Archive by Author

Vous êtes superbes. Et il est temps que vous le sachiez

13 Oct

J’ai terminé le livre, l’ai fermé et me suis sentie soulagée. J’avais le sentiment que je n’étais plus seule.

Léa Clermont-Dion et Marie Hélène Poitras ont lancé la semaine dernière le livre «Les Superbes – une enquête sur le succès et les femmes». La prémisse de cet ouvrage est la question suivante : pourquoi les femmes qui ont du succès dérangent autant?

Pour étudier le phénomène, les deux auteures ont rencontré des femmes d’horizons différents : la gameuse Miss Harvey, la chanteuse Coeur de Pirate, l’ex-première ministre Pauline Marois et la présidente de Médecins sans frontières Joanne Liu, entre autre.

À travers la lecture de ces entretiens, on réalise que la réussite des femmes suscite du négatif, autant dans leur entourage que sur la place publique. Trop de femmes sont encore victimes de paternalisme, de jalousie et de sexisme malgré, ou plutôt à cause, du succès qu’elles rencontrent dans leur domaine. N’est-ce pas aberrant?

Certains passages du livre «Les Superbes» m’ont fait grincer des dents. Je réalisais à quel point les femmes se font poser des questions que jamais on n’oserait poser aux hommes. Trop souvent, plutôt que de discuter des idées ou des compétences des femmes, on les attaque à propos de leur corps et de leur sexualité. Ferait-on la même chose avec les hommes? Permettez-moi d’en douter…

img_0337

Les deux auteures ont elles-mêmes été victimes de leur succès par le passé. Après avoir lancé un livre qui a généré une grande attention médiatique, Marie Hélène Poitras s’est mise à recevoir des commentaires empreints de jalousie et de méchanceté de la part de ses collègues. Léa Clermont-Dion, quant à elle, s’est déjà fait dire qu’elle était trop mignonne pour être crédible. Et nous sommes en 2016…

Encore aujourd’hui, c’est deux poids, deux mesures. Pourquoi est-ce que quand on dit d’une femme qu’elle est ambitieuse, le qualificatif sonne comme un défaut, alors qu’on vénère un homme qui a beaucoup d’ambition? Les relations entre femmes ne sont pas toujours harmonieuses non plus. Au lieu de supporter nos collègues féminines, il est parfois plus facile de jalouser leur succès dans leur dos. Nous sommes aussi à blâmer mesdames.

Ce livre est important. Il a semé plein de petites graines en moi. Depuis sa lecture, je prends plus conscience de mes réactions face aux réussites des femmes autour de moi. Je veux être celle qui s’élève au lieu de niveler vers le bas. Je veux être celle qui célèbre les victoires des Superbes autour de moi et qui grandit à leur côté, devenant toujours plus forte et affirmée.

Ce recueil de témoignages et d’échanges nous fait prendre conscience du chemin souvent ardu parcouru par des femmes qui ont toutes du succès à leur façon dans leur domaine. Il nous fait aussi réaliser tout le chemin qu’il reste à parcourir. J’invite les hommes à lire cet ouvrage pour en apprendre sur les combats quotidiens de leur comparses féminines. Et j’invite les femmes à dévorer ces pages afin de réaliser que non, elles ne sont pas seules. Que nous sommes toutes Superbes.

Et qu’il est temps qu’on s’en rappelle.

Andrée-Anne Brunet

NomadTALKS : une soirée qui donne des fourmis dans les jambes!

16 Sep

Quand je ne suis pas en voyage, je suis en train de préparer le prochain. Pour moi, c’est primordial. C’est vital. Quand je reviens d’un pays lointain, il me faut une date pour le prochain départ. Sinon, j’ai un méga blues.

