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« Je t’aime, Rosie »: meilleurs amis, mais…

3 Oct

Quand votre meilleur-e ami-e vous dit « Regarde ce film-là, ça me fait penser à nous! », vous faites quoi? Bien sûr, vous regardez le film en vous disant « Ça va être tellement bon! ». C’est ce que j’ai fait pour Je t’aime, Rosie, adaptation cinématographique du roman La Vie est un arc-en-ciel, de Cecelia Ahern (au cas où ça vous rappelle quelque chose, elle a aussi écrit P.S. Je t’aime). Évidemment, j’ai aussi lu le roman; inévitablement, j’ai comparé les deux, et voilà ce que ça donne.

Le préambule est assez simple: Rosie et Alex sont meilleurs amis depuis la maternelle, et ne se sont jamais lâchés d’une semelle, jusqu’au grand départ d’Alex pour Boston. Ô malheur! Enceinte, Rosie doit rester en Irlande. Commence alors une longue séparation, durant laquelle les deux amis ne se perdront jamais de vue, sans jamais se révéler les véritables sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Les années passent, et la vie semble résignée à les éloigner, mais… qui sait ce qui pourrait se passer? 😉

C’est une histoire d’amour, vous l’aurez compris. Ce qui m’a le plus touchée dans cette histoire, c’est la conviction inébranlable d’Alex et Rosie qu’ils doivent faire ce qui est le mieux pour l’autre. Ils ne se posent pas de questions: l’important, c’est que l’autre aille bien, que sa vie soit la meilleure possible, et s’il faut pour cela qu’ils soient séparés, ils l’acceptent tous les deux. Tous les courriels qu’ils échangent, les moments qu’ils passent ensemble sont autant de traces de la force de leur amitié, qui ne se brise jamais malgré tout.

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Source: static.fnac-static.com

Au début, je dois l’avouer, la forme du roman m’a un peu prise par surprise: tout du long, on ne lit que des lettres. Entre Rosie et Alex, principalement, mais aussi entre Rosie et plusieurs membres de sa famille, Alex et son frère… Au début, c’est bizarre, mais on s’habitue.

En général, le roman m’a déçue. Les péripéties sont innombrables, tout comme les problèmes de Rosie -et ses complaintes. Ça ne sert pas nécessairement l’histoire qui, à la longue, semble franchement invraisemblable. Qui attendrait son « âme-soeur » pendant quarante ans? À la longue, on n’y croit plus, et on a hâte qu’ils se décident. Au début, toutefois, il y a plusieurs beaux moments, touchants et sincères, qui nous font continuer à lire jusqu’à la fin malgré les rebondissements parfois invraisemblables.

Le film, pour sa part, va directement à l’essentiel. On a droit à une belle histoire qui ne semble pas forcée ni exagérée, et qui laisse toute la place aux sentiments profonds entre Alex et Rosie, qui sont évidents dès le départ. En regardant le film, j’avais vraiment envie qu’ils finissent ensemble. C’était touchant et drôle à la fois, et ça sonnait vrai -comme les meilleurs passages du roman. Et la fin nous laisse le coeur léger, content. Ça fait du bien.

Vous l’aurez compris, c’est le film qui gagne, pour plusieurs raisons évidentes. Toutefois, si vous êtes vraiment une romantique dans l’âme et que les histoires d’amour qui-seraient-possibles-mais-qui-ne-fonctionnent-pas vous passionnent, ne vous gênez pas, je suis sûre que vous adorerez. Pour ma part, je vais revoir le film… plusieurs fois peut-être? 😉

Bonne lecture et/ou bon visionnement!

 

 

Anne-Sophie

Pour le lire

En français: La vie est un arc-en-ciel, ou Je t’aime, Rosie, chez J’ai lu

En anglais: Where Rainbows End, ou Love, Rosie, chez Harper Collins

Pour le voir

Je t’aime, Rosie / Love, Rosie, en DVD et Blu-Ray, avec Lily Collins (Rosie) et Sam Claflin (Alex).

