Tag Archives: anxiété

Mon alter ego

14 Juin

Pas plus tard qu’avant-hier, j’ai écrit à ma rédactrice en chef pour lui dire que je ne pourrais pas publier ce mois-ci. Un million d’affaires à penser, mais la tête vide. Trop stressée. Ben oui. C’est comme ça que je réagis face au stress, moi. Tel un lièvre au milieu de la 20 qui voit un char s’en venir à vive allure, je fige. Ou ben je me mets à courir dans le mauvais sens.

Lors de notre première rencontre, ma psy m’a demandé si je vivais bien avec le stress. Pour vrai, je ne sais jamais quoi répondre à cette question-là. Le stress, c’est comme mon alter ego. D’aussi loin que je me souvienne, il a toujours fait partie de ma vie. Parfois, il se terre dans un petit coin et se fait discret pendant un temps. Puis, il décide qu’il en a marre d’être dans l’ombre et il vient se mettre sous les feux de la rampe, pour être bien certain que tout le monde le voie et sache qu’il est là. Je pense qu’il souffre d’un grand manque d’attention, mon stress. Lui aussi, il devrait aller consulter.

Des fois, je suis capable de mettre le doigt sur le bobo. C’est le cas en ce moment. Je travaille beaucoup, et j’ai un déménagement qui s’en vient. Pis moi, le changement, j’aime pas ben ben ça, t’sais.

D’autres fois, le stress se pointe sans raison apparente. Un peu comme un mononcle qui n’a pas donné de nouvelles depuis des mois et qui décide de s’inviter à souper un lundi soir, sans même t’appeler avant. C’est tannant, c’est déboussolant, pis ça gâche le reste de la semaine.

Loin de moi l’idée de rejeter la faute sur qui que ce soit, mais il faut quand même dire que j’ai un bagage génétique assez rock ‘n’ roll merci. Le stress, la détresse psychologique, c’est monnaie courante dans ma famille. Nous autres, le cancer, l’arthrite pis le diabète, on ne connaît pas ça. Par contre, des dépressions, des burn out, des troubles de la personnalité, en veux-tu, en v’là.

Sachant cela, j’essaie de porter une attention particulière à mon mental, à plus forte raison depuis que je travaille à mon compte. Pourquoi? Parce que je suis seule 98 % du temps. C’est un choix que j’ai fait et je l’assume totalement. Toujours est-il que le risque de sombrer est bel et bien présent. Je n’ai ni collègues ni colocs qui pourraient me faire remarquer que mon comportement a changé, que je ne suis plus la même qu’avant. Du coup, des fois, je me lève de ma chaise, je me regarde dans le miroir et je me dis : « Eh, ma chouette, ça va-tu? Regarde-moi. Ça va-tu vraiment? »

Si la réponse est oui, parfait, on continue comme ça. Dans le cas contraire, je m’oblige à prendre le téléphone et à aller jaser avec quelqu’un. Pas demain, pas le mois prochain; tout de suite. Je l’ai fait plus d’une fois, et je n’hésiterais pas à le refaire au besoin. C’est tellement, tellement important.

Mon ordi ne serait pas content de m’entendre dire ça, mais ma tête, c’est mon principal outil de travail. Faut que j’en prenne soin. De la même façon que je fais nettoyer mon ordi une couple de fois par année, je m’assure de faire le ménage dans ma tête de temps en temps. Y a-t-il quelque chose que je traîne et que je devrais laisser derrière moi? Un souvenir pénible, un mauvais sentiment, une vieille rancœur? Des fois, je fais une reine des Neiges de moi-même et j’arrive à me libérer de ce qui me pèse. D’autres fois, j’ai beau essayer, ça ne fonctionne pas. Et c’est à ce moment-là qu’il est essentiel de lâcher prise. Tu ne veux pas t’en aller, mister Stress? Correct. Fais-le, ton show. Le jour où tu vas te rendre compte qu’il n’y a plus personne pour t’applaudir, tu vas ben finir par aller voir ailleurs. Sois sûr d’une chose, c’est que je n’y serai pas.

Jenny

Publicités

Respirez, ce texte n’est pas stressant ;)

22 Juin Stress

Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que je n’ai jamais autant senti de stress et d’anxiété autour de moi que ces dernières années. Je travaille dans une université et les projets portant sur ces thématiques sont plus que jamais populaires.

Pourquoi? Sûrement à cause du rythme effréné de nos vies et d’un souci de performance : on veut tout faire et on veut le faire à la perfection. J’avais une discussion par texto avec des amis récemment sur comment se passait notre journée. Tout le monde était dans le jus.

Comme si être très (trop) occupé était un état normal et que si tu ne l’es pas, tu te pognes clairement le beigne. On glorifie même cet état. Tu es débordé (tu sens probablement que tu perds le contrôle, ce qui te rend anxieux)? Tu travailles sûrement davantage et plus fort que ton voisin qui n’est pas en train de s’arracher les cheveux.

J’ai assisté, il y a quelques semaines, à la conférence Le stress ou comment chasser les mammouths sans y laisser sa peau de Sonia Lupien, chercheuse et directrice du Centre d’études sur le stress humain. Si vous avez un collègue over stressé, c’est LA conférence parfaite pour lui! Sans blague, c’est une oratrice hors pair qui présente ses recherches de façon très claire et imagée.

Elle y présente ce qu’est le stress, comment il se manifeste et les conséquences directes qu’il a sur notre corps et notre santé. C’est cette démonstration qui m’a le plus troublée.

Toute cette mauvaise énergie qu’on peut dépenser pour du stress, la plupart du temps inutile et qu’on s’est créé soi-même, et qui se reflète sur notre santé morale et physique. Pire, qui peut se développer en maladie et nous affecter sur une longue période de temps.

Des choses simples comme respirer par le ventre, bouger, rire…voilà ce qui peut contrer le stress dès les premiers symptômes.

Il y a évidemment un côté bien personnel sur la façon dont on gère notre stress.

Ma façon à moi, c’est de penser à ce qui a une réelle importance dans ma vie : la santé et être bien entourée. C’est aussi de relativiser, il y a sûrement des gens qui vivent un stress bien plus grand que le mien en ce moment quelque part dans le monde.

Je souhaite trouver des façons de rire davantage en période de stress. Un bon fou rire peut éloigner bien des maux. Ça veut aussi dire de passer plus de temps avec ceux qui me font sourire. 😉

À go, on déstresse.

Michèle

%d blogueurs aiment cette page :