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Star Wars VII : retour aux sources réussi

6 Jan

Vous le savez déjà, j’avais une hâte indescriptible d’enfin voir Star Wars : Le Réveil de la Force au cinéma. J’ai attendu dix jours (DIX JOURS!!) avant d’enfin m’asseoir devant l’écran géant pour me plonger dans les nouvelles aventures de cette Galaxie Très, Très Lointaine, le cœur battant comme si je venais de courir le 100 mètres contre Usain Bolt.

 

Star Wars poster

Source: screencrush.com

 

Je n’ai pas été déçue.

On retrouve la Galaxie Très, Très Lointaine presque quarante ans après la chute de l’Empire. La situation ne semble pourtant pas meilleure : le vil Premier Ordre a remplacé l’Empire à la tête de la galaxie, et la Résistance cherche à le renverser pour ramener la paix. Tout au long du film, on suit Finn, déserteur du Premier Ordre, et Rey, pilleuse d’épaves sans famille, qui cherchent à rejoindre la Résistance pour leur rendre le droïde qui contient les cartes permettant de retrouver le Jedi exilé Luke Skywalker, seul espoir de la Résistance de renverser le Premier Ordre.

L’histoire à elle seule ne justifie pas l’émerveillement que j’ai ressenti à regarder le film : en fait, elle ressemble beaucoup à celle de l’Épisode IV. Voir un nouveau Star Wars, c’est me replonger dans un univers mythique, revivre toute la magie qui faisait battre mon coeur la première fois que j’ai vu Luke saisir un sabre laser et retrouver des personnages adorés depuis mon enfance. Personnages qui, alliant nouveaux visages et vieux de la vieille, nous sont sympathiques dès le départ : on espère que les nouveaux venus s’en sortent, sans savoir qui ils sont. Le côté humain du film est très réussi : les personnages sont parfois maladroits, toujours spontanés, et ô combien intéressants.

Ce qui fait aussi la valeur de cet épisode à mes yeux, c’est la force de Rey, le personnage féminin le plus cool de tout Star Wars. Leia était pleine de sang-froid et capable d’affronter n’importe quoi, mais elle finissait toujours par être secourue par Luke ou Han; Padmé avait un sens politique incroyable, mais elle laissait son amour pour Anakin prendre le dessus sur tout le reste. Rey, elle, n’a définitivement besoin de personne. Elle est une pilote hors pair, faisant fonctionner seule le Faucon Millenium; utilisant son bâton comme une arme, elle est redoutablement efficace, mettant à terre des adversaires entraînés par le Premier Ordre. Franchement, je ne peux pas rêver mieux.

Star Wars Rey

Rey et BB-8 rappellent inévitablement Luke et R2-D2, mais… on aime ça! Source: premiere.fr

L’aspect visuel du Réveil de la Force est aussi intéressant : fidèle aux originaux, il ne fait pas appel aux effets spéciaux aussi fréquemment que la prélogie, dont les vaisseaux en 3D étaient ridiculement cleans : ici, les speeders et les vaisseaux semblent faits de vrai métal cabossé, et ça nous rappelle heureusement la facture brute des épisodes IV à VI. Il y a quelque chose de très organique dans ce film, qui retourne aux sources de Star Wars tout en actualisant la trame. Franchement, si les autres films sont aussi réussis que celui-là, ce sera un succès monstre – et un plaisir à regarder pour les fans et les non-fans, je l’espère.

Bon cinéma, et… que la Force soit avec vous! 😉

Anne-Sophie

Star Wars : revisiter un classique

8 Déc

À moins que vous viviez dans « une galaxie très, très lointaine », vous savez que, dans dix jours exactement, la folie Star Wars s’emparera des écrans pour l’épisode VII, Le Réveil de la Force. Pour célébrer le retour de Luke, Leia, Han et compagnie, je vous propose une relecture (littérale!) de l’épisode charnière de la série, celui qui a fait disparaître Anakin Skywalker pour le transformer en l’impitoyable Darth Vader : La Revanche des Sith. Alors… la Force est-elle plus forte dans le roman ou dans le film?

Avant de répondre à cette question d’importance vitale, je me permets de vous faire un résumé de la tragique descente aux Enfers d’Anakin Skywalker, le très doué (et très prétentieux) apprenti du tout aussi doué mais très humble Obi-Wan Kenobi. Anakin est bourré de talent, prometteur : c’est l’Élu chargé de ramener l’équilibre dans la Force. Toutefois, il s’est déjà écarté de cette voie en épousant Padmé Amidala qui attend un enfant de lui. Poussé par une peur irrationnelle de perdre Padmé qui l’entraîne lentement vers la paranoïa, Anakin sombre dans une spirale de mensonge et de colère qui le fera basculer vers le côté Obscur –et lorsqu’on bascule dans l’Obscurité, on n’en revient pas.

Star Wars livre

amazon.fr

Match nul!

C’est simple, je n’arrive pas à me décider. Dans le roman, j’ai été automatiquement conquise par le style vivant et imagé de Matthew Stover, qui sait à merveille décrire les batailles intergalactiques tout en décrivant à la perfection les personnages, dont il saisit toutes les nuances. Sa plume est à la fois efficace et dramatique, nous donnant la chair de poule alors que l’Obscurité menace d’engloutir la Lumière. L’auteur exploite à merveille les possibilités du roman, déviant de la trame cinématographique, ajoutant des scènes… Une transposition littéraire brillante, qui complexifie son matériel-source.

Dans le film, j’ai retrouvé tous les ingrédients qui m’ont fait adorer la première trilogie: intrigues politiques, combats de sabre laser époustouflants, épiques batailles de vaisseaux spatiaux… Les effets spéciaux sont à leur meilleur : la confrontation finale entre Anakin et Obi-Wan est à couper le souffle, chargée d’une tension dramatique très forte, incluant des poursuites haletantes au milieu d’un paysage volcanique aux allures infernales. Visuellement, c’est une belle réussite: du cinéma exploité au maximum.

Bref, si vous voulez vous replonger dans l’univers de Star Wars avant la grande sortie de l’Épisode VII, je vous conseille sans hésiter une lecture (ou un visionnement) de La Revanche des Sith, un divertissement efficace, alliant drame et action avec justesse. Et si vous décidez de vous taper la série au complet, en version littéraire ou cinématographique, eh bien… que la Force soit avec vous! 😉

Anne-Sophie

 

Pour le lire

En français: Star Wars, Episode III: La Revanche des Sith, par Matthew Stover, chez Fleuve Noir.

En anglais: Star Wars, Episode III. Revenge of the Sith, chez Ballantine.

Pour le voir

En DVD et Blu-Ray.

Le « blues » des 25 ans

5 Nov

Ça y est, j’ai 25 ans.

Dans cinq ans, j’en aurai 30.

Quand j’étais ado, 25 ans, c’était aussi lointain que la lune. Je me disais que j’aurais un chum, une maison, une voiture, que je serais mariée, peut-être mère.

 

 

Crédit image : amelieslittlesecrets.tumblr.com

Crédit image : amelieslittlesecrets.tumblr.com

Euh… Non. Désolée, ado Anne-So. Ça ne marche pas toujours comme ça.