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Star Wars : revisiter un classique

8 Déc

À moins que vous viviez dans « une galaxie très, très lointaine », vous savez que, dans dix jours exactement, la folie Star Wars s’emparera des écrans pour l’épisode VII, Le Réveil de la Force. Pour célébrer le retour de Luke, Leia, Han et compagnie, je vous propose une relecture (littérale!) de l’épisode charnière de la série, celui qui a fait disparaître Anakin Skywalker pour le transformer en l’impitoyable Darth Vader : La Revanche des Sith. Alors… la Force est-elle plus forte dans le roman ou dans le film?

Avant de répondre à cette question d’importance vitale, je me permets de vous faire un résumé de la tragique descente aux Enfers d’Anakin Skywalker, le très doué (et très prétentieux) apprenti du tout aussi doué mais très humble Obi-Wan Kenobi. Anakin est bourré de talent, prometteur : c’est l’Élu chargé de ramener l’équilibre dans la Force. Toutefois, il s’est déjà écarté de cette voie en épousant Padmé Amidala qui attend un enfant de lui. Poussé par une peur irrationnelle de perdre Padmé qui l’entraîne lentement vers la paranoïa, Anakin sombre dans une spirale de mensonge et de colère qui le fera basculer vers le côté Obscur –et lorsqu’on bascule dans l’Obscurité, on n’en revient pas.

Star Wars livre

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Match nul!

C’est simple, je n’arrive pas à me décider. Dans le roman, j’ai été automatiquement conquise par le style vivant et imagé de Matthew Stover, qui sait à merveille décrire les batailles intergalactiques tout en décrivant à la perfection les personnages, dont il saisit toutes les nuances. Sa plume est à la fois efficace et dramatique, nous donnant la chair de poule alors que l’Obscurité menace d’engloutir la Lumière. L’auteur exploite à merveille les possibilités du roman, déviant de la trame cinématographique, ajoutant des scènes… Une transposition littéraire brillante, qui complexifie son matériel-source.

Dans le film, j’ai retrouvé tous les ingrédients qui m’ont fait adorer la première trilogie: intrigues politiques, combats de sabre laser époustouflants, épiques batailles de vaisseaux spatiaux… Les effets spéciaux sont à leur meilleur : la confrontation finale entre Anakin et Obi-Wan est à couper le souffle, chargée d’une tension dramatique très forte, incluant des poursuites haletantes au milieu d’un paysage volcanique aux allures infernales. Visuellement, c’est une belle réussite: du cinéma exploité au maximum.

Bref, si vous voulez vous replonger dans l’univers de Star Wars avant la grande sortie de l’Épisode VII, je vous conseille sans hésiter une lecture (ou un visionnement) de La Revanche des Sith, un divertissement efficace, alliant drame et action avec justesse. Et si vous décidez de vous taper la série au complet, en version littéraire ou cinématographique, eh bien… que la Force soit avec vous! 😉

Anne-Sophie

 

Pour le lire

En français: Star Wars, Episode III: La Revanche des Sith, par Matthew Stover, chez Fleuve Noir.

En anglais: Star Wars, Episode III. Revenge of the Sith, chez Ballantine.

Pour le voir

En DVD et Blu-Ray.

Trainspotting

10 Nov

Avant d’aller voir cette pièce, je l’avoue, je ne m’étais pas beaucoup renseignée. Je savais que ça parlait de drogue et que ce serait probablement trash. N’ayant jamais lu le livre ou vu le film, il était donc difficile pour moi de me faire une idée de ce qui allait m’être présentée le mercredi 27 octobre à La Bordée.

Le petit signe 16 ans et plus sur mon programme faisait pourtant office de signaux de fumée dont le but était de me révéler l’étendue de ce que j’allais voir pendant la prochaine heure et demi.

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Crédit photo: Pierre-Marc Laliberté

Trainspotting, c’est l’histoire d’une bande de jeunes dans l’Écosse très pauvre du milieu des années 1990 qui ont décidé de se réfugier dans la drogue pour trouver un sens à leur vie (ou anesthésier leur perspective face à la vie, ça dépend comment tu prends le problème). L’histoire nous est racontée par Mark. Celui-ci décrit et commente différents épisodes de sa vie qui s’enchaînent pour finalement devenir une histoire. Il est accompagné par ses amis Tommy, Sick Boy, Begbie et Allison. Certains tombent peu à peu dans l’enfer de la drogue (ou un quelconque substitut comme l’alcool ou la violence) et d’autres finissent par s’en sortir. Ils ont tous un point un commun cependant: ils cherchent tellement à échapper à la réalité que même quand celle-ci les frappe en plein visage, ils n’arrivent pas à l’accepter et préfèrent détourner le regard.