Depuis des années, je m’inspire des voyages des autres pour composer les miens. Je suis des blogueurs voyages, je parcours des comptes Instagram et je me perds dans les histoires des autres. Ça me donne 1000 idées et des crampes. Des crampes de fille trop excitée. Ouep, même mon corps réagit quand je vois des images d’ailleurs. 🙂

2fe9e9a181a69cb9b16c7388118a9000

Image tirée de Pinterest

 

J’ai découvert dernièrement les Nomad Talks. Ces soirées sont organisées par les voyageurs derrière le site Nomad Junkies et ont comme objectif de réunir des passionnées de voyage pour des soirées décontractées au cours de desquelles des conférenciers viennent partager leur expériences de backpackers. Le genre de soirée de laquelle tu sors avec 14 000 nouvelles destinations en tête et des fourmis dans les jambes. Tsé, une belle soirée. 😉

J’ai assisté à l’événement Nomad Talks du 6 septembre dernier au Cabaret Lion d’Or. L’équipe de Nomad Junkies avait réuni sur scène trois voyageurs au parcours bien différent. Nous avons eu droit aux aventures d’un ingénieur devenu photographe de voyage, aux anecdotes d’une sympathique hippie qui prépare un roadtrip en van à travers les États-Unis et aux péripéties d’un fleuriste voyageant six mois par année. Trois façons de voyager, une même passion.  C’est en toute simplicité et avec beaucoup d’humour que les trois conférenciers ont dévoilé les dessous de leur vie de nomade. J’aurais clairement pu m’asseoir de longues heures avec chacun d’eux et les écouter me raconter leurs aventures jusqu’aux petites heures du matin.

13260084_279397322448075_6074820737366888388_n

 

Des Nomad Talks ont déjà eu lieu à Québec et Montréal. Le temps de partir quelques mois explorer de nouveaux coins de la planète et l’équipe de Nomad Junkies reviendra au Québec pour plancher sur de nouvelles soirées de rencontres prévues pour le printemps prochain.

Vous cherchez à vous faire rassurer sur la possibilité de voyager à temps plein? Vous êtes curieux de savoir comment on s’y prends pour partir l’esprit en paix à l’autre bout du monde? Les Nomad Talks, véritables incubateurs à idées d’aventures, vous charmeront à coup sûr.

Suivez Nomad Junkies et les soirées Nomad Talks sur Facebook pour ne rien manquer et… bon voyage! 🙂

Andrée-Anne Brunet

Je déteste ce que mes vêtements représentent

16 Août

Hier soir, ma vision des vêtements a complètement changé. J’ouvre ma garde-robe et je déteste ce que mes vêtements représentent. Hier soir,  j’ai regardé le documentaire The True Cost. Ce film démontre l’envers du décor de l’industrie du vêtement. Dans ce documentaire coup-de-poing, on démontre comment, en exigeant de toujours payer moins cher pour nos vêtements, nous sommes responsables des conditions de travail critiques des travailleurs dans les usines. En voulant toujours payer moins pour obtenir plus, nous encourageons ce système qui met en danger la santé et la vie de travailleurs en Asie et au Moyen-Orient.

1462469765059

Affiche du documentaire The True Cost

The True Cost est un film qui ouvre les yeux, sans être moralisateur. Nous devenons conscients de l’impact de la culture du coton sur nos sols et de l’usage excessif de pesticides. Nous réalisons l’équilibre précaire entre le bien-être de notre environnement et nos besoins toujours grandissants de produire en masse des vêtements que nous portons le temps qu’une nouvelle collection arrive sur les tablettes des magasins. On consomme nos T-shirts comme on consomme de la malbouffe. J’en ai des frissons.

Ce documentaire est un cri d’alerte. C’est une claque en plein visage. Je ne peux plus faire comme si je ne savais pas à quel point les vies de milliers d’individus sont affectées par notre besoin maladif de garnir notre garde-robe jusqu’à la faire exploser. Il est question ici de gens qui habitent à l’autre bout de la planète et dont la vie a autant de valeur que la mienne. Qui suis-je pour leur imposer des conditions de travail précaires, dangereuses et inhumaines dans le simple but de payer mon chandail le moins cher possible?