Je n’ai pas de chum, ni de maison, je ne suis pas mariée, ni mère. Tout ce que j’ai, c’est une voiture –que je n’ai même pas fini de payer.

Alors, en ce moment apparemment charnière qui devrait vraisemblablement s’accompagner d’une crise existentielle, je me rends compte que ce qui est en crise, ce n’est pas moi, mais plutôt le modèle auquel on m’avait entraînée à aspirer.

Le modèle de maison-boulot-mari-enfants semble étriqué. Trop petit pour contenir toute la réalité. Trop étroit pour l’étendue des possibles.

J’ai toujours détesté les modèles. Ils limitent l’horizon, étouffent la pensée.

Alors, mon « blues » de 25 ans, je voudrais le jeter aux poubelles.

Oui, il y a des jours où je me sens profondément loser quand je me retrouve en pyjama à 18h, avachie devant ma télé à écouter des séries en rafale. Des jours où je désespère à l’idée de ne jamais trouver le « véritable amour » qui semble si essentiel à toute vie humaine.

Et il y a d’autres jours, beaucoup plus nombreux, où je me dis « Fuck it. »

Fuck it all.

Fuck le vieux modèle. Fuck les enfants pis le mari. Fuck le bungalow et le chien.

J’aime pas les enfants, ni les mariages, ni les bungalows, ni les chiens.

Est-ce que je suis plus malheureuse qu’une autre, toute seule? Non.

Est-ce que je suis moins heureuse dans mon petit appart de colocation que dans une maison? Non.

Est-ce que ça me manque tant que ça d’avoir un chum? Non.

J’ai 25 ans, oui. Je ne « fitte » pas dans le moule. Pis?

J’ai 25 ans, oui, et même si je n’ai pas autant de choses que si j’avais une job steady, un chum qui travaille à temps plein et pas de doctorat en cours, ça n’a pas d’importance.

Ce qui a de l’importance, ce n’est pas ce qu’on a. Ce n’est pas la maison que je ne peux pas acheter et que d’autres ont déjà, pas le mari dont je ne veux pas. Ça, c’est ce qu’on essaie de me faire voir comme le plus important.

Ce qui compte vraiment, c’est ce qu’on est. Et les gens avec qui on le partage.

Ce qui compte, c’est d’être devenue quelqu’un qui me plaît. Une fille pleine de failles et de défauts, mais qui sait ce qu’elle veut, où elle va, et quelles limites elle est prête à poser –ou à dépasser.

J’avais peur de mes 25 ans. Finalement, je pense que je suis prête.

Viens-t’en, la vie.

Je t’attends.

Anne-Sophie

 

« Toujours Alice »: Briser les tabous

5 Oct

J’avais hâte d’enfin lire et voir Toujours Alice / Still Alice. Mettre au centre d’une histoire un personnage atteint d’Alzheimer précoce était un pari risqué: la démence n’est pas un sujet très à la mode. Mais le pari est réussi haut la main par l’auteure Lisa Genova avec un roman touchant que l’on lit d’une traite. Comparaison avec le film.

En bref

Alice Howland, 50 ans, mère de trois enfants, est professeure d’université. Tout semble parfait, jusqu’au jour où elle commence à oublier. Des banalités d’abord, puis des choses de plus en plus importantes. Après s’être perdue dans son propre quartier, elle consulte un neurologue et le diagnostic tombe: Alzheimer précoce. Alice tente courageusement de continuer sa carrière universitaire, mais elle est vite forcée de se concentrer sur sa santé. Elle s’accroche de son mieux à ses souvenirs, mais ils s’envolent de plus en plus et même son corps la trahit. Une histoire criante de vérité, qui met en lumière le difficile parcours de tous les malades atteints d’Alzheimer qui, comme le dit Alice dans le film, ne peuvent pas compter sur la sympathie des autres face à leur maladie mais doivent plutôt affronter leur mépris et leur incompréhension.

Source: renaud-bray.com

Source: renaud-bray.com

Qui gagne? Le roman

Pourquoi?

La narration est férocement efficace. On suit la lente dégénérescence d’Alice comme dans une course contre la montre, alors que les indices de progrès de la maladie s’accumulent et que ses souvenirs s’étiolent. Tout au long du roman, l’émotion est palpable. La détresse d’Alice nous déchire le coeur. C’est une histoire qui touche, qui prend aux tripes, parce qu’elle fait écho à la réalité de tant de gens. C’est une histoire qui m’a touchée, moi, parce que mon grand-père est décédé de l’Alzheimer très jeune. En voyant les enfants d’Alice, je pensais à ma mère, dans la jeune trentaine, quand son père est tombé malade. Et je ne suis sûrement pas la seule qui reconnaît ses proches dans cette histoire.

Le film malheureusement peine à rendre justice à son matériel source. Les problèmes d’Alice défilent, mais on n’appuie sur aucun et on a l’impression finalement que toutes ces fois où elle oublie des choses importantes, où elle ne reconnaît plus sa propre fille, n’ont pas d’importance. Peut-être est-ce un effet de style: les petits drames quotidiens se perdent comme dans la mémoire effilochée d’Alice. Le drame est tout de même là et les critiques sont unanimes à déclarer ce film comme l’un des meilleurs de l’année. Je suis mauvais public, apparemment. 😉

Encore une fois, il faut saluer l’audace de l’auteure qui réussira peut-être à briser les tabous entourant cette maladie encore stigmatisée par notre société. Et il faut saluer aussi l’humanisme de cette oeuvre qui démontre bien qu’un malade reste un être humain à part entière jusqu’au bout -même si les souvenirs et les mots lui échappent.

Bonne lecture et/ou bon visionnement!

Anne-Sophie

Quand la télé s’inspire de la littérature

7 Sep

Vous croyez peut-être que le cinéma est le seul à emprunter ses scénarios à la littérature. Eh bien, non! La télévision aussi pige joyeusement dans les pages de diverses œuvres. En ce début d’automne propice au visionnage en rafale, je vous propose un aperçu de quelques-unes de ces séries inspirées par la littérature.

Orange is the New Black/L’orange lui va si bien

Même cette série-phare de Netflix n’échappe pas au phénomène : elle est adaptée du roman du même titre (ou, plus exactement : Orange is the New Black : My Year in a Women’s Prison) écrit par Piper Kerman. La base du scénario est la même pour l’originale et l’adaptation : le personnage principal, Piper, est condamnée à 15 mois de prison après avoir aidé une amie/amante à transporter de la drogue aux quatre coins de la planète. Acclamée par la critique, la série est disponible en version française sur Netflix Canada.

Haven/Les Mystères de Haven

C’est grâce à cette série que j’ai décidé d’écrire ce billet. La semaine dernière, ma coloc a écouté à la file les deux premières saisons de cette série fantastique inspirée d’un roman de Stephen King, The Colorado Kid. Agente spéciale du FBI, Audrey Parker se retrouve dans la petite ville de Haven, où de mystérieux événements causés par des forces surnaturelles se produisent. Audrey est la seule à comprendre ces phénomènes et à pouvoir les arrêter. La série est disponible en DVD, et on peut aussi la suivre sur AddikTV.