La première image qui m’est venue en tête après avoir vu la pièce, pour résumer mon sentiment sur l’histoire, est que les films Requiem for a dream et The full Monty avaient eu un bébé: pauvreté, crise économique, génération bafouée, déchéance et drogue sur fond de crise identitaire.

CRÉDITS PHOTOS : Pierre-Marc Laliberté

Crédit photo : Pierre-Marc Laliberté

Le texte est tranchant. Les histoires choquantes voire écœurantes sont entremêlées de moments touchants et vrais, de discours qui font mal et de séquences hilarantes. Entre le langage ordurier des personnages et les scènes qui donnent la nausée on finit toutefois par se demander ce qui déferle le plus: les sacres ou les déjections.

Cependant, ce qui marque le plus l’esprit dans cette pièce, malgré les milles et une péripéties dont le spectateur est témoin, est la vérité et l’innocence qui émane de la trame de fond. Comme l’a si bien résumé la metteure en scène, Marie-Hélène Gendreau: « La pièce jette intelligemment un blâme sur tous les « abandonneurs » d’enfants. J’entends par là, une société qui n’aime pas suffisamment ses enfants, qui ne leur fait pas assez de place, qui n’est pas tolérante envers leur agitation. »

Les acteurs sont tous excellents, avec à leur tête Lucien Ratio dans le rôle de Mark. On retiendra surtout de son interprétation cette capacité à rendre presque agréable des situations qui, à la base, ne le sont pas du tout. Son personnage de junkie en est un attachant voire touchant dans sa manière de narrer les événements les plus tragiques de sa vie. Il faut noter l’intensité dramatique des comédiens Jean-Pierre Cloutier (Tommy) et Claude Breton Potvin (Allison) ainsi, que l’interprétation du personnage de Begbie, un ivrogne aux sérieux problèmes de gestion de la colère, par Charles-Étienne Beauline. C’est Marco Poulin qui fait tous les autres rôles secondaires (employeur, la mère supérieure et l’ivrogne) et il faut mentionner qu’il était incroyable dans la scène de l’entrevue!

CRÉDITS PHOTOS : Pierre-Marc Laliberté

Crédit photo : Pierre-Marc Laliberté

Je suis sortie du théâtre dans un état de transe semi-nauséeux. Ne sachant que trop quoi penser de cette pièce. Certes, j’avais beaucoup aimé et la mise en scène comme les acteurs étaient excellents. Mais une grande partie de moi continuait d’être profondément mal à l’aise. Maintenant, avec le recul, je suis vraiment contente de l’avoir vu. Parfois faut que ça fasse un peu mal pour qu’on arrive à voir plus grand et entamer une réflexion sur de tels sujets.

Trainspotting, de Irvine Welsh, a été adapté pour le théâtre par Harry Gibson seulement huit mois après la parution du livre. Elle a ensuite été traduite en français par Wajdi Mouawad et présentée pour la première fois à Québec à Premier Acte en 2013. La pièce est présentée à La Bordée du 27 octobre au 21 novembre 2015.

Camille xxx

Duo québécois

6 Oct

La semaine dernière, j’ai eu la chance de comprendre, encore une fois, l’étendue du talent artistique québécois dans deux œuvres distinctes. D’abord, dans une nouvelle mise en scène de Bousille et les justes de Gratien Gélinas, par Jean-Philippe Joubert. Puis, dans le visionnement de Paul à Québec, adaptation cinématographique de la bande dessinée éponyme de Michel Rabagliati.

J’ai eu envie de vous parler de ces deux œuvres touchantes d’une qualité incroyable.

BOUSILLE

C’est au Théâtre la Bordée que j’ai assisté à ce classique québécois. Je n’en savais que très peu de choses, mise à part l’auteur, les comédiens et le synopsis. Pour une fille qui a étudié en littérature, je n’étais pas trop fière.

La pièce raconte le passage de la famille Grenon à Montréal pour le procès du plus jeune, Aimé, accusé du meurtre d’un rival amoureux. Bien que tous soit convaincus de son innocence, les membres du clan familial sont prêts à tout pour qu’il soit acquitté et ainsi, garder sauf l’honneur de la famille. Bousille, cousin de la famille et seul témoin des événements, aura un grand rôle à jouer dans le jugement. La naïveté et droiture de celui-ci seront grandement ébranlés dans le processus.