TrueCost_FilmStill_16

Une jeune travailleuse de l’industrie du vêtement dont on découvre l’histoire dans The True Cost.

Il existe des solutions écologiques et humaines à ce problème de consommation maladive caractéristique de notre siècle. Le documentaire présente des compagnies éthiques qui créent de superbes vêtements tout en s’assurant que, dans toute la chaîne de création, la vie et le talent des gens impliqués sont respectés. De mon côté, je fréquente depuis un peu plus de six ans la charmante boutique Folle guenille située dans Hochelaga. Depuis ma rencontre avec Isabelle, la propriétaire, je magasine presqu’exclusivement mes vêtements dans ce paradis du designer québécois et du vêtement recyclé. J’aime encourager le talent d’ici et j’aime encore plus savoir que je porte du tissu auquel on a donné une seconde vie.  Même si j’ouvre un peu plus grand mon portefeuille, je suis heureuse de tenter de faire ma petite part pour notre belle planète!

Malgré les petits gestes que je pose depuis quelques années, je suis sortie bouleversée du visionnement de The True Cost. Malgré mes efforts pour acheter local et recyclé, je suis loin d’être parfaite. Tout comme n’importe qui, j’aime payer le moins cher possible pour ce que je consomme. Or, après avoir regardé The True Cost, je suis à un carrefour dans mon mode de consommation. Je peux continuer à acheter des chandails à des prix ridiculement bas et continuer d’encourager une industrie qui n’a pas à coeur le bien-être de ses employés. Ou je peux accepter de payer plus cher pour mon t-shirt afin d’avoir la conscience tranquille.

Mon choix est clair. Mon portefeuille n’aimera pas, mais mon coeur me remerciera.

Visionnez The True Cost sur Netflix ou en le louant sur iTunes.
Cliquez ici pour voir la bande-annonce.

Andrée-Anne Brunet

Un weekend de femmes… dans le bois!

15 Juil

J’ai beau venir de l’Abitibi, si vous me lâchez lousse dans le bois, vous n’aurez pas de gibier pour souper. J’ai ma région tatouée sur le coeur mais je n’ai pas les grandes qualités des femmes des bois. Sauf que le week-end passé, je suis devenue une vraie Katniss Everdeen.

J’ai eu la chance d’être invitée par la Fédération québécoise de la chasse et de la pêche afin de vivre un week-end Fauniquement femme. Depuis 1999, un groupe d’une vingtaine de femmes se retrouvent dans le bois afin de suivre des ateliers de tir à l’arc, de tir à la carabine, de pêche à la mouche et au lancer léger ainsi que de maniement de bateau à moteur. Grosso modo, on montre aux femmes qu’elles peuvent être autonomes dans la nature et profiter des joies de la chasse et de la pêche sans dépendre de personne (lire ici, des hommes!).

13600064_1015293981839005_7179650860565054707_n

Non, je ne suis pas sûre de ce que je fais…

 

Un week-end d’empowerment féminin, ça me parlait. Après plusieurs heures en train et un tour en bateau, je me suis retrouvée à la Pourvoirie la Seigneurie du Triton, près de La Tuque, dans un décor pittoresque, déconnectée du reste du monde. Je me suis rapidement liée avec une famille abitibienne venue de Rouyn-Noranda pour vivre cette fin de semaine d’apprentissage. C’est durant un petit cours sur la manière de transformer la truite mouchetée en filet que notre amitié s’est scellée.

Pour la première fois de ma vie, j’ai démarré un moteur de chaloupe sans avoir besoin d’aide.

Pour la première fois de ma vie, j’ai tenu une carabine dans mes mains. J’ai à peine reculé sous la puissance de la balle qui quitte le fusil.

Pour la première fois de ma vie, j’ai tenu un arc dans mes mains. J’ai même tiré bull’s eye!