Sex and the City/Sexe à New York

Je n’ai pas pu m’empêcher de glisser ce classique dans ma liste. Mettant en vedette Sarah Jessica Parker et ses trois acolytes, cette série est elle aussi inspirée de la littérature, soit d’une série de chroniques écrites par Candace Buschnell. Dans le New York des années 1990-2000, Carrie et ses amies enchaînent séances de shopping et parties de jambes en l’air à une vitesse propre à la Grosse Pomme, ville des excès. Au-delà de toutes les paillettes, l’amitié indestructible entre les quatre femmes, qui s’entraident à travers différentes épreuves dont leur vie de luxe ne les épargne pas. Ça passera certainement sur Prise 2. 😉

P.S.: je me permets de mentionner que cette bande-annonce de la saison 6 (la seule que j’ai trouvée sur YouTube) me semble plutôt douteuse… mais j’imagine que si j’avais vu les saisons précédentes, je comprendrais. 😉

House of Cards/Le Château de cartes

House of Cards est un cas à part : c’est une adaptation de la série britannique du même titre, elle-même adaptée d’un roman écrit par Michael Dobbs. On a presque le tournis, n’est-ce pas? 😉 Cette série politico-dramatique explore les coulisses de la Maison-Blanche sous l’œil de Frank Underwood, qui a aidé son ami à devenir président des États-Unis contre la promesse de celui-ci de le nommer Secrétaire d’État. Lorsque le président rompt sa promesse, Underwood et son épouse se jurent de lui faire perdre son poste – par tous les moyens. Première production originale de Netflix, la série est toujours disponible sur cette plateforme.

Bon visionnage en rafale et/ou bonne lecture! 🙂

Anne-Sophie

P.S.: Ah oui… Au cas où vous ne le saviez pas, la plus que populaire série Game of Thrones/Le Trône de fer est aussi inspirée de la littérature: elle est basée sur la série A Game of Thrones: A Song of Ice and Fire, en français Le Trône de fer, de George R.R. Martin. Accrochez-vous: vous en aurez pour quelques mois à passer à travers les tomes déjà parus… au moins. 😉

Coupe Rogers: Une fois dans sa vie, au moins!

19 Août

Aller à la Coupe Rogers à Montréal, ce n’est pas seulement aller à un tournoi de tennis. C’est sentir une ambiance, écouter l’écho des innombrables balles qui frappent les raquettes et les courts sur la vingtaine de terrains qui bordent le stade Uniprix, et ressentir l’atmosphère survoltée d’un endroit où tout le monde semble respirer le tennis. À vivre une fois dans sa vie, au moins.

Pour ma part, c’était une deuxième expérience à la Coupe Rogers. La première fois, c’était en 2009, et je garde un souvenir impérissable de mon périple montréalais – surtout parce que j’avais rencontré l’un de mes joueurs préférés de l’époque, le grand Russe Marat Safin.

Le numéro 8 mondial Rafael Nadal durant son match de deuxième tour. Photo Anne-Sophie Gobeil

Le numéro 8 mondial Rafael Nadal durant son match de deuxième tour.
Photo Anne-Sophie Gobeil

Cette fois, question de ne rien rater, j’avais mes billets pour deux sessions : mardi soir et mercredi matin. Je m’étais dit que les chances de voir un maximum de têtes de série étaient grandes, puisque nous assisterions aux matchs de deux moitiés de tableau distinctes –aucune chance de voir jouer le même joueur deux fois. Malgré cela, je ne m’attendais jamais à voir autant de joueurs d’exception! En moins de 24 heures, j’ai vu jouer trois des «Quatre Fantastiques» (ou, si vous préférez, du «Big Four») du tennis masculin : Novak Djokovic, numéro un mondial, Andy Murray, son nouveau dauphin au classement, et Rafael Nadal, l’Espagnol aux neuf titres (un record) à Roland-Garros. J’ai aussi pu assister aux matches de Milos Raonic, la coqueluche canadienne et de Kei Nishikori, quatrième joueur mondial, en plus de voir s’entraîner le cinquième joueur au monde Stanislas Wawrinka et la légende australienne Lleyton Hewitt. Mais quel alignement de rêve! 😀

Le numéro 4 mondial Stanislas Wawrinka à l'entraînement. Photo Anne-Sophie Gobeil

Le numéro 4 mondial Stanislas Wawrinka à l’entraînement.
Photo Anne-Sophie Gobeil

Comme je vous l’ai dit, on ne va pas à la Coupe Rogers seulement pour voir des matches –parce que des fois, on s’entend, les matches sont plates. On va à la Coupe Rogers pour se promener sur les terrains d’entraînement, où on peut glaner des autographes des joueurs, voire prendre des photos avec eux. Pour sentir la frénésie du tennis qui prend possession de la place. Pour s’amuser avec les différentes activités au programme (comme vérifier la vitesse de son service –je n’ai pas essayé, vu ma force herculéenne, j’aurais battu tout le monde! 😉 ). Et aussi, avouons-le, pour se sentir un peu big shot au milieu des stands de commanditaires tous plus huppés les uns que les autres.

En plus, la Coupe Rogers est un événement « vert » : tout est compostable ou recyclable, jusqu’à la vaisselle. On vous fournit même votre aller-retour : avec votre billet, vous avez accès à tout le réseau de la Société de transport de Montréal, que ce soit en bus ou en métro.

La seule chose qui manque pour en faire un événement parfait, ce serait un toit au-dessus du stade Uniprix. La pluie a joué les trouble-fête durant toute la semaine, et ce serait dommage de voir de tels retards s’accumuler dans les prochaines années. Mais bon, c’est le jeu… et il en vaut largement la chandelle!

Anne-Sophie

La mascotte de la Coupe Rogers, Smash. Sympathique, non? Photo Anne-Sophie Gobeil

La mascotte de la Coupe Rogers, Smash. Sympathique, non?
Photo Anne-Sophie Gobeil

Un jour, j’ai fini mon mémoire de maîtrise

2 Août

Après deux ans à suer sang et eau au-dessus de mon Mac, deux ans à n’avoir que le strict minimum de vie sociale, enfin, oui, enfin, j’ai déposé mon mémoire de maîtrise.

Crédit : Brittanickel.tumblr.com

Crédit : Brittanickel.tumblr.com

Et je me suis rappelée les deux sessions de scolarité, ces huit mois intenses de torture intellectuelle à essayer de passer du «concret» au «conceptuel» en ayant l’impression de marcher dans une brume si épaisse que seulement tendre la main rend les doigts invisibles. Je me suis rappelée ces heures interminables de recherche à la bibliothèque, ces milliers de pages photocopiées, gribouillées, surlignées que j’ai lues et relues sans cesse, et ces soirées où je broyais du noir devant l’écran blanc.

Je me suis rappelée aussi ces débuts exaltants de rédaction, ce moment où j’ai écrit pour la première fois « Chapitre 1 » en me disant « Oh wow, cette fois, ça y est! » Quelle naïveté! Le début du chapitre 1 n’était que le commencement. Je n’approchais de rien, je n’atteignais aucun but tangible : le chemin était encore si long!