Christian Michaud campe le rôle de Bousille si justement, si parfaitement, comme d’ailleurs tous les personnages qu’il a interprété. Je suis fan de son talent, c’est dit ! Ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé ; j’ai PLEURÉ pendant l’une des scènes les plus éprouvantes. Le jeu entre les personnages était très fort et cela venait jouer dans nos valeurs à nous, les spectateurs.

Pour sa part, la scénographie ouverte, qui donnait sur l’entièreté de l’espace de jeu de la scène de la Bordée, donnait un regard tout autre sur l’histoire, nous permettant d’y voir de la figuration et d’avoir une vue d’ensemble.

Je vous le recommande, en salle jusqu’au 10 octobre (faites vite !).

Christian Michaud en Bousille Crédit : La Bordée

Christian Michaud en Bousille
Crédit : La Bordée

 

PAUL

Les bandes dessinées de Michel Rabagliati sont populaires au Québec, par le talent de l’illustrateur mais aussi par les histoires différentes qui y sont racontées. Paul à Québec, le 6e album de l’auteur, est une véritable hymne à la vie, incarnée au cinéma par des acteurs de grand talent, pour ne nommer que François Létourneau, Gilbert Sicotte et Julie Le Breton.

J’aurais du mal à dire quel est le punch du film ou même qui est le personnage principal. La beauté réside dans le fait que c’est la vie, notre vie qui y est narrée. Dans sa beauté et sa tristesse parfois de ce qui meuble le quotidien et bâti les années.

J’ai aimé que des bouts de bandes dessinées y soient inséré, j’ai aimé la justesse du jeu des acteurs, la simplicité, les larmes qui ont confirmé que le film visait juste (OK oui, je suis une émotive).

Le générique termine sur une douce note et tous les spectateurs dans la salle sont restés assis portés par le même sentiment de réflexion, de regard sur la poésie de la vie.

J’espère vous donner envie de courir au cinéma visionner ce beau film québécois!

Crédit phtoo : Paul à Québec - Le film

Crédit photo : Paul à Québec – Le film

Appréciez-vous l’art québécois, sous toutes ses formes? Quels pièces, films, expositions avez-vous envie de voir cet automne?

Bonne écoute!

Laurie-Louve xxx

« Toujours Alice »: Briser les tabous

5 Oct

J’avais hâte d’enfin lire et voir Toujours Alice / Still Alice. Mettre au centre d’une histoire un personnage atteint d’Alzheimer précoce était un pari risqué: la démence n’est pas un sujet très à la mode. Mais le pari est réussi haut la main par l’auteure Lisa Genova avec un roman touchant que l’on lit d’une traite. Comparaison avec le film.

En bref

Alice Howland, 50 ans, mère de trois enfants, est professeure d’université. Tout semble parfait, jusqu’au jour où elle commence à oublier. Des banalités d’abord, puis des choses de plus en plus importantes. Après s’être perdue dans son propre quartier, elle consulte un neurologue et le diagnostic tombe: Alzheimer précoce. Alice tente courageusement de continuer sa carrière universitaire, mais elle est vite forcée de se concentrer sur sa santé. Elle s’accroche de son mieux à ses souvenirs, mais ils s’envolent de plus en plus et même son corps la trahit. Une histoire criante de vérité, qui met en lumière le difficile parcours de tous les malades atteints d’Alzheimer qui, comme le dit Alice dans le film, ne peuvent pas compter sur la sympathie des autres face à leur maladie mais doivent plutôt affronter leur mépris et leur incompréhension.

Source: renaud-bray.com

Source: renaud-bray.com

Qui gagne? Le roman

Pourquoi?

La narration est férocement efficace. On suit la lente dégénérescence d’Alice comme dans une course contre la montre, alors que les indices de progrès de la maladie s’accumulent et que ses souvenirs s’étiolent. Tout au long du roman, l’émotion est palpable. La détresse d’Alice nous déchire le coeur. C’est une histoire qui touche, qui prend aux tripes, parce qu’elle fait écho à la réalité de tant de gens. C’est une histoire qui m’a touchée, moi, parce que mon grand-père est décédé de l’Alzheimer très jeune. En voyant les enfants d’Alice, je pensais à ma mère, dans la jeune trentaine, quand son père est tombé malade. Et je ne suis sûrement pas la seule qui reconnaît ses proches dans cette histoire.

