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Jérémie Kisling: Vive la pop intelligente!

16 Oct

Vous cherchez une pop aux accents rétro, aux rythmes légers et aux paroles intelligentes? Écoutez donc Malhabiles, cinquième album de Jérémie Kisling, un auteur-compositeur-interprète suisse.

Malhabiles commence sur les chapeaux de roue, avec quatre pièces up-tempo aux sonorités rétro qui vous donneront envie de bouger. En termes de chanson de route, j’ai rarement vu mieux : c’est léger, efficace, et on a envie de taper rythmiquement sur le volant à chaque chanson, ou de se dandiner de son mieux (la tête, les épaules, allez-y).

La plus grande force de Kisling, c’est son écriture acérée, aux images fortes et aux propos toujours pertinents. Dans les albums précédents, le Suisse se laissait souvent aller à la fantaisie, mettant en scène des personnages animaux dans différentes situations improbables, Or, ici, l’auteur-compositeur délaisse ces métaphores pour donner à fond dans la critique, parfois déstabilisante, souvent éclairante, ou pour se livrer à des performances toutes personnelles sur le thème de l’amour. On retrouve là une belle maturité par rapport à ses opus précédents, qui laissaient entrevoir le talent de critique de Kisling mais ne lui donnaient pas le plein espace qu’il méritait -même si Antimatière, à ce titre, était particulièrement intéressant.

Dans Malhabiles, le Suisse trouve enfin l’équilibre entre le forme et le fond : les textes plus lourds sont tempérés par des mélodies accrocheuses aux allures pop, et les propos plus légers sont servis dans des emballages simples, le plus souvent piano-voix, qui servent bien l’ensemble et donnent à l’album une texture agréable.

Pour ceux qui connaîtraient déjà Kisling, l’artiste nous offre deux reprises de chansons tirées de son album Antimatière, qui leur donnent un air de légèreté. Antimatière et Par-dessus la Terre, deux incontournables de son répertoire, mettent en pleine lumière tout son talent d’auteur-compositeur. Vraiment, des pièces à écouter, peu importe la version que vous préférez –originale, remixée, les deux sont excellentes.

Enfin, un bémol : sur certaines pièces de l’album, la voix de Jérémie Kisling semble hésitante, comme s’il n’arrivait pas à atteindre les notes. Mais ça n’arrive pas souvent, et on s’habitue.

Bref, Malhabiles est un retour réussi de Jérémie Kisling, un album au propos pertinent qui compte déjà parmi mes préférés de l’automne –et je l’ai écouté en entier pour la première fois, euh… mardi. Je crois qu’on pourrait appeler ça un coup de coeur. 🙂

Ma préférée: Ça ne suffit pas

Pour le texte éclairant, critique à souhait et efficace. J’ai trop, j’étouffe et ça ne suffit pas/Et tout ce vide au fond de moi/ Je vis ma vie à l’envers… Assez représentatif de notre société de consommation, où même toutes les possibilités n’arrivent pas à nous satisfaire.

Pour se donner une idée: On ne sait faire que danser

Pour le rythme enjoué, assez représentatif de l’album. Pour la plume de Kisling, évidemment agile dans cette pièce, créant de belles images. Et parce que j’ai trouvé un vidéoclip, que je vous laisse juste ici. 😉

Bonne écoute! 🙂

Anne-Sophie

« Curio City »: Charlie Winston, l’inclassable

30 Jan
Photo Anne-Sophie Gobeil

Photo Anne-Sophie Gobeil

Charlie Winston, c’est le Britannique le plus cool que j’ai vu depuis longtemps. Sa pop structurée, riche de textures, mérite une écoute attentive. Retour sur son troisième album, Curio City, disponible depuis le 26 janvier.

Ce que j’aime de Winston, d’abord, c’est son audace. L’audace d’amalgamer les styles, de briser et combiner les rythmes, de jouer avec sa voix. Winston, c’est un inclassable, bourré de talent, avec une signature unique: un groove subtil qui sous-tend chaque pièce, des arrangements efficaces, une voix agile qui flirte sans honte avec les aigus ou se campe résolument dans les graves. Curio City, ce sont des mélodies qui se superposent en un assemblage complexe, des rythmes qui se cassent, des silences qui s’étirent pour mieux relancer un refrain.

Touche-à-tout incorrigible, Winston s’amuse avec les sons, saupoudrant çà et là une touche de blues ou de 80s. Dans ses efforts précédents, cette hétérogénéité nuisait à l’ensemble: on avait parfois l’impression d’écouter deux albums différents en un seul. Mais avec Curio City, Charlie a mûri : on sent toujours son envie d’aller dans toutes les directions, mais il le fait avec finesse : les ballades sont moins dépouillées, les pièces rythmées, moins lourdes. Le résultat est plus équilibré, et l’écoute moins cahoteuse. J’aimais le Winston indiscipliné et exubérant de Running Still et Hobo, mais ce Winston un peu plus sage a de quoi gagner de nouveaux adeptes, avec une pop tout aussi rafraîchissante, mais plus accessible.

Ce que j’aime également de Curio City, c’est l’espèce d’urgence qui se dégage de plusieurs morceaux. Urgence de parler, de dire les choses qui comptent, dans Say Something; urgence de vivre, même si ça fait mal parfois, dans les deux volets de Light. Mais malgré l’urgence, une espèce d’optimisme indestructible traverse l’album de part en part, qui donne le goût de sourire.

Mieux encore, il n’y a pas de pièce faible dans cet album (moi, je n’en trouve pas). En tout cas, pas de chanson que j’ai envie de « skipper » dès la deuxième écoute. Depuis deux jours, je cherche ma favorite, et elle change au gré de mes humeurs. Si je devais choisir une seule à écouter, pour l’instant, je dirais Truth. Pour le groove et l’optimisme.

Vous l’aurez déjà compris, je suis une fan finie. Mais, essayez-le, au moins par… curiosité. 😉

 

 

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Anne-Sophie

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