Le chemin était encore long, mais enfin, je suis arrivée au bout.

Je suis arrivée au bout, à coup de « Fuck it! » et autres élégantes onomatopées. J’ai refusé de sortir à d’innombrables reprises. J’ai ouvert mon Mac tous les jours, soirs et fins de semaine possibles et imaginables. J’ai passé des nuits blanches à tourner et retourner des concepts dans ma tête, sans le vouloir le plus souvent, parce que mon cerveau a apparemment perdu la touche « Off » durant le processus.

Il y a eu des jours où j’avais envie d’oublier mon mémoire au coin de la table et de ne plus jamais y penser. Mais il y a aussi eu beaucoup de jours où j’ai découvert des choses, où j’ai compris des concepts, où mon cerveau s’est enfin illuminé d’une connaissance qui jusque là m’avait échappée. Et cette sensation de découverte valait plus que tous les jours de découragement.

Écrire un mémoire de maîtrise, ce n’est pas seulement un travail d’université. C’est un processus dans lequel il faut s’engager, tout entier, corps et âme, un processus qui ne souffre aucun compromis. Un processus qui m’a fait admettre et respecter mes propres limites, qui m’a appris à lâcher prise. Qui m’a fait grandir.

Même s’il y a eu des jours difficiles, le mémoire en valait la peine.

Le mémoire valait tellement la peine, voyez-vous, que je me suis inscrite au doctorat.

On s’en reparle dans… quatre ou cinq ans? 😉

Anne-Sophie

Mon livre parfait: Du bon usage des étoiles

27 Juil

Je prends le relai de Camille Mathieu, notre LittéraLouve favorite, pour vous présenter cette semaine mon livre parfait : Du bon usage des étoiles, de Dominique Fortier. Une histoire de courage et d’amour impossible, et un fascinant voyage au bout du monde -et au bout de soi.

Image: editionsalto.com

Image: editionsalto.com

En bref

Du bon usage des étoiles, c’est un récit d’aventures et de solitude. Une histoire d’amour subtile et poignante. Tout au long du roman, deux histoires se déploient en parallèle : celle du capitaine Francis Crozier, parti en mer pour découvrir le passage du Nord-Ouest, et celle de Sophia Cracroft, dont il est éperdument amoureux –mais qui ne partage pas ses sentiments. Avec Crozier, on observe émerveillé les étendues sauvages de l’Arctique, la mer et la glace, et on assiste pétrifié à la longue agonie de l’expédition; avec Sophia, on s’oublie dans d’interminables réceptions, et on se plonge dans la vie mondaine typique de l’époque. Entre les deux, le temps de respirer quelques pages, avec un extrait du journal de bord du commandant de l’expédition, sir John Franklin, un dialogue à propos des aurores boréales ou une réflexion poétique sur le blanc insondable qui entoure les navires.

Pourquoi c’est mon livre parfait

Parce que rien n’est laissé au hasard : ce qui semble au départ un ramassis de scènes disparates prend finalement un sens si dense qu’on en a le souffle coupé, ébloui par tant de finesse. Au fil des pages, les histoires parallèles de Crozier et de Sophia se dévoilent; peu à peu, on retrouve çà et là des échos de l’un dans la vie de l’autre, subtils indices qui s’accumulent pour former un entrelacs délicat dévoilant lentement tout ce qui les lie.

C’est mon livre préféré de tous les temps aussi parce que les personnages évoluent subtilement, au gré des saisons qui se succèdent. Parce que les paysages glacés sont décrits avec poésie et originalité.

Une autre grande force de ce roman, c’est l’humour qui teinte chacune de ses pages: la plume de Fortier est habile, et l’humour parfois grinçant dont elle pare ses personnages les rend sympathiques et attachants. Certaines réflexions féministes de Sophia et de sa tante lady Jane Franklin, inhabituelles pour l’époque, nous font applaudir, et la timidité insurmontable de Crozier nous attendrit à coup sûr, particulièrement lorsqu’il tente de séduire (bien maladroitement) une Sophia sarcastique à souhait.

Partout, le style est fluide, gracieux, plein de souffle et de vie : on relirait certaines phrases encore et encore, simplement pour la poésie des mots agencés à la perfection dans une prose habile. Tout au long du roman, on sent que l’auteure s’amuse : avec les personnages, avec les mots, avec la forme (on retrouve même un poème, une recette de plum-pudding et une partition de Bach…).

Les icebergs qui dérivent lentement au large forment un décor mouvant dont on ne connaît point de semblable en Angleterre, ni d’ailleurs où que ce soit sur la terre ferme, où les montagnes ne se déplacent pas et restent sagement là où elles sont. Ce paysage arctique a ceci de particulier que c’est nous, qui le regardons, qui demeurons le plus souvent immobiles, emprisonnés par les glaces, tandis que lui avance, recule, se déploie et se resserre en une continuelle métamorphose, comme s’il était de quelque mystérieuse manière plus vivant que nous.

Comme si ce n’était pas assez, Dominique Fortier fait de ce roman une véritable fresque historique: la plupart des événements se sont passés dans la vraie vie (je le sais, parce que j’ai lu la biographie de Crozier). Alors, en lisant, dites-vous bien que Crozier a existé -ça rendra le tout encore plus dramatique. 😉

Avec Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier réussit un véritable tour de force: entremêlant drame et humour, elle fait d’un récit tragique une histoire où l’espoir brille en filigrane, comme l’étoile Polaire au-dessus de l’Arctique. On referme le roman non pas triste, mais heureux d’avoir pu partager, ne serait-ce que quelques heures, le destin de ces hommes et de ces femmes plus grands que nature.

Anne-Sophie

 

P.S.: Au cas où vous aimez le roman autant que moi, réjouissez-vous: Jean-Marc Vallée a acheté les droits pour en faire un long métrage… ça promet! 🙂 Plus d’infos ici.

Jesse Cook au Festival de Jazz: Une soirée mémorable

8 Juil

Les 2 et 3 juillet derniers, Jesse Cook se présentait pour une série de concerts au Festival de Jazz de Montréal. C’était la troisième fois que j’assistais à un de ses spectacles et, comme à chaque fois, j’en suis ressortie émerveillée par le talent et le charisme de ce guitariste de renommée internationale.

Jesse Cook ne rate jamais la cible : à chaque concert, le public est conquis, ravi, accroché à chacune des notes –parfois trop rapides pour les compter- qu’il réussit à extraire de sa guitare flamenco. Il tient littéralement le public dans sa main, agrémentant le spectacle de quelques anecdotes racontées à moitié en français et à moitié en anglais –ce qui donne parfois lieu à des malentendus hilarants.

Le tour du monde en musique

Disons-le tout de suite, le guitariste ontarien sait comment faire lever un show, et il l’a encore prouvé le 2 juillet. Mélangeant adroitement anciennes nouvelles pièces, il trouve le moyen de nous faire taper des mains à chaque chanson ou presque, nous entraînant littéralement dans un tour du monde musical avec ses rythmes inspirés de Colombie, d’Espagne ou du Moyen-Orient. Revenant seul après l’entracte, il fait entrer un par un ses musiciens, au fil des morceaux, dans un crescendo qui atteint son paroxysme avec l’arrivée du batteur Chendy Leon et l’envolée dramatique de Luna Llena, un classique de son deuxième album, Gravity.