Le film malheureusement peine à rendre justice à son matériel source. Les problèmes d’Alice défilent, mais on n’appuie sur aucun et on a l’impression finalement que toutes ces fois où elle oublie des choses importantes, où elle ne reconnaît plus sa propre fille, n’ont pas d’importance. Peut-être est-ce un effet de style: les petits drames quotidiens se perdent comme dans la mémoire effilochée d’Alice. Le drame est tout de même là et les critiques sont unanimes à déclarer ce film comme l’un des meilleurs de l’année. Je suis mauvais public, apparemment. 😉

Encore une fois, il faut saluer l’audace de l’auteure qui réussira peut-être à briser les tabous entourant cette maladie encore stigmatisée par notre société. Et il faut saluer aussi l’humanisme de cette oeuvre qui démontre bien qu’un malade reste un être humain à part entière jusqu’au bout -même si les souvenirs et les mots lui échappent.

Bonne lecture et/ou bon visionnement!

Anne-Sophie

Le Monde de Charlie : comme un parfum de collège

20 Mai

Que vous soyez au cégep ou à l’université, les vacances sont à portée de main –si elles n’ont pas déjà commencé. Ces effluves de fin d’année scolaire m’ont donné envie de parler d’un roman américain au parfum entêtant de collège, Le Monde de Charlie. Porté à l’écran en 2012 avec pour têtes d’affiche Logan Lerman, Emma Watson et Ezra Miller, c’est un incontournable, tant sous sa forme littéraire que cinématographique.

THE PERKS OF BEING A WALLFLOWER Source : http://trauma.blog.yorku.ca/ Ph: John Bramley © 2011 Summit Entertainment, LLC.  All rights reserved.

Source : trauma.blog.yorku.ca

En bref

Charlie est un étudiant de collège mal dans sa peau. Après le suicide de son meilleur ami, il se retrouve seul à l’école, reclus, avec pour unique compagnie les romans que lui prête son enseignant de littérature. Traînant derrière lui un lourd secret, souffrant de crises d’angoisse, Charlie a du mal à se faire accepter par ses pairs, qui le ridiculisent sans relâche.

Par le plus grand des hasards, il devient ami avec deux étudiants de dernière année, Patrick et Sam. Avec eux, Charlie prend peu à peu le contrôle de sa vie. Au fil de l’histoire, on suit l’évolution de Charlie, qui prend lentement de l’assurance, dans un ton très réaliste, qui rappelle immanquablement l’ado mal dans sa peau que l’on a tous été à un moment ou à un autre de notre vie. Un récit touchant, poignant de vérité, avec des personnages attachants aux multiples facettes.

Mon verdict : Ex æquo

Pourquoi?

Je n’ai pas réussi à trancher entre l’adaptation cinématographique et l’œuvre originale. Les deux sont excellents, adoptant la même approche très humaine pour présenter l’histoire de Charlie. La sensibilité à fleur de peau du personnage principal, évidente dans le roman, est merveilleusement rendue à l’écran par Logan Lerman, très juste dans son interprétation.

La trame narrative est très semblable du roman au film. L’adaptation met de côté certains éléments du roman, mais place à l’avant-plan d’autres détails, qui font qu’on comprend mieux l’histoire. Je n’ai jamais vu une adaptation cinématographique qui approfondisse son œuvre de base à ce point : les deux se complètent parfaitement, trouvant l’équilibre entre la simple répétition du matériel original et sa modification.

Je dois avouer que le film propose une bonne bouffée de nostalgie: si vous n’avez pas envie de vous rappeler les difficiles (ou agréables?) années de secondaire, optez plutôt pour un film de superhéros ou quelque chose du genre (le choix est varié ces jours-ci dans le rayon superhéros et fin du monde, paraît-il).