13600154_1015293965172340_2743548154219729665_n

Stéphanie, coordonnatrice aux communications de la FEDECP (et amie de longue date!) et moi avec nos truites mouchetées!

Fauniquement femme m’a fait vivre plein de premières dans un contexte de solidarité et d’entraide féminines. Aucun jugement, juste de l’ouverture, autant de la part des monitrices que des participantes. C’était fascinant d’observer toutes ces femmes essayer des choses qui les effrayaient ou repoussaient auparavant. Le sentiment de fierté était très fort.

Je ne suis pas encore une femme des bois parfaite. Oui, on a traîné l’ancre du bateau sur une bonne partie du lac parce qu’on avait oublié de l’enlever. Oui, mon fil de canne à pêche s’est emmêlé dans les hélices du moteur. Oui, j’ai crié comme une écervelée quand j’ai compris que j’avais un poisson au bout de ma ligne.

Mais tsé, Katniss Everdeen n’est pas parfaite elle non plus. Sauf qu’elle et moi, on n’a plus peur de quoi que ce soit maintenant. 😉

IMG_8690

Pour les intéressées à vivre ce moment privilégié en communion avec la nature, rendez-vous sur le site de la FEDECP  et inscrivez-vous rapidement car les places se réservent très vite à chaque année. Parole de femme des bois, vous ne le regretterez pas!

Andrée-Anne Brunet

Quand est-ce qu’on devient adulte?

16 Juin

J’ai 28 ans. Je présume que pour la majorité des gens, je suis une adulte. Pour moi, je ne le suis pas encore. Je ne suis pas non plus une adolescente. Je ne sais pas exactement ce que je suis.

Être adulte est un titre sérieux qui me semble venir avec de grandes corvées.  Je suis consciente qu’être adulte ne veut pas dire ne plus avoir de plaisir dans la vie. Mais on dirait que le terme me fait un peu peur.

de1fc66be4cc9f8e270b1d8bba5057e7

Image tirée de Pinterest

Pour la plupart des gens, on devient adulte lorsqu’on atteint 18 ans. On peut aller en prison à cet âge-là. On n’est plus légalement sous la responsabilité de nos parents. Même si à 18 ans, je m’émancipais et quittais la maison, je me rends compte que j’étais encore une adolescente à cet âge-là. Bien que je savais me débrouiller seule, j’apprenais encore à marcher dans la vie.

Certaines personnes deviennent adultes très tôt. Je pense à mes amis qui ont eu des enfants au début de leur vingtaine. Selon moi, enfanter, c’est devenir adulte. Que l’enfant soit attendu ou pas, la vie d’adulte débute officiellement 9 mois plus tard. Moi, je n’ai pas d’enfants. Et je ne sais pas si j’en veux. Je n’obtiendrai donc pas le titre d’adulte de cette façon de sitôt!

J’ai toujours dit que je serais adulte le jour où j’aurais une hypothèque. Parce que pour moi, une hypothèque, c’est comme la responsabilité ultime. Je n’étais pas pressée d’avoir ce poids sur les épaules. Ma vie de locataire me permettait d’être libre de partir et revenir comme bon me semble. Sauf que depuis quelques semaines, mon homme et moi magasinons notre maison. Ça, ça veut dire devoir contracter une hypothèque. Donc, devenir adulte. Ouch.

resize

Image tirée de Pinterest

Je n’ai pas peur de vieillir. L’âge n’est pas important pour moi. Mais je crains de devenir adulte.

«Adulte», c’est comme un mot péjoratif à mes oreilles. Un mot qui m’inspire une vie un peu beige, un peu stricte, un peu (trop) calculée. Tout ce que je ne me souhaite pas. Je ne sais pas d’où me vient cette conception de la vie d’adulte. Mes parents ne manquent pas de saveur et de pétillant. Ils sont pourtant adultes.