C’est à partir de là que le spectacle prend vraiment son envol : lançant l’iconique Mario Takes A Walk (que vous pouvez entendre ci-dessus) par une longue introduction qui nous laisse sur le bout de nos sièges (ou plutôt, sur la pointe des pieds, puisque nous étions déjà debout), Cook ne ménage pas ses effets, et enchaîne les pièces à un rythme infernal, sans une seconde de pause. Quarante-cinq minutes qui ont passé comme l’éclair.

Bien sûr, il y a eu rappel. J’attendais ce moment avec impatience, parce qu’à chaque fois, Jesse Cook et ses acolytes débranchent leurs micros et jouent quelques chansons a cappella, dont la merveilleuse Fall At Your Feet, que Chris Church, violoniste et homme à tout faire du groupe (il joue de trois ou quatre instruments), chante à la perfection. Cette fois, nous avons eu droit en plus à la pétillante Cecilia, reprise de Simon & Garfunkel, sur laquelle nous avons chanté joyeusement. Et, grande nouveauté, surtout : Jesse Cook lui-même a chanté! En trois fois, je ne l’avais jamais vu fredonner la moindre mélodie. La surprise était totale –et agréable!

Vous l’aurez compris depuis longtemps, j’ai été une fois de plus conquise par Jesse Cook et par ses exceptionnels musiciens –notamment Nicholas Hernandez, dont vous pouvez admirer le talent dans la vidéo ci-dessous.

Si jamais vous avez l’occasion, écoutez donc une ou deux pièces, vous serez surpris. Les pièces instrumentales, pour Jesse Cook, ne sont jamais ennuyeuses -tout comme les concerts. 😉

Anne-Sophie

Action à l’américaine

18 Juin

Pour moi, l’été, c’est synonyme de films d’action et de lectures en série. Pour ceux et celles qui chercheraient une série de romans et/ou de films, je vous propose ce mois-ci la série Jason Bourne/Dans la peau, écrite par Robert Ludlum et Eric van Lustbader et portée à l’écran par divers réalisateurs depuis le début des années 2000.

En bref

Jason Bourne serait l’agent secret parfait: il parle couramment plusieurs langues, met K.-O. un adversaire en cinq secondes, sait passer inaperçu en toutes circonstances, ne montre aucune émotion… Or, il a perdu la mémoire. Lorsqu’on fait sa connaissance dans La Mémoire dans la peau, il n’est rien d’autre qu’un amnésique avec pour seul indice de son identité une puce intégrée sous sa peau. C’est là que s’engage une véritable course contre la montre pour comprendre qui il est, et ce qu’il doit faire, avant que ses ennemis le rattrapent. Au fil de la série, Bourne refait sa vie aux États-Unis, mais la tranquillité est toujours de courte durée: inévitablement, le passé revient le hanter, alors que ses vieux ennemis cherchent vengeance.

www.livredepoche.com

Crédi photo : livredepoche.com

Cela pourrait ressembler à n’importe quelle trame de roman d’espionnage. Or, Jason Bourne n’est pas un autre James Bond. S’ils partagent les mêmes initiales, ils n’ont pas grand-chose d’autre en commun. Bourne n’est pas le héros unidimensionnel auquel on s’attend : dans son esprit se côtoient deux personnalités distinctes, héritages d’un passé trouble. D’un côté, David Webb, diplomate, dont l’épouse et les enfants ont été tués par un raid de l’armée américaine. De l’autre, Jason Bourne, agent secret sans scrupules créé de toutes pièces par le gouvernement américain pour les opérations les plus périlleuses qui soient. Les deux personnalités se confrontent sans cesse, et le lecteur assiste, fasciné, aux dialogues intérieurs entre Bourne et Webb, alors que chaque décision peut causer sa mort ou celle d’un autre.

Les films, pour leur part, vont droit au but: Jason Bourne est un agent secret de la CIA, dangereux à souhait, et surtout, incontrôlable. Il fait un merveilleux personnage de film d’action, en effet, mais ça manque de profondeur comparé au roman. Toutefois, les amateurs de poursuites haletantes et de combats musclés ne seront pas déçus: il y en a des tonnes.

Mon verdict: Le roman, 100 fois

Voyez-vous, le problème de cette « adaptation », c’est que ce n’en est pas une. En fait, ça donne plutôt l’impression que le réalisateur a pris le personnage de Bourne -uniquement Bourne- et lui a donné son propre film. Pour le premier volet, ça passe: les divergences roman/film sont trop minces pour qu’on soit franchement outré. Mais pour la suite… Si vous avez lu les romans d’abord, attachez vos tuques, parce que vous allez vous arracher les cheveux. (Expérience vécue.)

Si vous n’avez pas lu la série et que vous voulez regarder un film d’action, par contre, allez-y sans réserve: vous ne serez pas déçu. On casse des gueules, on détruit de la carrosserie, et on fait exploser plein de choses.

Il se peut donc que vous deveniez fan de la série, que ce soit en version cinématographique ou littéraire. Sachez toutefois que les deux sont comme l’été et la pluie: ils se mélangent mal, même si, isolément, ils peuvent être agréables. 😉

Pour le lire

En français

La série Dans la peau, chez Grasset

Premier tome: La Mémoire dans la peau (Ludlum, 1980)

Dernier tome en date: La Traque dans la peau (Lustbader, 2011)

En anglais

La série Bourne chez Grand Central Publishing

Premier tome: The Bourne Identity

Dernier tome en date: The Bourne Ascendancy (Lustbader, 2014)

Pour le voir

The Bourne Supremacy / Jason Bourne: L’Héritage, dernier film en date, en DVD et Blu-Ray (et il y aura un autre film en 2016)

 

Bonne écoute/lecture!

Anne-So

À lire ou à voir: Mes incontournables de l’été

27 Mai

Bibliophiles, cinéphiles, unissez-vous! Pour vous préparer à la saison estivale qui approche à grands pas, je vous offre un panorama des adaptations cinématographiques à ne pas manquer cet été. Si jamais vous êtes en retard dans vos lectures, vous aurez quelques suggestions… à lire, de préférence, avant d’aller au cinéma.

Juin – Pause lecture

Hé non, il n’y a rien à signaler en juin. De quoi vous laisser le temps de vous mettre à jour pour le reste de l’été –ou même de l’automne, si ça vous tente.

Juillet – Sortez le popcorn!

 17 juillet : Mr. Holmes / Monsieur Holmes

Vous pensiez avoir tout vu de Sherlock Holmes, le fameux détective inventé par Arthur Conan Doyle? Eh bien, détrompez-vous. Dans cette nouvelle histoire inspirée du roman A Slight Trick of the Mind, paru en 2005, on retrouve un Sherlock Holmes âgé, affligé de trous de mémoire qui remettent en question son identité même : qui est Sherlock Holmes lorsque son esprit défaille? Lorsque sa logique ne le sert plus? Question plus qu’intéressante, à mon avis. Et pour ne rien gâcher, c’est Ian McKellen qui prêtera ses traits au célèbre détective.

