au centre, les photographies anciennes qui suscitent une certaine perplexité. Un questionnement. On souhaite en savoir davantage sur ces gens effacés par le temps. À droite de la salle, des papiers calque épinglés où sont retracés les notes de l’endos des photos présentées. Des dates, des petits mots, des noms. Bref, une exposition empreinte d’une minutie évidente, où s’entrecroisent des histoires incomplètes.

ENGRAMME

ROC Marlène Renaud-B., jusqu’au 7 juin.

Installation impressionnante que nous propose Marlène Renaud-B, où l’on peut admirer de nombreuses impressions à l’encre sur papier de disques de roc, résultats des mécanismes d’installation sonore installés dans la salle, qui permettent aux visiteurs, à l’aide d’une pédale, de graver le disque grâce à un dispositif semblable à un gramophone et d’en entendre le son produit. Une interprétation de la gravure unique et inventive, une installation interactive qui plaira assurément.

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crédit photo: Marlène Renaud-B.

Bonne découverte artistique,

NADIA

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L’art du papier

28 Mar

Plutôt méconnu du grand public, cet art fragile et délicat a suscité mon intérêt l’an passé au Symposium de Baie St-Paul, alors que Myriam Dion peaufinait minutieusement son travail devant les visiteurs attentifs et impressionnés. J’avais déjà entrevu de ses œuvres, mais mon admiration était d’autant plus grande lorsque je voyais l’étendue des heures de travail dans le transparent bout de papier qui était déposé devant moi, heures transposées en de petites ouvertures qui créaient un motif hallucinant.

Myriam nous expliquait qu’en ce monde où le stress est omniprésent, dans cette société qui ne sait s’arrêter un moment, elle avait eu le besoin tout stopper. De s’appliquer, de passer de longues heures à travailler le papier. Il s’agissait presque d’une méditation forcée, un espace-temps où réfléchir, où être tout simplement, comme nous oublions si souvent de le faire. De se le permettre.

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Crédit photo: Myriam Dion

Lorsqu’une page de journal l’intéressait, par son visuel ou son fait d’actualité, elle la prenait, sachant qu’elle la ferait devenir autre chose plus tard : en souligner la typographie, en intégrer les signes et les lettres à de nouveaux motifs qu’elle créerait, en préciser les détails… Comme nous pouvons le lire dans son CV, Myriam « ajoure, magnifie et fragilise ». Apposer une certaine lenteur, sacrifier de son temps pour en investir l’œuvre, tout en rappelant l’utilité des travaux manuels, tel est son but. À cet historique visuel qui est sien, se trace le lien avec l’ornementation si primée de jadis.

Nous absorbons mieux la lourdeur du monde qui nous entoure à la simple contemplation de l’une de ses pièces. La répétition certaine de la délicatesse par excellence, le produit de la minutie inventive. Un lieu uniquement visuel où se reposer.

further North

Further North, Elise Wehle

En va de même pour la talentueuse Elise Wehle, dont le travail est né d’un amour pour le papier et d’une haine du numérique. Elle innove à partir de dessins et de photographies pour en faire de nouveaux horizons en découpant de fines lignes et en insérant diverses formes. Cette démarche artistique lui rappelle que tout n’est pas aussi instantané qu’un clic de souris, comme nous pouvons le lire sur son site.

Figments

Figments, Elise Wehle

Le temps est une matière précieuse et ces deux artistes se donnent la peine de nous le faire découvrir de nouveau. Ou de nous le remémorer, du moins. Un exercice auquel nous devrions nous livrer pour retrouver la quiétude et un brin de patience, non?

NADIA

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