Devenir adulte, c’est comme quitter Neverland. Dire aurevoir à Peter Pan. Ça, je ne peux pas. Mais je ne peux pas restreindre mon désir d’emménager avec mon homme dans notre première vraie maison d’adulte. Je suppose qu’il va simplement falloir que je trouve moyen de gérer une hypothèque tout en laissant la fenêtre de ma chambre ouverte pour que les garçons perdus puissent entrer…

Être adulte, c’est peut-être juste dans la tête que ça se passe.

Et vous, êtes-vous adulte?

Andrée-Anne Brunet

Juste une page

30 Mai

Les journées rallongent. En sortant de mon studio d’entraînement, il faisait encore soleil. Avec cette belle luminosité, je ne me résignais pas à rentrer à la maison pour me doucher et me mettre en pyjama. Je voulais profiter des quelques rayons et de l’air vivifiant. Je me suis rendue à la marina, près du studio où je sue trois fois par semaine.

Des garçons faisaient des tours de BMX dans le stationnement, un couple de touristes prenait les bateaux en photo. Je me suis assise sur un banc au bout du quai et j’ai regardé l’horizon.  Je me sentais étrangement zen. Comme si j’étais un peu décalée.

Et puis, sorti de nulle part, cette question m’est venue en tête : «Si tout devait s’arrêter demain, que regretterais-tu de ne pas avoir fait?».

Ayoye. Moi qui voulais juste prendre de grandes bouffées d’air avant d’aller rejoindre ma chatte Rita pour une fin de soirée sous les couvertures. Visiblement, l’ambiance était aux réflexions profondes.

Si aujourd’hui était ma dernière journée, est-ce que je regretterais quelque chose? Je ne regretterais absolument rien de ce que j’ai fait. Sauf peut-être d’avoir brisé le coeur au même garçon deux fois. J’étais au secondaire, je ne savais pas ce que je voulais…

Mais y avait-il une chose que je souhaitais faire et que je n’avais pas encore osé faire? Oui. Vous aussi probablement.

For-the-love-of-books-

Photo provenant du site Flickr.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours souhaité écrire un livre. De quel type et pour quel public? Aucune idée. Mais écrire une histoire qui pourrait intéresser les gens, ça a toujours été un rêve. Or, n’écrit pas qui veut. Il faut de la détermination pour se rendre au bout du projet. Et il faut aussi avoir une histoire à partager. Le projet dormait depuis bien longtemps dans un recoin de ma tête. Le rêve persistait, mais il restait au stade de rêve.

Sauf que depuis mon retour du Bélize, une histoire me trottait en tête. Un petit bout d’histoire qui me hantait doucement mais avec lequel je ne faisais rien. Peut-être que j’avais la frousse de m’asseoir devant mon ordinateur et de commencer quelque chose d’un peu effrayant. Parce qu’écrire, pour moi, c’est un peu comme se mettre à nu. Et la nudité et moi, on s’apprivoise tranquillement.

Lors de cette soirée ensoleillée, assise face à la rivière, j’ai réalisé que je ne voulais pas regretter de ne pas avoir au moins essayé d’écrire. Je ne voulais plus courir le risque que tout s’arrête demain sans avoir fait une tentative de création littéraire. Alors je suis rentrée à la maison, j’ai ouvert mon ordinateur et j’ai commencé à aligner des mots. Sans me juger, sans me mettre de  pression. Je me suis lancée le défi d’écrire une page, une seule. Et puis d’écrire une seconde page le lendemain et une troisième le surlendemain. D’écrire une page par jour et de voir ce qui allait se passer. Que cette expérience se termine en livre ou pas, ce n’était pas important.

Depuis cette première page écrite dans un état d’urgence et de grande libération, j’en ai noircit une dizaine d’autres. Ce soir-là, je ne suis pas devenue écrivaine. Mais je suis devenue la femme qui ose faire un pas vers la concrétisation d’un rêve de fillette. Pour que, si demain tout s’arrête, je puisse dire que j’aurai au moins essayé. Et que je n’ai pas de regret.