 24 juillet : Paper Towns / La Face cachée de Margo

Adaptation du roman éponyme de John Green, c’est LE film que tous attendent cet été –surtout parce que Green est aussi l’auteur de Nos Étoiles contraires. Ça vous rappelle quelque chose?… Peut-être. Blague à part, La Face cachée de Margo raconte l’histoire de Quentin, amoureux de Margo depuis toujours, qui se retrouve son complice d’une nuit dans sa vengeance envers son ex-copain. Le lendemain, Margo a disparu, et Quentin part à sa recherche. En trame de fond, l’amour de Quentin pour Margo, et les amitiés improbables qui se nouent alors qu’il tente de la retrouver.

Août – Un petit dernier avant l’automne!

7 août : Dark Places / Les Lieux sombres

Si vous avez apprécié Gone Girl, vous aimerez sans doute Dark Places, l’adaptation d’un autre roman de Gillian Flynn. Seule survivante d’un drame familial, Libby affirme que c’est son frère aîné qui a tué ses parents et s’est ensuite suicidé. Des années plus tard, des adeptes de faits divers retrouvent des informations qui mettent en doute les dires de Libby. Je crois qu’il y a là tous les ingrédients d’un bon thriller –un drame mystérieux apparemment élucidé, une bande de délurés qui veulent découvrir la vérité et un suspect (Libby) récalcitrant à l’idée de déterrer des secrets bien enfouis.

Septembre – L’automne!

18 septembre – C’EST PAUL!

Je ne peux passer sous silence l’arrivée sur nos écrans de Paul à Québec, l’adaptation de la bande dessinée du même titre, écrite par le sympathique Michel Rabagliati. Le beau-père de Paul souffre d’un cancer. Toute la famille en est affectée, et chacun vit à sa façon la maladie qui empiète sur la qualité de vie de M. Beaulieu et de ses proches. Avec l’humanisme qui le caractérise, Rabagliati explore le thème de la mort, mais pas dans ce qu’elle laisse après : dans ce qu’elle amène avant, la lourdeur des jours qui s’essoufflent, et l’angoisse des cœurs qui se serrent. Si j’étais vous, je ne raterais pas ça.

En passant…

J’en profite pour vous dire que quelques romans québécois seront bientôt portés à l’écran –bientôt étant relatif, puisque la plupart de ces projets viennent tout juste d’être lancés.

Du bon usage des étoiles, de Dominique Fortier; réalisation: Jean-Marc Vallée

Et au pire on se mariera, de Sophie Bienvenue; réalisation, Léa Pool

La Petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaëtan Soucy; réalisation: Simon Lavoie

Et, si vous aimez Nelly Arcand, Anne Émond s’intéressera à l’univers particulier de cette auteure avec son prochain film, Nelly.

Bonne lecture, bon cinéma et… bon été! 🙂

Anne-Sophie

Le Monde de Charlie : comme un parfum de collège

20 Mai

Que vous soyez au cégep ou à l’université, les vacances sont à portée de main –si elles n’ont pas déjà commencé. Ces effluves de fin d’année scolaire m’ont donné envie de parler d’un roman américain au parfum entêtant de collège, Le Monde de Charlie. Porté à l’écran en 2012 avec pour têtes d’affiche Logan Lerman, Emma Watson et Ezra Miller, c’est un incontournable, tant sous sa forme littéraire que cinématographique.

THE PERKS OF BEING A WALLFLOWER Source : http://trauma.blog.yorku.ca/ Ph: John Bramley © 2011 Summit Entertainment, LLC.  All rights reserved.

Source : trauma.blog.yorku.ca

En bref

Charlie est un étudiant de collège mal dans sa peau. Après le suicide de son meilleur ami, il se retrouve seul à l’école, reclus, avec pour unique compagnie les romans que lui prête son enseignant de littérature. Traînant derrière lui un lourd secret, souffrant de crises d’angoisse, Charlie a du mal à se faire accepter par ses pairs, qui le ridiculisent sans relâche.

Par le plus grand des hasards, il devient ami avec deux étudiants de dernière année, Patrick et Sam. Avec eux, Charlie prend peu à peu le contrôle de sa vie. Au fil de l’histoire, on suit l’évolution de Charlie, qui prend lentement de l’assurance, dans un ton très réaliste, qui rappelle immanquablement l’ado mal dans sa peau que l’on a tous été à un moment ou à un autre de notre vie. Un récit touchant, poignant de vérité, avec des personnages attachants aux multiples facettes.

Mon verdict : Ex æquo

Pourquoi?

Je n’ai pas réussi à trancher entre l’adaptation cinématographique et l’œuvre originale. Les deux sont excellents, adoptant la même approche très humaine pour présenter l’histoire de Charlie. La sensibilité à fleur de peau du personnage principal, évidente dans le roman, est merveilleusement rendue à l’écran par Logan Lerman, très juste dans son interprétation.

La trame narrative est très semblable du roman au film. L’adaptation met de côté certains éléments du roman, mais place à l’avant-plan d’autres détails, qui font qu’on comprend mieux l’histoire. Je n’ai jamais vu une adaptation cinématographique qui approfondisse son œuvre de base à ce point : les deux se complètent parfaitement, trouvant l’équilibre entre la simple répétition du matériel original et sa modification.

Je dois avouer que le film propose une bonne bouffée de nostalgie: si vous n’avez pas envie de vous rappeler les difficiles (ou agréables?) années de secondaire, optez plutôt pour un film de superhéros ou quelque chose du genre (le choix est varié ces jours-ci dans le rayon superhéros et fin du monde, paraît-il).

Vous l’aurez compris, Le Monde de Charlie est une valeur sûre, que vous préfériez le lire ou le regarder. Évidemment, c’est un roman pour adolescents (ou jeunes adultes, si vous voulez), mais il a le mérite d’aborder des thèmes qui nous touchent à tout âge, comme le sentiment d’appartenance et la quête d’identité –la crise de la vingtaine, ça existe, non? 😉

Pour le lire:

En français: Le Monde de Charlie, chez Sarbacane

En anglais: The Perks of Being A Wallflower, chez Pocket

Pour le voir:

The Perks of Being a Wallflower/Le Monde de Charlie, sur DVD et Blu-ray

Bonne lecture (et/ou bon visionnement)!

Anne-Sophie

« Gabriel est perdu »: Écho d’une génération

13 Avr

Julien Roy, fondateur du blogue In the 10s, a lancé la semaine dernière son premier roman, Gabriel est perdu. À travers une trame narrative en deux temps, l’auteur propose un récit coup de poing, au style efficace et férocement contemporain. Retour sur le roman et rencontre avec son auteur.

Julien Roy, auteur de "Gabriel est perdu." Photo Anne-Sophie Gobeil

Julien Roy, auteur de « Gabriel est perdu. »
Photo Anne-Sophie Gobeil

En bref

Gabriel aime Fannie. À la folie. Alors qu’il sort à peine d’une rupture libératrice, il se jette corps et âme dans sa nouvelle relation, dans un tourbillon intense qui laisse le lecteur étourdi.