Vous l’aurez compris, Le Monde de Charlie est une valeur sûre, que vous préfériez le lire ou le regarder. Évidemment, c’est un roman pour adolescents (ou jeunes adultes, si vous voulez), mais il a le mérite d’aborder des thèmes qui nous touchent à tout âge, comme le sentiment d’appartenance et la quête d’identité –la crise de la vingtaine, ça existe, non? 😉

Pour le lire:

En français: Le Monde de Charlie, chez Sarbacane

En anglais: The Perks of Being A Wallflower, chez Pocket

Pour le voir:

The Perks of Being a Wallflower/Le Monde de Charlie, sur DVD et Blu-ray

Bonne lecture (et/ou bon visionnement)!

Anne-Sophie

Insurgés: Adaptation libre

25 Mar

Insurgés, second volet de l’adaptation cinématographique de la série Divergence, est sorti en salles le 20 mars dernier. Je le dis tout de suite : j’avais très hâte, parce qu’Insurgés est mon roman préféré de cette trilogie dystopique écrite par Veronica Roth. Retour sur le roman et son adaptation cinématographique.

En bref

Après l’attaque des Altruistes, le système des factions est sur le point de s’écrouler: les Érudits ont pris le pouvoir, les Altruistes sont décimés, et les Audacieux divisés entre loyaux et traîtres à la solde de la faction dominante. Après la mort de ses parents et de son meilleur ami, Tris peine à trouver ses repères, mais devra stopper la quête de pouvoir de Jeanine Matthews, qui cherche maintenant à assurer son contrôle sur l’ensemble de la population, par n’importe quel moyen. Pour l’arrêter, Tris est prête à tout – même sacrifier sa vie.

Le roman

Insurgés peut compter sur deux éléments majeurs : la complexité de Tris, la narratrice, et la subtilité de sa trame.

Rongée par la culpabilité après la mort de ses parents et de son meilleur ami Will, qu’elle a tué d’une balle dans la tête par légitime défense, Tris est plus vulnérable que jamais, mais refuse de le faire voir. On la suit tout au long du roman alors qu’elle essaie d’y voir clair au milieu du chaos, cherchant la vérité entre trahisons et nouvelles alliances, entre ses impressions et la réalité. Comme dans Divergence, elle évolue tout au long du roman, et c’est ce qui la rend si intéressante.

La trame narrative est elle aussi complexe, entremêlant les histoires mineures qui s’influencent entre elles dans un entrelacs complexe de rebondissements et de dénouements successifs. Entre la soif de pouvoir de Jeanine, la culpabilité de Tris, les hésitations de Quatre et l’allégeance changeante des sans-faction, il y a en masse de stock pour un roman solide.

Image: renaud-bray.com

Image: renaud-bray.com

Le film

Le film perd beaucoup de la subtilité de sa source : pour qui a lu le roman, la trame semble grossière et simpliste. Toutefois, en tant que film, il se tient mieux que le précédent et présente plus d’action.

Dans les ruines du quartier des Altruistes, Jeanine (Kate Winslet) retrouve une boîte contenant un message important pour la population de la ville, laissé par ses fondateurs. Pour l’ouvrir, toutefois, elle doit trouver le Divergent ultime. Tris (Shailene Woodley) étant la plus forte Divergente de la ville, c’est d’elle dont Jeanine a besoin. S’enclenche une course contre la montre pour trouver Tris et ouvrir la boîte qui pourrait bien contenir un message complètement différent de ce que Jeanine espère.

Le film vaut la peine d’être vu, notamment pour les effets spéciaux spectaculaires. Aussi, la performance de Shailene Woodley est tout à fait remarquable, notamment dans la séquence du sérum de Vérité, où Tris est forcée d’exposer tous ses secrets.

Qui gagne? Le roman
Pourquoi?

Parce que… la trame y est plus subtile et plus complexe.

Parce que… les personnages sont denses et pleins de caractère.

Parce que… la relation entre Tris et Quatre est vraisemblable. Ils passent leur temps à se disputer, mais ils trouvent des solutions, et ils restent ensemble.

Le film est un bon divertissement en soi. Ne vous attendez pas toutefois à un reflet très fidèle du roman – c’est plutôt une adaptation libre, même si l’essence de l’intrigue et des personnages est toujours là. Il y a tout de même de quoi satisfaire un plus grand public que le premier volet.

Pour le lire: Insurgés, de Veronica Roth, publié chez Ada

Pour le voir: en salles depuis le 20 mars, en 2D et 3D

Bonne lecture/écoute!

Anne-Sophie

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