Andrée-Anne Brunet

Pourquoi je fais mon propre dentifrice

29 Avr

Depuis quelques temps, je suis obsédée. Obsédée par ce que nous faisons de notre planète. Obsédée par la trace que nous laissons tous, la marque que moi-même je crée. Depuis quelques temps, je me suis plongée dans la lecture des écrits de l’environnementaliste David Suzuki et mon coeur se serre davantage dans ma poitrine quand je regarde les nouvelles à propos du réchauffement climatique. Je suis en état d’alerte.

brubru pate a dent

Andrée-Anne et son premier tube de pâte à dents maison!

J’ai toujours été écolo-grano et 100% assumée. Je me suis toujours fait taquiner à cet effet aussi 😉 Mais là, j’atteins un nouveau sommet : j’ai décidé de faire ma propre pâte à dents. Entre le dépérissement de notre planète et mon tube de pâte à dents, il semble n’y avoir aucun lien, j’en conviens. Laissez-moi vous guider dans les réflexions qui m’ont mené à concocter ce avec quoi je me brosse les dents trois fois par jour (je suis une p’tite fille propre!).

Depuis des années, je fais du recyclage. Depuis l’été passé, j’ai un bac de compostage et j’ai réussis à embarquer mes voisins de condo dans ce beau projet. Je fais du covoiturage et à l’épicerie, je favorise les produits québécois plutôt que ceux importés de l’autre bout du monde. Je ne suis pas parfaite, loin de là. Et sans chercher la perfection, je cherche à changer mes habitudes de consommation afin de faire une différence. J’entends déjà certains d’entre vous dire que mes petits efforts ne sauveront pas la planète. Non, en effet. Mais à force de parler de mes petits pas vers une vie plus verte, j’espère sincèrement inspirer quelques personnes autour de moi à reconsidérer leur façon de consommer. J’ai oublié de vous dire que j’étais une écolo-grano ultra positive!

Depuis quelques années, je suis plus attentive aux produits que j’utilise. J’achète du papier de toilette et des mouchoirs fait de papiers recyclés. Mes produits pour nettoyer ma maison sont biodégradables et j’ai des contenants de savon à vaisselle et de savon à mains que je fais remplir dans une boutique spécialisée pour éviter d’acheter de nouveaux contenants de plastique (en plus, le savon revient moins cher!). Dans mon obsession à toujours faire mieux, je cherchais quelle habitude je pouvais changer pour devenir plus en phase avec le respect de mon environnement. La pâte à dent s’est imposée dans cette réflexion.

Les tubes de pâtes à dents qu’on achète à la pharmacie ou à l’épicerie ne sont pas recyclables. Ils finissent enfuient sous la terre et prennent des années à se décomposer. Au moment où je réfléchissais à une alternative possible, une amie à moi partageait sur les réseaux sociaux sa recette de pâte à dent maison, approuvée par sa dentiste! Le ciel me répondait!

mtériel

Les ingrédients pour créer votre propre pâte à dents maison.

Depuis une semaine, je fais ma propre pâte à dents. J’ai acheté des ingrédients simples qui se trouvent facilement et je concocte ma pâte dans ma cuisine. Même mon homme l’a essayé et m’a dit que ce n’était pas désagréable en bouche (il va s’habituer ;-)). Je sens ma bouche propre et surtout, je me sens plus en phase avec le mode de vie auquel j’aspire.

Je peux avoir l’air intense. Je connais encore peu de gens qui font leur propre pâte à dents et à voir les réactions de mon entourage, j’ai l’air tout droit sorti d’une autre planète. Mais le regard des autres ne me dérange pas. Je suis en paix avec mes choix parce que je sais que je fais un pas de plus pour aider notre environnement et c’est ce qui est fondamentalement important pour moi. Je ne suis pas en train de dire que tout le monde devrait faire sa pâte à dents. Mais si tout le monde prenait un peu de recul pour observer leur façon de consommer et décidait de changer une petite chose dans leur façon de faire, je me dis que la planète s’en porterait mieux.