Mais on sait que, pour Gabriel et Fannie, il n’y aura pas de « Ils vécurent heureux »: on devine le drame sous-jacent qui hante Gabriel. On reste sur notre appétit jusqu’à la fin, impatient, angoissé, désespéré de savoir enfin ce qui s’est passé pour que Gabriel soit si malheureux. C’est là le dénouement de l’histoire -dénouement choc s’il en est.

Pour moi, Gabriel est perdu a été une lecture coup de poing. À travers le style vivant, punché et résolument moderne de Julien Roy, je reconnais toute une génération, la mienne, en quête de sensations fortes, rêvant de « pour toujours » mais manquant du courage et de la patience nécessaires pour faire durer le « maintenant ». Une génération d’instantanéité, où les émotions sont intenses, presque étourdissantes, même si elles ne durent pas. Une génération qui se cherche, et a bien du mal à se trouver.

Amours extrêmes

Après une fin de semaine chargée avec le lancement de son roman et sa première participation au Salon du livre de Québec en tant qu’auteur, Julien Roy a accepté d’accorder une entrevue aux Rockalouves.

Le propos du roman, pour lui, est clair : il veut représenter les extrêmes de l’amour. « Aujourd’hui, les amours naissent et meurent rapidement. Ce que je vois, ce sont des relations extrêmement puissantes, mais brèves », remarque le rédacteur publicitaire.

Avec sa trame double, savamment entrecroisée, Julien espérait mettre le lecteur dans la tête de Gabriel et ajouter à la tension dramatique. « Avec le mélange entre les deux temps, on sait que quelque chose va arriver. Je ne voulais pas cacher de grand secret, je voulais que le lecteur voit venir le rebondissement, qu’il soit déjà dans le bain », explique le trentenaire.

De « La Ruche » à la librairie

Gabriel est perdu a vu le jour grâce au sociofinancement, sur la plateforme La Ruche –c’est même l’un des premiers projets littéraires à se financer de cette manière. Maintenant associé à un éditeur, Julien Roy n’aura pas besoin de ce type de financement pour son prochain roman. « Je veux laisser la chance à d’autres. Ça m’a permis de me faire connaître dans le milieu littéraire, et c’est correct pour moi », explique-t-il. Grâce à l’avance de fonds ainsi obtenue, Julien a pu se consacrer entièrement à l’écriture du roman, qui est en librairie depuis le 9 avril.

Et le prochain roman, à quoi ressemblera-t-il ? « Il y a des thèmes secondaires dans Gabriel est perdu qui m’intéressent beaucoup, que je voudrais explorer plus, comme la foi et la mort », affirme le blogueur. Parler de foi en 2015? Surprenant, non? « L’amour amené à l’extrême, c’est une forme de foi. C’est incroyable de voir à quel point les gens blâment la religion, alors qu’ils croient en autre chose qui devient une forme de foi », explique-t-il.

Assurément, Julien Roy est un auteur à suivre.

Pour lire Julien Roy

Gabriel est perdu, publié chez XYZ, disponible en librairie et en version numérique

Son blogue In the 10s

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

Le Jeu de l’imitation: À la perfection

10 Avr

Le film Le Jeu de l’imitation, mettant en vedette Benedict Cumberbatch et Keira Knightley, a reçu l’Oscar du meilleur scénario adapté en février dernier. « Adapté de quoi? » me direz-vous. D’une biographie d’Alan Turing écrite par Andrew Hodges, que j’ai lue pour vous. À la fois portrait de cet être d’exception qu’était Turing et chronique de la société britannique de 1910 à 1960, Le Jeu de l’imitation et son frère littéraire valent le détour.

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

En bref

Alan Turing est un génial mathématicien britannique au parcours atypique. Passionné de maths dès sa plus tendre enfance, il a du mal à s’adapter aux conventions sociales qui garantiraient le succès de sa carrière. Au début de la Deuxième guerre mondiale, il est pourtant recruté par les services secrets britanniques pour « craquer » le code utilisé par les nazis pour la transmission de leurs messages militaires. Avec l’aide d’une petite équipe de scientifiques, Turing met au point la première « machine de Turing », ancêtre de l’ordinateur (au cas où ça vous rappellerait quelque chose…).

Parmi son équipe, Alan peut compter sur Joan Clarke, jeune femme douée et indépendante. Pour éviter qu’elle rentre chez ses parents, Alan va jusqu’à la demander en mariage, malgré son homosexualité. Ensemble, rien ne peut les arrêter -pas même les codes nazis, qu’ils finiront par décrypter, écourtant la guerre et préservant des milliers de vies.

Qui gagne? Le film

Pourquoi?

Parce que… on plonge directement dans la Deuxième guerre, retrouvant un Alan Turing sûr de lui et de sa valeur intellectuelle, un peu détestable. Les retours en arrière permettent peu à peu de comprendre son parcours si particulier.

Parce que… la musique est merveilleuse. Alexandre Desplats s’est surpassé. Dès les premières minutes, j’ai été surprise par l’intensité et la justesse de la trame sonore.

Parce que… les dialogues sont efficaces, transmettant l’émotion à coup sûr, sans tomber dans le stéréotype ou la facilité.

Parce que… Benedict Cumberbatch est poignant de vérité. Turing est un personnage complexe, difficile à cerner, et Cumberbatch nous le rend sympathique.

Évidemment, la biographie en soi n’est pas dénuée d’intérêt. Mais les nombreuses théories et démonstrations mathématiques rendent la lecture laborieuse –même si elles sont nécessaires pour bien comprendre tout le génie d’Alan Turing. Il faut plus de 200 pages pour en arriver à la guerre, et ces 200 pages sont assez ardues pour rebuter quiconque ne serait pas un pro des maths ou n’aurait pas vu le film au préalable. Mais une fois ces 200 pages passées, on se retrouve au coeur des opérations de décryptage, et c’est fascinant.

Pour la petite histoire, Alan Turing est décédé en 1954, à 41 ans. Le film est sorti en salles à la fin 2014, soit soixante ans après le décès de son personnage principal.

Pour le lire :

En français : Alan Turing. Le génie qui a décrypté les codes secrets nazis et inventé l’ordinateur, par Andrew Hodges, chez Michel Lafond

En anglais : Alan Turing. The Enigma, chez Vintage UK

Pour le voir:

The Imitation Game / Le Jeu de l’imitation, disponible en DVD et Blu-Ray depuis le 31 mars

Bonne lecture/écoute!

Anne-Sophie

Insurgés: Adaptation libre

25 Mar

Insurgés, second volet de l’adaptation cinématographique de la série Divergence, est sorti en salles le 20 mars dernier. Je le dis tout de suite : j’avais très hâte, parce qu’Insurgés est mon roman préféré de cette trilogie dystopique écrite par Veronica Roth. Retour sur le roman et son adaptation cinématographique.

En bref

Après l’attaque des Altruistes, le système des factions est sur le point de s’écrouler: les Érudits ont pris le pouvoir, les Altruistes sont décimés, et les Audacieux divisés entre loyaux et traîtres à la solde de la faction dominante. Après la mort de ses parents et de son meilleur ami, Tris peine à trouver ses repères, mais devra stopper la quête de pouvoir de Jeanine Matthews, qui cherche maintenant à assurer son contrôle sur l’ensemble de la population, par n’importe quel moyen. Pour l’arrêter, Tris est prête à tout – même sacrifier sa vie.

Le roman

Insurgés peut compter sur deux éléments majeurs : la complexité de Tris, la narratrice, et la subtilité de sa trame.

Rongée par la culpabilité après la mort de ses parents et de son meilleur ami Will, qu’elle a tué d’une balle dans la tête par légitime défense, Tris est plus vulnérable que jamais, mais refuse de le faire voir. On la suit tout au long du roman alors qu’elle essaie d’y voir clair au milieu du chaos, cherchant la vérité entre trahisons et nouvelles alliances, entre ses impressions et la réalité. Comme dans Divergence, elle évolue tout au long du roman, et c’est ce qui la rend si intéressante.

La trame narrative est elle aussi complexe, entremêlant les histoires mineures qui s’influencent entre elles dans un entrelacs complexe de rebondissements et de dénouements successifs. Entre la soif de pouvoir de Jeanine, la culpabilité de Tris, les hésitations de Quatre et l’allégeance changeante des sans-faction, il y a en masse de stock pour un roman solide.

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

Le film

Le film perd beaucoup de la subtilité de sa source : pour qui a lu le roman, la trame semble grossière et simpliste. Toutefois, en tant que film, il se tient mieux que le précédent et présente plus d’action.

Dans les ruines du quartier des Altruistes, Jeanine (Kate Winslet) retrouve une boîte contenant un message important pour la population de la ville, laissé par ses fondateurs. Pour l’ouvrir, toutefois, elle doit trouver le Divergent ultime. Tris (Shailene Woodley) étant la plus forte Divergente de la ville, c’est d’elle dont Jeanine a besoin. S’enclenche une course contre la montre pour trouver Tris et ouvrir la boîte qui pourrait bien contenir un message complètement différent de ce que Jeanine espère.

Le film vaut la peine d’être vu, notamment pour les effets spéciaux spectaculaires. Aussi, la performance de Shailene Woodley est tout à fait remarquable, notamment dans la séquence du sérum de Vérité, où Tris est forcée d’exposer tous ses secrets.

Qui gagne? Le roman
Pourquoi?

Parce que… la trame y est plus subtile et plus complexe.

Parce que… les personnages sont denses et pleins de caractère.

Parce que… la relation entre Tris et Quatre est vraisemblable. Ils passent leur temps à se disputer, mais ils trouvent des solutions, et ils restent ensemble.

Le film est un bon divertissement en soi. Ne vous attendez pas toutefois à un reflet très fidèle du roman – c’est plutôt une adaptation libre, même si l’essence de l’intrigue et des personnages est toujours là. Il y a tout de même de quoi satisfaire un plus grand public que le premier volet.

Pour le lire: Insurgés, de Veronica Roth, publié chez Ada

Pour le voir: en salles depuis le 20 mars, en 2D et 3D

Bonne lecture/écoute!

Anne-Sophie

Mika et l’OSM: Une performance inoubliable

16 Fév

Du 9 au 12 février, l’Orchestre symphonique de Montréal a présenté une série de concerts bien particuliers : le chanteur pop Mika s’est invité sur les planches de la Maison symphonique pour une relecture audacieuse de ses pièces.

Entouré des musiciens de l’OSM, d’un groupe de choristes triés sur le volet et du chef d’orchestre Simon Leclerc, le Britannique a livré une performance inoubliable de plus de deux heures.

Crédit : Le Devoir

Crédit : Le Devoir

Pour ma part, j’ai assisté au concert du 12 février. Depuis, je cherche les mots pour le décrire. C’est simple, les mots me manquent. J’y suis allée avec un ami, et nous avons essayé d’en discuter ensemble. Tout ce que nous trouvons à dire, c’est : « C’était tellement beau. »

Plus que beau, c’était émouvant. Intense. Merveilleusement surprenant. Beau, parce que les arrangements étaient magnifiques, parce que Mika a une voix unique. Émouvant, parce que les pièces trouvaient une toute nouvelle profondeur dans leur version symphonique. Intense, parce que l’émotion était toujours là, à fleur de peau; parce que tout était amplifié, pour nous laisser à bout de souffle, submergé par une émotion à laquelle on ne s’attendait pas. Merveilleusement surprenant, parce que chaque pièce a subi une complète métamorphose, et qu’on ne pouvait rien reconnaître aux premières mesure; il fallait attendre, l’oreille tendue, cherchant la note qui nous donnerait l’indice. Et cet instant où l’on reconnaissait la chanson s’accompagnait d’un émerveillement sans nom à se retrouver en territoire inconnu, avec pourtant des mots que l’on aime et des mélodies que l’on connaît par cœur.

Ces mots et ces mélodies prenaient un tout nouveau sens lorsque couplés à l’orchestre. Si toutes les pièces ont bénéficié de leur « lifting » symphonique, certaines ont trouvé à mes yeux une signification plus profonde que leur version pop. En ralentissant le tempo de quelques chansons, comme Overrated, Love You When I’m Drunk et Relax (Take it Easy), Simon Leclerc a donné à Mika toute la place pour faire passer le message de ses pièces, laissant plus d’espace au texte.

Au milieu des 20 pièces que comptait le concert, nous avons eu droit à un avant-goût du prochain album du coloré Britannique. La pièce Boum Boum Boum, grand succès de l’été dernier, était une incontournable, mais trois chansons se sont aussi mérité une place sur la liste. The Last Party, Ordinary Man et Good Guys donnent envie d’écouter le nouvel album, avec leurs textes doux-amers et leurs mélodies accrocheuses. Good Guys était, à mon avis, la chanson la plus touchante de la soirée, et je me serais volontiers levée pour une ovation si nous n’avions pas déjà ovationné la pièce précédente.

Je ne suis pas la seule qui avait envie de se lever pour souligner l’excellence du concert : durant la deuxième partie, Mika et les musiciens ont eu droit à de longues ovations à de nombreuses reprises –environ une chanson sur deux se voyait acclamée de la sorte. La première partie était aussi très bonne, mais la seconde avait quelque chose de plus, qui donnait envie d’applaudir à s’en briser les mains.

Je suis sortie de la Maison symphonique avec l’impression d’avoir assisté à quelque chose de plus grand que nature, que tous les mots du monde n’arriveraient pas à décrire. Mon seul regret? Je n’entendrai plus jamais ces arrangements. Il ne me reste plus que le souvenir d’une émotion que je ne sais même pas décrire. Mais au moins, j’ai eu la chance de voir cette incroyable performance.

 

Attendez… Mika et l’OSM viennent d’annoncer sur Facebook que les concerts ont été enregistrés… et donc… un album sera disponible à la fin de l’année! 😀 (Tous ceux qui n’étaient pas là, ne désespérez pas: vous pourrez au moins entendre à quoi ça ressemblait, à défaut d’y avoir assisté!)

 

Anne-Sophie

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