Et vous, que faites-vous comme petit geste quotidien? Partagez vos façons de faire afin de nous inspirer tous à devenir meilleur 🙂

P.S. Vous voulez vous aussi faire votre propre pâte à dents? Consultez la recette et les explications simples et très utiles de mon amie Chantal Archambault en cliquant ici.

Andrée-Anne Brunet

Voyager… dans le confort de sa cuisine!

5 Avr

Dans mon tout premier billet pour les Rockalouves, je vous avouais avoir eu de la difficulté à revenir de mon dernier voyage en packsac. J’aurais donné cher pour ne pas être au Québec. Ou pour garder la belle vibe de mon aventure au Bélize. Mais bon, la vie reprend son cours et je ne suis pas fille à pleurer longtemps sur son passé!  Alors, hop! On regarde en avant et on prépare le prochain voyage!

Sauf que, l’argent ne pousse pas dans les arbres. C’est ma mère qui m’a appris ça. Et pour voyager, ça prend un minimum de sous. Alors en attendant d’avoir renfloué mes coffres, j’ai trouvé une façon de voyager… dans le confort de ma cuisine!

 

IMG_8660

Du lait d’amande fait maison!

 

Mesdames et messieurs, j’ai le plaisir de vous présenter… Food trip to…!

Food trip to… est une entreprise montréalaise qui crée des boîtes qui font voyager. Livrée directement chez vous, chaque boîte contient ce qu’il faut pour que vous concoctiez un repas venu d’ailleurs: entrée, plat principal, dessert, boisson. On vous fournit des ingrédients spéciaux, plus difficiles à trouver en épicerie et vous vous chargez d’acheter quelques ingrédients frais.

boite

L’intérieur d’une boîte livrée par Food Trip to…

Le mois passé, le Maroc était à l’honneur et c’est le pays que j’ai dégusté. Tajine bien épicée, lait d’amande fait maison, cornes de gazelle pour dessert. Je m’en lèche encore les babines… Pour m’assurer que l’expérience était bien représentative de ce qui se consomme au Maroc, j’ai demandé à ma petite sœur, qui y a séjourné l’été passé, de venir souper avec moi. Elle a reconnu tout de suite les odeurs et les saveurs de ce pays du nord de l’Afrique. L’expérience était donc authentique!

Si ça peut vous rassurer : je suis la pire cuisinière. Et j’ai réussi à suivre les instructions comme il faut et à faire un repas digne des rois. Si je peux cuisiner de la bouffe marocaine, vous le pouvez aussi! 😉

tajine

Ma tajine et ça embaume la cuisine!

Mais attention! La découverte ne s’arrête pas à l’aspect culinaire du pays. Chaque boîte renferme des fiches culturelles sur le pays avec de l’information pertinente et intéressante ainsi qu’une playlist musicale pour que vous vous sentiez ailleurs pendant que vous coupez les légumes et faites chauffer l‘huile. Food trip to… vous permet de vivre une aventure qui stimulera tous vos sens… pour environ 40$!

Pour le moment, vous pouvez commander la boîte marocaine et celle indonésienne sur le web  : foodtripto.com Vous pouvez aussi vous abonner à l’année. Chaque pays est disponible en quantité limitée alors il ne faut pas hésiter longtemps avant de commander!

food-trip-to

En attendant de renflouer mon compte voyage, je peux me permettre de faire voyager mes sens grâce à ce concept gourmand développé ici, au Québec. Le seul mauvais côté à ce projet : il me donne encore plus envie d’aller voir ailleurs si je n’y suis pas!

Andrée-Anne Brunet

Je ne veux pas revenir

8 Mar

C’est jamais évident de revenir de voyage. Revenir dans les contraintes du quotidien. Travailler, s’entraîner, dormir, bien manger, mettre des sous de côté pour la retraite. Recommencer à prendre des décisions plus lourdes de conséquences que de choisir entre aller faire du snorkeling ou plutôt louer un kayak pour faire le tour de l’île. Les retours de voyage, je trouve ça confrontant.

IMG_5428

Crédit photo : Andrée-Anne Brunet

Je suis partie seule avec mon pack-sac au Bélize en janvier. Un deux semaines avec moi-même. Ce n’était pas mon premier voyage seule, encore moins mon premier voyage pack-sac. Mais le retour du Bélize a été ardu. Pas mal plus que tous mes autres retours de voyage. C’est comme si la vie m’envoyait en pleine face toutes ses obligations. Le travail, les factures, l’auto qui a besoin de réparations. Dire que 48h avant, je plongeais sur la deuxième plus grande barrière de corail au monde… Ouch.

J’ai eu du mal à reprendre le rythme. En fait, je tentais de m’en éloigner le plus possible. J’auto-sabotais mon retour à la vie «normale». Je repoussais les prises de décisions et les rendez-vous au garage. J’évitais les réseaux sociaux et je fuyais le travail dès que je le pouvais. Je voulais continuer à vivre selon la devise du Belize : «Go Slow». J’y suis parvenue. Quelques jours à peine.

Pour oublier le monde extérieur, je me suis perdue dans les livres. C’est mon échappatoire. J’ai une douzaine de livres sur ma table de chevet, toujours un bouquin dans ma sacoche et je ne ressors jamais les mains vides d’une librairie. C’est une vraie maladie. Mais je ne veux pas en guérir. C’est donc en tentant de me détacher du rythme fou de notre quotidien que je suis tombée sur le premier livre pour adultes de Marie Demers : «In between». C’est comme si la vie m’envoyait un clin d’oeil pour me dire que je n’étais pas seule…

1847863-gf

Crédit photo : Renaud-bray.com

 

«In between» raconte l’histoire d’Ariane, 21 ans, qui apprends la mort de son père alors qu’elle voyage en Asie. Elle revient au Québec par le premier vol et tente de gérer du mieux qu’elle peut l’horreur qui lui tombe dessus. Dépassée par les événements, elle décide de prendre l’argent de l’héritage et de partir en Argentine. Pour prendre une pause. Pour aller gérer ses émotions ailleurs. Pour se perdre un peu.

De l’Argentine à la France, en passant par l’Asie, Ariane se donne corps et âme dans l’alcool, dans l’amour et dans le déni. Elle s’auto-sabote. Parce qu’elle ne veut pas prendre de décisions. Elle ne sait pas comment combler le vide causé par le décès de son papa. Elle ne veut pas choisir ce qu’elle veut faire le reste de sa vie. Pas maintenant. Pas tout de suite. Alors, Ariane se pousse dans ses plus lointains retranchements.

Cette Ariane, elle est le portrait d’une génération de jeunes adultes qui ne veulent pas décider tout de suite, qui veulent expérimenter, essayer, se tromper et goûter à ce que la vie peut leur offrir. Cette Ariane, c’est peut-être toi qui refuses de t’engager à long terme ou toi qui cherches un sens à ton métro-boulot-dodo. Cette Ariane, c’est moi à mon retour du Bélize.

«In Between» m’a réconcilié avec mon besoin de me distancier de la «vie d’adulte». Parce que c’est correct de ne pas avoir tout décidé avant 30 ans. C’est correct de continuer jour après jour à découvrir ce qu’on veut, ce qu’on aime et ce qu’on désire réaliser. C’est correct d’aller se perdre ailleurs pour se réaligner avec soi-même.

Une partie de mon cœur est encore au Belize mais tranquillement ma tête atterrit ici. Je ne suis pas pressée. Ariane m’a fait comprendre que j’ai le droit de dériver encore un peu. Tant que j’en aurai besoin. Merci Ariane. Merci Marie Demers.

Andrée-Anne Brunet

%d blogueurs aiment cette page :